La gestion économique des villes : le cas de Metz

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La gestion économique des villes : le cas de Metz

Message par Chasseur le Mer 12 Mar - 23:24

La gestion économique des villes : le cas de Metz



près une analyse de la gestion de Carpentras et d'Orange, nous vous proposons Metz, dont la population a diminué de 127 500 âmes en 2008 à 124 000 en 2012. Le maire actuel est Dominique Gros (PS), élu contre toute attente en 2008 face à la division de la droite. C’est le troisième maire depuis 1940 à Metz.

Comme à Carpentras, la population a découvert que la nouvelle équipe municipale ne manquait pas d’idées : les projets foisonnent, les chantiers s’enchaînent, la ville doit se transformer. Les grincheux n’inquiètent pas vraiment le maire. La santé financière de la ville est bonne, la gestion de bon « père de famille » du précédent maire, trop timorée aux yeux de l’opposition PS, laisse une dette de 131€ par habitant, une paille. C’est un cas unique en France ! La LGV et le musée Pompidou censés faire entrer Metz dans le 21ème siècle sont opérationnels, les caisses sont pleines : tous les voyants sont au vert. Le nouveau maire se pince : il va pouvoir mettre en œuvre tous les rêves ourdis durant vingt ans d’opposition résignée.

Mais voilà, au même moment, Metz subit la pire saignée de son histoire après 1870 : 5000 militaires et leurs familles doivent quitter la ville, ordre du ministère de la défense. Pour ne rien arranger la crise se fait durement sentir en Loraine. Le rêve menace de se transformer en cauchemar.



Faisant fi de ces avertissements, la mairie lance ses projets qu’elle veut grandioses : 3 ZAC proposées à des architectes prestigieux (140M€), un nouveau bus Mettis (230M€), refonte de la circulation (33M€). Les nouvelles friches militaires attendront, le maire a d’autres projets.
Sur la période 2008-2012, la ville a investi 214,5M€ ce qui représente 1711€ par habitant. A cela, il contient d’ajouter les investissements de la métropole : 1194€/hab. Dans le même temps, les villes de même strate consacraient à l’investissement 1264 €/hab. L’effort d’investissement de la ville représente 2,3 fois la moyenne de la strate ! Si cela est exceptionnel, gageons que cela devrait le rester.


Bilan économique et social

L’ambition du maire (photo) pour Metz est à la mesure de son attachement à la ville. Et comme chacun sait, quand on aime on ne compte pas. Pourtant, les choix sont contestables : aucun investissement économique en 5 ans, aucune place en crèche, aucune maison de retraite. On notera qu’hormis les ZAC, aucun investissement n’est rentable : ils sont tous subventionnés. Pire, les travaux en pagaille étouffent le centre-ville de Metz, ville commerçante, qui tire une grande partie de ses ressources de sa position privilégiée dans le bassin mosellan. Les rues du centre se vident, les commerces ferment. L’immeuble du Virgin sur la grande artère piétonne est inoccupé depuis 4 ans.

Car selon la vision socialiste de la ville, le travail n’est pas la priorité des citadins : on choisit une ville d’abord pour son offre culturelle et pour son offre de logements. Les 5000 logements vides existants ? Ils sont vétustes, rétorque la mairie qui planifie de construire 1000 logements neufs par an. Bilan de la mandature : il y a aujourd’hui 6000 logements vacants. Les promoteurs privés, découragés, jettent l’éponge et les ZAC vendent les lots aux bailleurs sociaux pour sauver les meubles. Car la réalité démographique est poignante : la ville perd 1000 habitants par an.

Avec tous ces nouveaux projets, le train de vie de la mairie augmente mécaniquement et en bon socialiste, le maire distribue les subventions aux associations culturelles et communautaires (+35%).

Les réserves existaient bien

Au 31 décembre 2007 les réserves sont gigantesques. Contrainte par une nouvelle directive européenne, la ville a dû céder 15% de sa société UEM de production d’électricité à la Caisse des Dépôts et encaisse une recette exceptionnelle de 45M€. A cela viennent s’ajouter 7M€ d’excédents et 15M€ de cessions immobilières.

