La Chevalerie et son idéal chrétien

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Dim 3 Fév 2019 - 20:36

Chateaubriand place l'origine de la Chevalerie au commencement du Xème siècle dans ses Etudes historiques, mais il ne faut pas oublier que sous l'Empire romain, il existait déjà un Ordre de chevaliers qui avait pour quartiers, la Schole palatine à Rome. Sous l'Empereur Dioclétien, le corps de la Garde prétorienne chargée de protéger les officiers généraux, lequel était constitué de fantassins, fut remplacé par un contingent monté appelé << equites >> ou cavaliers. Un terme qui désignait à l'époque l'Ordre des chevaliers romains. Plus tard, à l'époque de Charlemagne, on appelait << palatinus >> la garde du palais ou garde personnelle de Charlemagne, composée de chevaliers d'élite. Le chevalier ou << palatin >> était un homme de haut grades, qui faisait partie d'un ordre religieux et porteur du pouvoir sacré de la foi chrétienne. Le célèbre neveu de Charlemagne, Roland le preux, comte des Marches de Bretagne, était un chevalier franc chargé de défendre les frontières du royaume des Francs.

Pendant plusieurs siècles les envahisseurs barbares inondèrent l'Europe. Puis, Charlemagne, le grand défenseur de la foi parut et opposa une digue à ce torrent dévastateur. Malheureusement, quand il mourut en 814, sa puissante main ne fut plus là pour soutenir l'ouvrage qu'il avait élevé et le torrent devastateur reprit son cours avec plus de violence que jamais. L'Empire des Francs éclata en trois royaumes rivaux trop vastes pour être efficacement défendus. Ces royaumes éclatèrent à leur tour et ce furent alors les ducs, les comtes et les barons, plus aptes à protéger leurs terres, qui prirent le pouvoir. Mais ces nobles furent eux aussi dépouillés de leur autorité par les châtelains ou possesseurs de châteaux, lesquels appartenaient à une aristocratie de moindre rang mais plus proches des réalités locales. Le Seigneur châtelain qui résidait dans son donjon avec sa famille, était le détenteur du droit de ban, propriétaire des terres alentours. Il imposait au peuple ses lois. Le droit de ban était le pouvoir de commandement seigneurial sur tous les habitants de sa seigneurie. C'est pour cela qu'à partir du IXème siècle se constitue une sorte de garde d'élite à cheval, chargée de faire appliquer les volontés du châtelain à ses sujets.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Lun 4 Fév 2019 - 12:44

Donc, une fois que le grand empire fondé par Charlemagne fut dissout, il s'opéra une grande révolution qui changea le monde antique dans le monde féodal. Les ducs, les comtes et les vicomtes s'approprièrent les châteaux, les villes, les provinces dont ils avaient le commandement. L'esclavage personnel disparut peu à peu pour faire place au servage. Un nouveau système la << féodalité >> s'éleva au sein de l'ancienne monarchie. C'était une forme hiérarchique composée de suzerains, de vassaux et d'arrière-vassaux, qui liait entre eux toutes les classes et tous les individus, du monarque, seigneur suprême, au serf attaché à la glèbe.

Le monarque n'était plus que le chef de nom d'une aristocratie religieuse et politique, véritable république de tyrannies diverses. Cette confédération de petits despotes, inégaux entre eux et ayant les uns envers les autres des devoirs et des droits, mais investis dans leurs propres domaines, sur leurs sujets directs, d'un pouvoir arbitraire et absolu, naquirent les haines qu'excitèrent l'inégalité des conditions, et les dangers qu'entraîne l'exercice du pouvoir. Les querelles de voisinage amenèrent les dévastations et l'insécurité qui régnait de façon permanente à cause des guerres privées. Tous subirent la présence continuelle de la force et de la guerre. Pour comble de malheur, les envahisseurs Vikings couvraient les rivages de l'Océan de leurs barques innombrables, et pénètraient à l'intérieur des terres en remontant les fleuves, semant partout le meurtre, le pillage et la destruction.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Lun 4 Fév 2019 - 20:53

Quand les seigneurs n'eurent plus à combattre les barbares, ils se firent la guerre entre eux et ces luttes féodales devinrent le grand fléau de ces temps d'épouvante. Certains chevaliers se livrèrent même au pillage qui appauvrit un peu plus les paysans. Les exactions commises et l'extrême brutalité, soulevèrent les inquiétudes de l'Eglise. Les évêques commencèrent à protester et à condamner ces agissements. Puis, l'Eglise décida de prendre des mesures pour mettre fin à ces excès. Elle intervint pour éteindre les guerres ou du moins pour les rendre plus rares et plus humaines. Dans ce but elle institua la Paix de Dieu et la Trêve de Dieu.

La Paix de Dieu qui fut décrétée par plusieurs conciles, interdisait aux combattants tout acte de violence contre certaines catégories de personnes et de lieux ; les clercs, les laboureurs, leurs troupeaux et instruments de travail ; les cimetières ; les monastères, les églises étaient déclarés inviolables.

