Les communautés de métier

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Les communautés de métier

Message par Chasseur le Mer 18 Juin - 9:37

Les communautés de métier
par F.Winkler

V_Les communautés de métier

13 juin 2014, 18:24

INSTRUMENT DU PROGRES SOCIAL  

"La corporation, a été la sauvegarde et la tutrice de l’industrie. Elle a enseigné au peuple à se gouverner lui-même. Elle a fait plus; elle a donné aux artisans des dignités, la science et le goût du métier, les secours d’argent, les joies de la fraternité dans le sens étendu du mot, par ses fêtes, ses réceptions, ses examens. Elle a été la grande affaire des petites gens, la source de leurs plaisirs, l’intérêt de toute leur vie".     LEVASSEUR «Histoire des classes ouvrières"

Loin de représenter un frein, l’organisation corporative assurait à la fois les protections sociales nécessaires, la formation continue sur le terrain et la mise à profit des dernières inventions dans l’évolution technique du temps. Levasseur écrivait: «La corporation, a été la patrie chérie de l’artisan; la royauté, sa tutrice vigilante; l’art, son guide et son maître. La corporation lui a permis de grandir…La royauté, en le protégeant et en le soumettant à ses lois, a créé la grande industrie et l’a fait lui-même, de bourgeois d’une commune, citoyen d’un grand royaume». Tout, dans la corporation se discute entre maîtres et valets ou apprentis sur les améliorations du cadre professionnel. Textes et règlements empêchaient toute forme d’abus à l’encontre des ouvriers. Des jurés assuraient le bon respect des statuts du métier empêchant ainsi: diminution de salaire, abus de temps de travail, renvoi…Les maîtres devaient assurer des garanties de bonnes mœurs, le logement sain, la nourriture suffisante et l’instruction professionnelle. On trouve dans les sentences de police, des arrêts indiquant, comme celui du 27 janvier 1716,la condamnation d’un maître cordonnier pour l’apprentissage du métier, par les échevins du Havre faisant suite à une plainte de son apprenti (Martin, Les anciennes communautés d’arts et métiers du Havre).Le maître, quand à lui s’assure du travail bien fait, de l’ordre de ses ouvriers, «protégé contre les exactions et les entreprises rivales, assuré de la vente de ses produits par la limitation du nombre des ateliers, vaquait paisiblement aux soins de son industrie, et ne craignait pas de voir l’atelier paternel déchoir, entre ses mains"(Tisserand).Tout le monde y trouvait son compte. Point de place pour le chômage et autres maladies capitalistes mais beaucoup de leçons à prendre au contraire. Tisserand parlant des avantages, reprend: «Protection de l’enfance ouvrière; garantie du travail à qui en vit et de la propriété industrielle à qui la possède; examen et stage pour constater la capacité des aspirants et interdiction du cumul des professions pour empêcher l’exercice abusif; surveillance de la fabrication pour assurer la loyauté du commerce; fonctionnement régulier d’une juridiction ouvrière ayant la main sur tous les métiers, depuis l’apprentissage jusqu’à la maîtrise; suppression de tout intermédiaire parasite entre le producteur et le consommateur; travail en commun et sous l’œil du public; solidarité de la famille ouvrière; assistance aux nécessiteux du métier...".Certains pensent, que cette organisation ne vaut que pour les petites économies, ce serait bien vite oublier, les enseignements de l’histoire. Les manufactures(Sèvres 1750,Gobelins…),les grands ateliers, la porcelaine de Limoges(1768),l’usine du Creusot(1742),les mines de houilles(1700),fabrication des indiennes(Alsace),les réseaux de grandes routes(système routier du Cardinal de Fleury sous Louis XV),les aménagements des fleuves et canaux(canal du Midi)…

« …les corporations composent un tableau vivant qu’anime, au long des siècles, une même force, le labeur consacré à la tâche quotidienne. Effort des ouvriers manuels peinant à la sueur de leur front, souci des chefs d’entreprise assis dans leur « comptoir », c’est le travail qui constitue leurs unions, sa discipline qui donne à leurs communautés une personnalité collective. Le travail s’élève par elles à une dignité reconnue et protégée. Permettant aux uns de « couvrir des besoins » immédiats , à d’autres de gagner richesse et domination, à tous d’assurer et de transmettre un état économique et moral, les corporations associent les travailleurs en des cellules qui ont vécu d’une vie propre, se ressemblant toutes, à travers les lieux, les temps les plus variés, par leur constitution et par leur rôle économique et social. »

« Les métiers organisés, réunissant des travailleurs pour l’exercice de leur profession, les constituent en corporation. Ce mot s’est usé à être mêlé parmi tant d’autres qui les désignent. Il a pourtant un sens plus plein qu’il ne paraît au premier abord. Il indique un être vivant, un organisme différencié. Pas seulement d’un point de vue juridique, ces corps sont vivifiés par une âme commune, dont la vigueur et la valeur ont pu changer au cours des siècles, mais qui est, en son fond, restée identique. Etre complexes et de structure originale : ils sont des groupements de particuliers ; mais ils ne tiennent leur forme, leur droit que des pouvoirs publics ; leur activité est réglée par un gouvernement autonome ; leur unité essentielle s’entretient par les manifestations de leur vie collective. »

F.Winkler

Source : http://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/06/18/frederic-winkler-les-communautes-de-metier/
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