Au 31 décembre 2012, il ne reste plus rien des réserves de 2007. Avec un résultat positif de 6,6M€, l’honneur est sauf, même si la mairie a prévu d’emprunter 6,5M€ en 2013 pour équilibrer son budget.

L’endettement gonfle, gonfle… et pour longtemps

Car la mairie doit trouver de l’argent. Pour cela elle use de toutes les entités légales à son service : la Métropole paye le Mettis, l’EPFL porte le foncier et sa filiale la SAREMM avance l’argent des ZAC. La prise de risque est maximale et l’effet de levier est tel qu’en 5 ans la dette par habitant cumulée passe de 131€ par habitant à 711€ soit une augmentation de 442%. A cela viennent aussi s’ajouter les sommes engagées dans des opérations immobilières (de l’ordre de 100M€) ; investissements de plus en plus risquées à cause de la crise immobilière (le prix du m2 a baissé de 10% en 4 ans à Metz).

Certes la moyenne de la strate en 2012 est de 1084€ de dette par habitant : on peut donc se féliciter de la bonne santé affichée, mais la pente est vertigineuse. En cause principalement les 200M€ du Mettis, un projet porté par la métropole UDI mais qui figurait comme tel dans le programme du maire PS. Cet empilage administratif de responsabilité et de compétence est très utile à la mairie. En cas de succès, tout le monde se congratule, en cas de problème, personne n’est responsable. La dette s’éparpille avec les compétences et les Messins ne savent plus à qui s’adresser.

Comment la municipalité a trouvé des ressources supplémentaires

Cela dit, la dette, personne ne s’y intéresse. Ce qui compte, ce sont les impôts ! Pour financer ses investissements, la municipalité a dû dégager de nouvelles ressources… Elle aurait pu choisir de maîtriser les charges de fonctionnement. De 2008 à 2012, l’inflation a été de 5,9%. Or les charges de fonctionnement de Metz, non maîtrisées, ont augmenté de 14,6% (30% pour les seules subventions). Puisque les charges ne sont pas maîtrisées, la ville augmente ses impôts.

Le conseil municipal peut voter des nouvelles taxes - sur l’électricité notamment - les taxes diverses augmentent de 95%. On augmente les impôts locaux (+20%), et bien sûr les PV (+43%), le péché mignon de nos gouvernants, puisque paraît-il, ils font cela pour notre bien.

Une politique guidée par l’idéologie

« Plus une seule voiture en ville » a décidé l’équipe municipale. EELV est aux commandes : 10% des places sur voirie sont supprimées, 30% des parkings gratuits rendus payants. On raquette les touristes, on rançonne les clients des commerces. En contrepartie, il y a c’est vrai un nouveau bus, « Mettis » le bien nommé, qui n’a pas été construit, dixit le maire, « pour améliorer la mobilité, mais pour favoriser le brassage des populations ».

Et pour flatter les hautes instances socialistes, M. Gros applique le petit manuel du parti à l’usage des maires : démocratie participative, nuit blanche, Metz plage, gay-pride, nouveaux rythmes scolaires, ce qui nous vaut la présence régulière des « huiles » socialistes venues inaugurer les nouveaux équipements culturels qui se multiplient afin d’accueillir les nombreuses manifestations « artistiques » pour la clientèle Homofestivus. (40M€ dépensés en 5 ans sans compter les 70M€ du musée Pompidou terminé en 2010).

Chacun pourra ici se faire une idée de la politique menée à Metz. Une politique ambitieuse qui aura provoqué une belle exposition médiatique. La question qui sera posée aux municipales sera donc la suivante : Metz a-t-elle les moyens des ambitions de son maire et les Messins sont-ils prêts à payer pour la galerie ?

Source : le salon beige : http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2013/10/la-gestion-%C3%A9conomique-des-villes-le-cas-de-metz.html
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