La Trêve de Dieu interdisait la guerre, sous peine d'excommunication à certains moments de l'année : du mercredi soir au lundi matin de chaque semaine, de la Septuagésime au lundi de Quasimodo, du premier dimanche de l'Avent au lendemain de Noël et enfin à toutes les fêtes de la Sainte Vierge.

De plus, pour renforcer leur action, les évêques groupèrent les paysans et les bourgeois en milices chargées de faire respecter les interdictions de l'Eglise.

L'Eglise détourna de la guerre les seigneurs belliqueux, en dirigeant leur activité vers les travaux d'utilité publique. Comme les seigneurs possédaient la richesse, elle leur demanda de construire des moulins, des fours et des pressoirs, des ponts et des routes. Elle leur confia la police des routes et le soin de veiller sur la propriété privée. Elle inspira aussi la charité des seigneurs, et grâce à son influence, les oeuvres de bienfaisance et les hôpitaux se multiplièrent. Elle donna aux rudes féodaux le goût des choses de l'esprit. Beaucoup d'entre eux devinrent des lettrés, des artistes, des écrivains ou des poètes.

Par contre-coup, le peuple, à son tour, bénéficia de l'action bienfaisante du christianisme. En rendant plus humains les durs féodaux du Moyen Age, l'Eglise améliora le sort de leurs sujets. Et peu à peu, la condition des serfs se rapprocha de celle des simples paysans dans un monde si accablé de misère et de calamités.


Dernière édition par Chevalier du Temple le Mar 5 Fév 2019 - 18:41, édité 1 fois
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Mar 5 Fév 2019 - 7:52

C'était une époque demeurée barbare où la guerre était perpétuelle, dans une société changée en champ de bataille, et où la vie humaine comptait peu. Une simple discussion dégénérait vite en querelle sanglante, et mettait aux prises pour des motifs souvent futiles, les bandes armées qui aussitôt se livraient bataille. Les récoltes étaient détruites, les fermes incendiées, les monastères saccagés, les églises profanées et partout des monceaux de cadavres.

L'Eglise qui était une puissance pacificatrice, se dressa fermement et efficacement contre les violences de la féodalité. Les populations des campagnes accueillirent avec enthousiasme, ses prescriptions qui étaient un véritable code rural en leur faveur. Mais malgré ces mesures, de nombreux seigneurs persistèrent à passer outre au pacte de l'assemblée de paix. Ces hommes à l'humeur guerrière et violents par nature, désiraient maintenir les moeurs féodales héritées de leurs aïeux barbares. L'Eglise continua de faire entrer dans ces rudes consciences, le devoir à remplir à l'égard de Dieu. Elle força donc le seigneur féodal à cesser de se battre perpétuellement, d'assister à la Sainte Messe et à recevoir les Sacrements. Les évêques saisirent la moindre occasion pour décréter et prolonger la Trêve, tout en faisant progresser l'idée de paix dans les esprits.

Mieux encore que par ses prescriptions et ses prohibitions, l'Eglise allait perfectionner son oeuvre pacificatrice, en disciplinant et en orientant les activités belliqueuses de la jeunesse guerrière, vers un idéal tout chrétien. Ce fut l'institution de la << Chevalerie >>. A l'origine, la Chevalerie n'était que l'apprentissage du métier des armes, l'Eglise va la transformer en une institution religieuse dans laquelle elle va faire passer l'idéal chrétien. Elle va fortement contribuer à influencer la Chevalerie, modifier ses valeurs et ses devoirs, et la doter d'une morale chrétienne. L'Eglise va entreprendre la formation du féroce guerrier franc, dont elle va faire le << Chevalier >>. Elle trouvera en eux des fidèles défenseurs de la foi, qui protégeront les lieux sacrés, le peuple et les démunis. Ils feront régner l'ordre et la justice. L'Eglise a offert un but à la Chevalerie, elle a réussi à lui donner consistance et lui a fourni une matière spirituelle.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Mar 5 Fév 2019 - 15:57

L'Eglise a donc dû valoriser et sacraliser la Chevalerie pour canaliser sa puissance. Elle y parviendra si bien que de nombreux nobles, attirés par le prestige du titre, se feront armer chevaliers. S'opère même dès le XIIème siècle une fusion entre noblesse et Chevalerie.

La Chevalerie qui, maintenant, ne fera usage de ses armes qu'afin de protéger les faibles et les opprimés, et d'assurer le repos de la société, est une institution qui va se couvrir de gloire en France et à l'étranger. Plus de vingt fois elle sauvera la France, ce qui fera d'elle la fille héroïque de la Patrie. Elle a le mérite et le privilège d'avoir entretenu un très vif sentiment de l'Honneur. De tous les crimes dont les chevaliers avaient horreur, nul ne lui parut plus abominable que le mensonge et le parjure, marque de l'ignominie. L'horreur du mensonge, le respect de la parole donnée, constituent ce que le chevalier appelle son << honneur >>. Qui ment et ne tient parole se déshonore. La parole d'un chevalier était un gage inviolable, elle valait tous les serments.

En Dieu seul et en Marie sa Sainte Mère, << l'étoile du royaume >> le chevalier met sa confiance. Défendre la Sainte l'Eglise en étant son rempart, assurer la protection des monastères, églises et chapelles, écarter l'ennemi agresseur, défendre les ordres religieux, les prêtres, les oeuvres de charité, telle est la fonction du chevalier. Et puisqu'il défend l'Eglise, le chevalier doit prendre sous sa tutelle tout ce qui  est faiblesse sur terre, veuves et orphelins.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Mer 6 Fév 2019 - 8:09

Après l'amour de Dieu, le code de la Chevalerie prescrit l'amour du pays, non pas seulement de la petite patrie, mais de << France la Douce >> comme l'appelle avant de mourir, Roland le modèle des chevaliers de Charlemagne. Dans les récits du moyen âge, il n'est pas rare qu'un chevalier parle  avec amour du pays de France, qu'il élève toujours au-dessus de tous les autres pays. L'idée que la France est la nation privilégiée de Dieu prend corps à cette époque.

Pour défendre ce pays qu'il aime tant, cette foi ardente qui est la sienne et cette Sainte Eglise dont il est le protecteur, le chevalier chrétien doit être brave, ne jamais reculer devant l'ennemi et cet ennemi, c'est au premier chef l'infidèle, le païen. Tout le Moyen Age est pénétré de haine pour l'infidèle. Charles Martel a repoussé l'infidèle de la terre de Gaule, Charlemagne l'a banni de son Empire, les chevaliers lui arracheront le tombeau du Christ. Finies les luttes entre seigneurs ; tous désormais, unis dans un même sentiment, se ligueront contre les ennemis de Dieu.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Savonarole le Mer 6 Fév 2019 - 21:13

Sacré Moyen Âge épisode 5 Le Chevalier :

https://www.youtube.com/watch?v=Ctds2IW468o&feature=youtu.be&t=0
Savonarole

Savonarole
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 122
Date d'inscription : 08/12/2017

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Jeu 7 Fév 2019 - 3:39

Le chevalier est tenu de remplir ses devoirs féodaux ; fidélité et aide au suzerain. Mais si le suzerain lui ordonne d'agir contre la loi de Dieu, le chevalier doit refuser. L'Eglise, en proclamant ce devoir, montrait le même esprit de pacification que dans l'institution des assemblées de paix et de la Trêve de Dieu. Le chevalier se refuserait désormais à piller les monastères, à profaner les églises, à détruire les récoltes des paysans.

Le chevalier est paré de vertus qui l'honorent et dictent sa conduite en toute occasion. Elles lui permettent de ne jamais s'éloigner des entiers de la Chevalerie et l'élèvent au-dessus du commun des mortels. Les plus importantes de ces qualités sont :

La loyauté : Le chevalier doit toujours être loyal envers ses compagnons d'armes. Un attachement profond le lie à son seigneur. Il combat avec honneur et droiture, la fuite et la trahison sont pour lui de grandes indignités.

La prouesse : Le chevalier doit être preux et valeureux. tant par le corps que par l'esprit, s'il veut sortir victorieux des épreuves qui l'attendent et augmenter son renom. Comme combattant à cheval, il doit se montrer capable de beaux coups d'épée et de lance, mais aussi la hardiesse, le courage physique et moral, la maîtrise de soi, le triomphe de l'héroïsme sur la peur.

Le courage : Un chevalier se doit de choisir le chemin le plus difficile et non le chemin guidé par ses intérêts personnels. Il doit être prêt à faire des sacrifices et ne devrait reculer devant aucun péril pour accomplir son devoir. Il se doit de supporter aussi bien la fatigue que les blessures.

La sagesse et mesure : Le chevalier devrait être sage et sensé afin d'empêcher la Chevalerie de basculer dans la sauvagerie et le désordre. Il doit savoir maîtriser sa colère, sa haine. Il devrait rester maître de lui-même en tout temps et épargner un adversaire qui se rend.

La justice : Le chevalier doit toujours choisir le droit chemin. Il fait régner l'ordre et l'équité, répare les torts, libère les opprimés. La justice est tempérée par la pitié et la mesure.

La protection : Un chevalier se doit de servir et de défendre son seigneur et sa mesnie. Il doit également prêter assistance aux plus démunis, à la veuve et à l'orphelin et, de façon générale à tous ceux qui croisent sa route.

La foi : Un chevalier devrait avoir foi en Dieu et ne pas se vautrer dans le péché. Il doit respecter les lieux saints et aller souvent prier au moutier pour le pardon de ses péchés.

La franchise : Le chevalier doit parler sincèrement sans tromperie, ni mensonge, ni flatterie.

L'humilité : Le chevalier ne devrait pas se vanter de ses exploits, mais plutôt laisser les autres le faire pour lui (troubadours, ménestrels, compagnons de route). Il doit faire preuve de modestie.

La largesse : Le chevalier doit se montrer généreux et dépenser sans compter pour autrui. La largesse est considérée comme la marque de sa haute condition, ce qui le rapproche de la noblesse et l'oppose à la bourgeoisie cupide.

La courtoisie : Le chevalier doit faire preuve de courtoisie lequel est un nouvel de vivre et d'aimer qui fleurit dans les cours. Il doit se comporter de façon plaisante avec les dames de qualité. Il les courtise et s'engage à leur porter secours si nécessaire. Pour mériter sa dame, le chevalier doit sans cesse prouver sa valeur.

Un chevalier qui observe toutes ces vertus, voit son prestige s'accroître pour son plus grand honneur. A l'inverse, le chevalier qui violerait l'une de ces règles entraînerait son avilissement et mépris par les autres membres de sa caste.

Le chevalier est donc un homme redoutable au service de Dieu. Sa vocation est de combattre pour un monde meilleur et d'éradiquer la misère et l'injustice sur son chemin. Pour le plus grand bien de la société il lutte contre le Mal : << Combattre tout mal, défendre tout bien >>, ce dernier commandement de la loi de Chevalerie en résumait tout l'idéal.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Jeu 7 Fév 2019 - 17:40

A l'origine, pour être reçu chevalier, il fallait être noble de père et de mère et âgé de 21 ans. Mais ce privilège que donnait la naissance, était bien loin de suffire. Il fallait qu'une éducation mâle et robuste eût préparé de bonne heure le jeune homme aux travaux de la guerre, et qu'il eût acquis une connaissance parfaite de tous les autres devoirs et de toutes les obligations imposées aux chevaliers. De longues épreuves, subies dans les grades inférieurs devaient prouver qu'il avait le courage et les vertus nécessaires pour soutenir dignement l'honneur de l'ordre dans lequel il voulait entrer.

Son éducation commençait dès ses premières années. Encore enfant, comme ce fut le cas pour nos plus grands chevaliers Bertrand du Guesclin, Bayard et Saint Louis, il passait beaucoup de temps avec les enfants des rudes paysans, essayant ses forces naissances dans des jeux à vocation guerrière.

Dès qu'il avait atteint l'âge de 7 ans, on le retirait des mains des femmes pour le confier aux hommes. Après les premières leçons reçues sous le toit paternel, les seigneurs, selon une sage coutume d'alors, envoyaient leurs enfants aux plus estimables chevaliers avec lesquels ils étaient liés par l'amitié ou la parenté, pour leur procurer, par les secours de leurs conseils et de leur exemple, la véritable, la dernière éducation, qu'on appelait la bonne nourriture. C'était un honneur signalé qu'un père de famille faisait à celui de ses pareils qu'il avait choisi pour faire recevoir à son fils ce complément à son instruction.

Puis venait le temps du moment de la séparation où l'on envoyait vers l'âge de 12 ans, l'enfant, comme page au château de son oncle, de son parrain, ou du vassal de son père. La séparation devait durer des années, le père donnait à son fils sa bénédiction, en l'accompagnant de ses dernières instructions. Au moment du départ, la mère du jouvencel lui donnait une bourse qu'elle avait oeuvrée pendant les veillées d'hiver, et qui contenait une petite somme d'argent ; puis elle attachait au cou de son enfant un précieux reliquaire. Enfin, le damoisel partait monté sur un palefroi et suivi d'un serviteur.


Dernière édition par Chevalier du Temple le Ven 8 Fév 2019 - 1:01, édité 1 fois
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Jeu 7 Fév 2019 - 22:00

Une fois arrivé dans le château de son patron, il est admis au rang des pages. Les fonctions auxquelles il était astreint en cette qualité n'avaient rien, qui put avilir ou dégrader. Les fonctions d'un page étaient les services ordinaires des domestiques auprès de la personne de leur maître et de leur maîtresse. Ils les servaient à table, tranchait les viandes, servait à boire et aidait les domestiques. Il devait fournir la salle du seigneur de paille en hiver, tenir en bon état le haubert du seigneur et les bardes de son cheval, et préparer le bain des chevaliers. D'une manière générale, il s'appliquait à satisfaire son seigneur.

Le page était toujours respectueux en gardant les yeux baissés. Il apprenait à commander en obéissant et en gardant le silence. Les premières leçons qu'on lui donnait avaient pour objet la religion, qu'il devait pratiquer comme tout chrétien. On lui rappelait aussi que son devoir était de défendre la Sainte Eglise au prix de son sang et de sa vie. Ordinairement, une femme noble, pieuse et vertueuse du château etait chargée de cette partie de son enseignement. Les préceptes de la religion inspirait au page pour les choses saintes, une vénération qui ne devait jamais s'effacer.

Les instructions que ces jeunes gens recevaient par rapport à la décence, aux moeurs, à la vertu, étaient continuellement soutenues par l'exemple des dames du château et des chevaliers qu'il servait. On lui apprenait à respecter le caractère auguste de la Chevalerie, à révérer dans les chevaliers les vertus qui les avaient élevés à ce rang. Les jeux des jeunes pages contribuaient aussi à leur éducation. Ils apprenaient à dompter un cheval rétif, à courir couverts d'une cuirasse pesante, franchir les palissades et jouer contre la quintaine qui était un poteau où était placée une figure mobile contre laquelle on joutait pour apprendre le maniement de la lance.

Après ces jeux guerriers, le page bénéficiait d'entretiens sur la guerre, sur la chasse, sur l'art de dresser les oiseaux et les chiens. On lui apprenait aussi à se rendre expert au jeu d'échecs et même à chanter des couplets guerriers. Son émulation s'accroissait de jour en jour, par le désir de s'élever au grade d'écuyer dans la maison du seigneur qu'il servait, car souvent c'était le dernier pas qui conduisait à la Chevalerie.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Ven 8 Fév 2019 - 12:23

A quinze ans, le jeune candidat chevalier passe de l'état de page à celui d'écuyer. Pour la première fois l'épée leur était remise entre les mains lors d'une cérémonie. Nouvellement sorti hors de page, il était présenté à l'autel par son père et sa mère qui tenaient un cierge à la main. Le prêtre célébrant prenait de dessus l'autel une épée et une ceinture, sur laquelle il faisait plusieurs bénédictions, et l[attachait au côté du jeune gentilhomme, qui commençait alors à la porter.

Dans ce nouvel état d'écuyer, les jeunes candidats approchaient de plus près la personne de leurs seigneurs ou de leurs dames. Ils étaient admis dans leurs entretiens et leurs assemblées ou ils apprenaient la politesse du langage, la modestie, la sagesse et la retenue dans les conversations, accompagnés d'une liberté pour s'exprimer lorsqu'il en était besoin. Dans les repas et les festins ils étaient de tout. Après les services de la table du seigneur, ils devaient passer à celui des écuries qui consistait dans le soin des chevaux. Ils tenaient les armes de leur seigneur toujours propres et luisantes. On enseignait aux écuyers à entretenir les équipements des chevaliers et à en vêtir leur maître. Dès que le maître montait à cheval, les écuyers s'empressaient de l'aider.

L'écuyer devait désormais suivre son seigneur au combat et être attentif à tous les mouvements de leur maître au cours des batailles, afin de lui donner de nouvelles armes ou un cheval frais. Dans le cas ou le seigneur était blessé ou désarçonner par un adversaire, l'écuyer devait parer les coups qu'on lui donnait et l'aider à se relever. Le champ de bataille était une leçon vivante d'adresse et de courage pour les futurs chevaliers. Il lui donnait lieu de montrer sa valeur et de reconnaître s'il était capable de soutenir les périls.

L'aspirant chevalier qui n'était point encore exposé à porter le fardeau de la guerre, se perfectionnait dans l'art de monter à cheval et à combattre à la lance comme à l'épée. Puis, quand il avait passé quelques temps à remplir les diverses charges et fonctions attachées au grade d'écuyer, dans l'intérieur des châteaux, il devenait poursuivant d'armes. En cette qualité il fréquentait les cours des princes, suivait les armées en temps de guerre, faisait des voyages dans les pays éloignés, pour acquérir plus d'expérience des armes et des tournois, et pour connaître les moeurs étrangères.

Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Sam 9 Fév 2019 - 10:50

Vers l'âge de 21 ans, après plusieurs années d'un dur apprentissage, le prince ou le seigneur, après s'être assuré du courage, de la prud'homie et des qualités du jeune écuyer << poursuivant d'armes >>, fixait le jour de la cérémonie de l'adoubement. Cette cérémonie officielle qui se déroulait habituellement à Pâques, l'Ascension ou à la Pentecôte, marquait le passage de l'état d'écuyer à celui de chevalier.

Plusieurs jours d'avance le novice ou aspirant chevalier, se préparait par des jeûnes austères, par des prières ferventes, par un aveu sincère de toutes les fautes de sa vie. La nuit précédent son adoubement, après avoir reçu les sacrements de pénitence et d'eucharistie, il était revêtu d'un habit de lin blanc comme neige, symbole de la pureté nécessaire dans l'état de la Chevalerie. Puis il allait passer la nuit dans une chapelle agenouillé en prière devant l'autel de la Vierge, en compagnie de son parrain. Dès que le jour commençait à renaître, d'anciens chevaliers venaient le chercher pour le mener au bain. Puis, on le mettait au lit, en le couvrant d'un drap noir, parce qu'il disait adieu au monde impur, et commençait une nouvelle vie. Le futur chevalier assistait à la Sainte Messe, purifiait son âme par une confession générale, recevait la sainte Communion. Le prêtre bénissait son épée, en récitant des psaumes et des exhortations. Avant de la revêtir, il jurait de respecter tous les devoirs qu'on venait de lui rappeler. Ensuite, il revenait au château où devait se dérouler la cérémonie de l'adoubement.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Sam 9 Fév 2019 - 13:02

Dans la grande cour du château, devant  une nombreuse assistance, l'aspirant chevalier s'avance vêtu de blanc. Son parrain dans l'ordre de la Chevalerie, souvent son père, lui passe les chausses de fer et les éperons d'or ; deux autres chevaliers le coiffent du heaume et le revêtent de la cotte de mailles ; enfin, le suzerain de son père, présent à cette cérémonie, lui ceint l'épée que le novice baise avec dévotion. Il attend à genoux, tout armé, le rite qui va le consacrer chevalier. Il prête à haute voix le serment des chevaliers une main sur l'Evangile. Son père s'avance. Avec la paume de la main ou le plat de l'épée, il lui applique un coup son la nuque : c'est la << colée >>. Puis il dit à son fils << Sois chevalier, brave et bon ; honore les chevaliers, donne aux pauvres, aime Dieu et que le Seigneur, qui fut mis en croix, te défende lui-même contre tous tes ennemis. >> Le jeune chevalier se redresse, embrasse son père, et s'élance sur l'un des chevaux qu'on lui présente et, animé d'ardeur guerrière, se précipite lance en avant, vers la << quintaine >> le mannequin suspendu à un poteau, qu'il s'agissait de renverser d'un coup de lance. C'est le début des réjouissances, au cours desquelles le jeune chevalier doit faire montre de sa valeur. Tel était l'adoubement du chevalier.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Dim 10 Fév 2019 - 5:11

Dans l'origine, on n'admettait au rang de chevalier que des nobles, mais il est arrivé plus d'une fois que, dans des circonstances graves ou pour services extraordinaires, on élevait à cette dignité de simples roturiers. Alors le roi lui seul avait le droit de créer des chevaliers, qui devenaient nobles et qui jouissaient, dès leur création, des honneurs et privilèges attachés à la Chevalerie.

Par exemple, je me souviens que lorsque la Chevalerie de Philippe le Bel eut été presque exterminée par les Flamands, on fit une espèce de levée en masse : tout homme qui avait deux fils fut obligé d'en armer un chevalier, et celui qui en avait trois, d'en armer deux.

Il arrivait aussi qu'on faisait des chevaliers sur le champ de bataille avec des paysans, avec des soldats qui avaient montré un extrême courage. Certains historiens parlent de ces faits comme étant déplorables, attestant la décadence de la Chevalerie.

Un titre auquel la haute noblesse seule pouvait aspirer, et qui se trouvait interdit non-seulement aux roturiers, mais même aux simples gentilshommes, c'était celui de chevalier banneret.

On appelait ainsi celui qui avait un nombre de gentilshommes et de vassaux suffisant pour lever bannière et faire une compagnie de gens d'armes entretenus à sa table et soldés à ses dépens. Ces bannerets faisaient porter en bataille, devant eux, un étendard carré armorié de leurs armes et devisé, appelé bannière, semblable aux bannières des églises et aux anciens étandards et enseignes des Romains.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Dim 10 Fév 2019 - 15:33

Le chevalier est donc un guerrier de métier, lié par serment à son seigneur. C'est un combattant redoutable qui a appris le métier des armes depuis son enfance. Il est nourri et logé au donjon du châtelain mais il doit entretenir lui-même son équipement qui est coûteux. Son existence n'est pas toujours tumultueuse. En temps de paix, le chevalier est consigné à la garde du château où il mène une vie plutôt oisive. Pour se divertir, il joue aux échecs et aux dés, festoit et écoute les récits des ménestrels. L'un de ses sports favoris, c'est la chasse. On peut comprendre l'extrême engouement du chevalier pour le tournoi, lequel lui permettait de sortir de cette routine monotone. Le tournoi était une imitation de la guerre avec des simulacres de combat où des combattants venaient de tous les horizons afin de prouver leur valeur. Il constituait un bon exercice pour la bataille.

Mais en temps de paix, d'autres chevaliers ne restaient pas oisifs. Fidèles au serment de redresser les torts et d'abolir les injustes coutumes, ils chevauchaient par monts et par vaux, en quête d'aventures. Ils se faisaient distinguer par leur bravoure et leur talent. Se faisaient connaître des princes et des princesses, et parfois mangeaient à la table des rois. Souvent, voyageant dans les lieux les plus écartés, ils punissaient les crimes et réprimaient les violences, en pratiquant ces sentiments de justice et de générosité qu'on leur avait inspirés. Ils prêtaient toujours assistance aux plus malheureux. En toute occasion, les chevaliers s'acquittaient de leur serment de Chevalerie.

Souvent, des chevaliers assemblés dans une cour de château, qui venaient de recevoir les honneurs de la Chevalerie, s'associaient pour faire << quêtes >> ou voyages, pour retrouver un chevalier disparu ou une dame restée au pouvoir d'un ennemi. Ces héros erraient de pays en pays, parcourant à travers des forêts immenses, vivant uniquement de leur chasse. Afin de surprendre les ennemis qu'ils allaient chercher, ils ne marchaient qu'en petites troupes. Au bout d'un terme d'un an et un jour, ils s'en retournaient au château de leur seigneur, auquel ils devaient faire un récit fidèle de leurs aventures. Ce sont ces chevaliers errants qui ont fourni aux troubadours ces récits merveilleux de vieilles traditions. Dans les temps d'anarchie féodale, temps de grands désordres, d'oppression et de tyrannie, la Chevalerie errante a rendu d'importants services.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Lun 11 Fév 2019 - 8:32

Bien avant le XIème siècle, il existait une cavalerie mais en l'absence d'une technique guerrière propre, elle n'était qu'une infanterie montée peu efficace. Ces soldats montés maniaient la lance comme un javelot. Mais vers le milieu du XIème siècle en Normandie, se développa une méthode de combat qui allait transformer la cavalerie en chevalerie. Il s'agissait d'un nouvel usage de la lance, calée sous le bras en position horizontale fixe au moment de la charge, afin de disloquer les lignes adverses. Cette nouvelle forme de combat qui caractérise la Chevalerie, exigeait un entraînement assidu des hommes et des chevaux.

Au point de vue militaire, la Chevalerie va progressivement imposer sa prépondérance sur les champs de bataille. Les chevaliers étaient l'élite de l'armée, un ordre militaire qui bâtit sa renommée sur ses exploits et victoires. Son action était décisive sur les champs de bataille, elle décidait de la victoire ou de la défaite. Les affrontements sur le champ de bataille commençaient par des volées de flêches, puis par la confrontation de troupes d'infanterie légères. Ensuite, venait la charge de cavalerie lourde et le choc frontal qui décidait de l'issue de la bataille.

Le chevalier était un formidable guerrier qui ne faisait pas dans la dentelle, il ne faisait pas de pitié à la piétaille issue de condition modeste, souvent recrutée dans la milice locale. Mais son comportement diffèrait lorsqu'il s'agissait d'un ennemi de rang. Le chevalier n'avait aucun intérêt à tuer un Comte ou un Duc quand il pouvait le forcer à se rendre, et en retirer une rançon considérable. En épargnant un noble vaincu, il faisait certes preuve de pitié, mais surtout, il pouvait aussi confisquer sa monture et ses armes, ce qui représentait un important butin de guerre. On comprendra donc le sort réservé à la piétaille, trop pauvre pour pouvoir payer une rançon.



Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par alerion le Lun 11 Fév 2019 - 10:35

très intéressant, merci pour ce sujet!

baudricourt

_⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _⚜ _
alérion


La Chevalerie et son idéal chrétien Apocal10[/url]
alerion

alerion
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Blason11
Masculin Messages : 176
Date d'inscription : 03/12/2018
Age : 55
Localisation : Lorraine

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Lun 11 Fév 2019 - 19:44

Very Happy alerion MERCI pour votre appréciation !

Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Mar 12 Fév 2019 - 0:53

En ce temps-là, les chevaliers étaient glorifiés et élevés au niveau de héros. Les ponts-levis des châteaux s'abaissaient devant le chevalier qui est était reçu avec respect et admiration et bénéficiait d'un prestige incomparable.

Parmi les marques d'honneur qui distinguaient les chevaliers, ils avaient le droit d'avoir leurs chevaux de bataille couverts d'une grande housse de taffetas, qui leur descendait jusqu'aux pieds, et qui était ornée et remplie de leurs armoiries. On leur donnait les noms de monsieur, de monseigneur et de messire. La Chevalerie était très estimée, les rois accordaient souvent une pension à ceux qu'ils recevaient chevaliers.

Les armoiries étaient des signes guerriers qui servaient à reconnaître au milieu des combats un chef distingué. Ces signes honorifiques servaient de points de reconnaissance et de ralliement, sans lesquels les adversaires entre eux, et les chefs avec leurs guerriers, se fussent aisément confondus au milieu d'une lice tumultueuse ou d'un champ de bataille. A cette époque on n'avait pas encore imaginé les uniformes, et les armures cachaient les traits des visages.

Les chevaliers attachaient une grande importance aux hommages dont ils faisaient l'objet, les ayant obtenus par beaucoup de sacrifices. Ils avaient pour habitude de placer les bannières sous lesquelles ils avaient combattu, sur les tours les plus élevées, sur les donjons et au-dessus des grandes portes de leurs châteaux, comme des témoignages de leur gloire.

Les familles de chevaliers conservaient avec soin ces marques d'honneur. Ces signes de la valeur de leurs pères, les dames les brodaient sur leurs meubles, sur leurs robes, sur les habits de leurs époux ou de leurs frères. On les sculptait sur les remparts, on les peignait sur les murailles d'une salle, on les représentait sur les écus, sur les tombes, On les retrouvait même sur les habits des écuyers, des pages, des valets, des hommes d'armes et en général, de tous ceux qui dépendaient de la famille du guerrier. Une fois adoptées par les familles, reconnues et accordées par le prince, les armoiries devinrent une propriété héréditaire, à laquelle nul étranger n'avait le droit de toucher.

Les devises que les armoiries admettaient, étaient des monuments de valeur, des leçons placées sous les yeux des descendants des preux chevaliers. Souvent, c'était un proverbe ou une expression naïve, analogue aux figures représentées dans l'écusson. Par exemple, la maison royale de Bourbon avait pour devise << Espérance >>. La maison de Montmorency avait deux devises : << Aplanos >> qui signifie sans errer ni varier, et l'autre << Dieu aide au premier baron chrétien >>. Celle de Charles le téméraire était << Ainsi je frappe >> et de François, duc de Bretagne << Plutôt mourir que de me souiller >>.

Les cris de guerre devenaient quelquefois des devises, ils faisaient partie de l'héritage inaliénable des familles. On s'excitait en poussant son cri de guerre, à combattre vaillamment. Ceux qui portaient la bannière le faisaient entendre pour rallier les hommes d'armes après la mêlée. Le cri de guerre des anciens rois de France était << Mont-Joye-Saint-Denis >> celui des ducs de Bourgogne << Mont-Joye-Saint-André >>. Pour les ducs de Normandie c'était << Dieu nous aide, Dieu nous aide >>. Quant aux anciens comtes de Champagne ils avaient pour cri de guerre << Passavant, passavant li meillor >> ou Que le plus brave s'avance contre nous.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Chevalier du Temple le Mar 12 Fév 2019 - 18:07

Le temps des croisades est l'époque la plus brillante de la Chevalerie. Les efforts de l'Eglise pour transformer les rudes guerriers en chevaliers chrétiens réussirent si bien, que ceux-ci désirèrent aller plus loin dans leurs engagements religieux. Les chevaliers sont à l'origine de la création des grands ordres militaires.

En effet, au XIIème siècle, certains nobles chevaliers, pleins de dévotion envers Dieu, firent profession de vivre comme les chanoines au service du Christ. Ainsi l'Ordre du Temple unit l'idéal du moine à celui du chevalier. Il se forma d'autres ordres chevaleresques religieux, comme l'Orde de l'Hôpital et l'Ordre Teutonique, lesquels outre les règlements généraux de la Chevalerie, avaient des règlements spéciaux. L'ordre de Chevalerie dans cette nouvelle forme, devient à l'exemple des ordres monastiques, un groupe qui s'administre lui-même.

Comme les ordres monastiques, les chevaliers avaient une règle et un chef, et au sein de cette nouvelle organisation plus forte encore et plus serrée, ils déployaient avec plus d'énergie leurs qualités chevaleresques. Leur généreux mobile était la protection des faibles car à l'origine, ils furent institués essentiellement pour protéger les pèlerins en Terre Sainte, secourir le tombeau du Christ et garder les lieux saints. La Vierge Marie faisait pour eux l'objet d'un dévouement particulier. Les sentiments fondamentaux de la Chevalerie, soumis à cette nouvelle organisation puissante, eurent pour résultat la conquête des provinces et même des empires.

La Chevalerie religieuse a rendu de très importants services à la société. Par exemple, l'Ordre de Malte a protégé le commerce et la navigation en méditerranée pendant plus d'un siècle. Elle empêcha les Turcs de se précipiter sur l'Italie tandis que l'Ordre Teutonique subjugua les peuples barbares sur les bords de la Baltique. Eradiquant ainsi les terribles irruptions qui désolaient l'Europe entière. Les actions décisives de ces chevaliers, nous protégèrent des nouveaux Alarics et Attilas. En Espagne, en combattant les envahisseurs musulmans, les chevaliers ont rendu d'énormes services à l'Europe chrétienne, en arrêtant les conquêtes de l'islamisme. Les chevaliers chrétiens étaient des hommes de grand courage et détermination, qui allaient sans hésiter, là où le danger était le plus pressant. A l'exemple de Charles Martel, ils versèrent maintes fois leur sang contre le "Croissant". Ils sauvèrent grâce à leurs sacrifices, non seulement NOTRE pays mais encore la Civilisation chrétienne.
Chevalier du Temple

Chevalier du Temple
Titre du rang
Titre du rang

La Chevalerie et son idéal chrétien Noblee10
Messages : 1633
Date d'inscription : 07/01/2018
Localisation : New York USA

Revenir en haut Aller en bas

La Chevalerie et son idéal chrétien Empty Re: La Chevalerie et son idéal chrétien

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum