Pouvoir spirituel et pouvoir temporel

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Pouvoir spirituel et pouvoir temporel

Message par Chasseur le Jeu 24 Juil - 14:03

Pouvoir spirituel et pouvoir temporel



Plus de mille ans de royauté en France ont permis de mettre au point un système de gouvernement d'un pays « à deux têtes » : une tête spirituelle, représentée par l'Eglise, et une tête temporelle, représentée par le roi. Les autres monarchies européennes ont adopté le même principe, qu'on appelle « la théorie des deux glaives » en France et « la symphonie byzantine » en Russie. C'est d'ailleurs pourquoi le drapeau russe, notamment, comporte un aigle à deux têtes, justement pour symboliser cette forme particulière de pouvoir.

On a coutume de dire que ces deux pouvoirs sont distincts mais non séparés. Cela signifie que les deux pouvoirs ont pour référence le même Evangile, mais chacun dans sa sphère. A contrario, la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat a officialisé cette séparation, qui existait depuis la révolution française. Est-ce un progrès ?

Voyons ce qu'en disait le cardinal Ottaviani lors du Concile Vatican II[1] :

« La doctrine traditionnelle de l'Eglise est que l'Etat ne peut être neutre en matière religieuse, puisque l'indifférence de l'Etat en matière de religion est contraire à sa nature même. L'Etat est en effet une société naturelle dont la fin est le bien commun des citoyens. En conséquence, il appartient à la nature de l'Etat le soin du bien commun tout entier (en tant que temporel sur cette terre). Or le bien commun couvre un champ beaucoup plus vaste que l'ordre public. Il est constitué par d'autres biens très importants, comme sont la vérité et la vertu, ainsi que la juste place des citoyens et de la société devant Dieu, auteur de la société. Et donc il appartient à la fin naturelle de l'Etat de procurer la vraie religion, de la conserver, de la défendre. D'où il suit que les limites à la liberté religieuse ne sont pas seulement les nécessités d'ordre public, mais aussi et surtout les nécessités de la vraie religion ». Et il ajoute : « je dis donc qu'il faut inscrire (dans les textes du Concile) l'affirmation solennelle que l'Eglise catholique a un droit vrai, natif et objectif à sa liberté, parce qu'elle est divine dans son origine et sa mission. (...) Le Christ et l'Eglise peuvent imposer une obligation morale, et dans les questions religieuses, qui obligent en conscience ».

Autrement dit, l'Etat a pour vocation d'élever spirituellement les hommes, et ceci ne peut se faire sans la religion. C'est là que se trouve la justification de ce pouvoir à deux têtes. Le régime républicain est donc une régression, ce que confirment aujourd'hui la perte du sens moral et la dégradation des mœurs.

Et la religion dont il est question ne peut être que le christianisme, car c'est la seule religion qui a développé cette théorie des deux glaives, alors que le judaïsme et l'islam confondent les pouvoirs spirituel et temporel, ce qui conduit à la dictature de la théocratie.

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