Philippe de Villiers : “Saint Louis tire sa surhumanité du plus profond de son humanité”

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Philippe de Villiers : “Saint Louis tire sa surhumanité du plus profond de son humanité”

Message par Chasseur le Mer 12 Fév - 21:59

Philippe de Villiers : “Saint Louis tire sa surhumanité du plus profond de son humanité”



"Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action." Philippe de Villiers a fait sienne la formule de Bergson. Candidat à l’élection présidentielle en 1995 et 2007, le député européen continue, comme écrivain, son combat contre l’effacement de la France. Un an après son Roman de Charette, le créateur du Puy-du-Fou fait paraître une biographie à la première personne de saint Louis, roi d’honneur dont on fête en 2014 le 800e anniversaire de la naissance.

Liberté politique. — Louis IX, expliquez-vous, a été canonisé pour sa sainteté vécue à travers son « métier » de roi. En quoi son action politique était-elle celle d’un saint ?

Philippe de Villiers. — Saint Louis a été canonisé pour deux raisons. La première, c’est qu’il a fait des miracles après sa mort — on en compte 67 — notamment à la basilique de Saint-Denis. La seconde, c’est que son comportement comme chef d’État a été considéré comme absolument exemplaire.

Il fut à la fois un roi d’apogée et un roi d’échec. Comme roi d’apogée, il a porté tout son siècle vers les cimes. Dans l’ordre du Beau, il enlumina son royaume de moutiers, d’abbayes et de maladreries d’une facture architecturale admirable. Aujourd’hui encore, la Sainte-Chapelle est indépassable. Dans l’ordre du Vrai, il favorisa les maîtres de sapience de l’Université de Paris selon la formule du dominicain Vincent de Beauvais : « La science éclaire la foi ». Il favorisa aussi la parole de vérité d’Albert le Grand, de saint Thomas d’Aquin et de saint Bonaventure.

Dans l’ordre du Bien, il anticipa le message des ordres mendiants, les frères mineurs et les frères prêcheurs, c’est-à-dire les dominicains et les franciscains dont il comprit la double pauvreté évangélique et savante. Il assura à son royaume la tranquillité et la prospérité — le monde entier l’appelait le « roi apaiseur ».

Voilà pour l’apogée. Mais en même temps, il fut un roi d’échec et de souffrance. Il connut, comme tout homme, les contrariétés, la trahison, le doute, la jalousie et naturellement la défaite de la croisade. Comme roi d’apogée il ne ressemble à personne et, comme roi d’échec tout le monde lui ressemble. En ses ascensions royales, il nous tire vers les sommets et, quand il traverse la vallée des larmes, il nous prend par la main. Il tire sa surhumanité du plus profond de son humanité.

Saint Louis est selon vous le roi qui incarne le mieux la France, « un mur porteur » qu’il faut rappeler quand « la maison s’écroule ». Est-ce parce qu’à l’image de la France, « qui va de déclin en renouveau » comme le disait de Gaulle, saint Louis va d’échecs en succès ?

Saint Louis a été le premier de tous les chefs d’État à comprendre la vocation de la France : elle est la fille aînée de l’Église et donc, selon son expression, le « bouclier de la christianitas ». Elle ne doit accepter aucune instruction extérieure, fût-ce de l’Empereur ou du pape. Saint Louis ne cesse de répéter à Innocent IV : « Le roi de France ne connaît aucun supérieur au temporel en son royaume. »

La France a donc une double mission, à la fois spirituelle et temporelle, ce qui lui donne une primauté dans l’ordre des protections artistiques et du secours de tous les peuples victimes des puissances injustes.

Le monde entier regarde la France. Saint Louis a compris que la grandeur n’a rien à voir avec la taille et que le gouvernement est bien autre chose que la gestion.

En fait, il reprend l’harmonie des anciens à partir de la distinction entre la potestas et l’auctoritas. La potestas, c’est le simple pouvoir de commander, de légiférer et de punir, mais l’auctoritas, c’est l’aura, la symbolique où se logent l’estime et la confiance. Pour saint Louis, la grandeur est une disposition de l’esprit qui touche à l’honneur beaucoup plus qu’au revers et au succès.

Lire la suite : http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Philippe-de-Villiers-Saint-Louis-tire-sa-surhumanite-du-plus-profond-de-son-humanite
avatar
Chasseur

Messages : 3013
Date d'inscription : 16/07/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum