Les professeurs dénoncent l’abandon de leur hiérarchie avec le hashtag #pasdevague

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Message par Mabblavet le Lun 22 Oct 2018 - 18:57

Vu dans Le Figaro

REVUE DE TWEETS - À la suite de la diffusion d’une vidéo d’un lycéen braquant un professeur, les enseignants dénoncent en masse sur Twitter l’abandon de leur hiérarchie, face à la violence en milieu scolaire.

C’est le #MeToo des enseignants. Depuis quelques jours, le hashtag #Pasdevague a été relayé par des centaines de professeurs sur Twitter, dénonçant les violences dans les établissements et le manque de soutien de leur hiérarchie. Cet élan de protestation intervient après la diffusion d’une vidéo montrant un lycéen de Créteil braquant en pleine classe une arme sur son enseignante. Une arme qui était en réalité un pistolet à billes. Cette vidéo avait provoqué de nombreuses réactions politiques, et notamment celle du ministre de l’Éducation nationale dans un interview donné au Parisien.

Ils sont nombreux à condamner l’omerta entretenue selon eux par l’institution scolaire et les chefs d’établissement. Selon ces tweets, les élèves responsables de ces violences «sont rarement renvoyés», la direction reproche aux professeurs d’être «trop susceptibles», de «prendre les choses trop à cœur», ou de «ne pas avoir fait de rapport qui atteste des faits», empêchant toute mesure répressive.

Les enseignants déplorent aussi l’inefficacité des conseils de disciplines, lorsqu’ils ne sont pas évités à tout prix par leur hiérarchie. Le manque d’autorité dont font preuve les établissements est aussi imputé aux parents, nombreux selon ces enseignants, à s’offusquer des sanctions et à faire pression sur la direction ou l’équipe pédagogique.

Je suis pp 5ème, j'appelle les parents ou je mets des mots. Une mere "arretez de mettre des mots ou je porte plainte" une autre mere par texto: allez vous faire foutre, je vais vous défoncer si vous rappelez #PasDeVAgue
   — profdevieuxmots (@TeamLatinBlanqu) 22 octobre 2018

   Se faire insulter et menacer lors d'un RDV parent dont l'enfant a réalisé un délit ou être victime de chantage en pleine nuit par des parents.
   Si seulement on pouvait signaler le comportement hallucinant de quelques parents, l'autorité de l'enseignant serait restaurée#PasDeVague
   — Matthieu Fraysse (@Matfraysse) 22 octobre 2018

On m'a crache dessus et on m'a menacé de me "castagner A la sortie". Punition : aucune. Je porte plainte. CDE: "bon j'ai posé 3 jours d'exclusion, mais vous êtes dans le répressif, pas dans l'éducatif..." #pasdevague
   — profdevieuxmots (@TeamLatinBlanqu) 21 octobre 2018

Un élève de 4ème "légèrement" misogyne à une surveillante : "Toi, tu suces ma bite". Aucune exclusion prononcée, pas de conseil de discipline malgré demande de l'équipe enseignante. #PasDeVague
   — Prof ⎛⎝Anarazel⎠⎞ (@lphaweb) 21 octobre 2018

Ma collègue insultée de "sale pute" par un élève et qui demande une sanction auprès du principal, réponse de ce dernier : "Oh ! Vous êtes susceptible aussi !" #PasDeVague
— Nico (@nicornichette) 21 octobre 2018

Tant que les chefs d'établissement recevront leur prime en fonction du nombre de conseils de discipline qu'ils "réussissent" à éviter, on continuera le #PasDeVague !
— CNFA (@CNFA03) 21 octobre 2018

J'aurais aimé être soutenue lorsqu'une élève, il y a qqs années, m'a tapé dessus dans un couloir de mon établissement. Mais le conseil de discipline ne l'a pas même exclue. Et on m'a expliqué qu'il fallait prendre les choses moins à coeur. Voilà la réalité du terrain.#pasdevague https://t.co/ePEEDarko1
   — Maelita (@maelialc) 21 octobre 2018

Ce week-end, une enseignante de lettres-histoire en lycée professionnel dans l’académie Orléans-Tours a livré son témoignage au Figaro:
«Je vous passe les «salope», «pute», «connard/connasse», «sale prof» et autres gentillesses que j’entends régulièrement, contre moi ou mes collègues, mais surtout entre élèves».
Et de raconter de nombreux incidents qui ont émaillé sa carrière dans l’Éducation nationale (depuis 2014), dont celui-ci:
«Des élèves de seconde ont lancé des écrous contre le tableau pendant que j’écrivais. J’ai fait un rapport, écrous à l’appui. Le tableau porte encore le trou d’un des impacts quatre ans plus tard».

Autre anecdote livrée par l’enseignante:
Un élève de première m’a menacée, debout et front à front en pleine classe, de me «casser la gueule avec ses potes en sortant». Il a menacé de la même manière une élève qui prenait ma défense. Je lui avais demandé de se taire et de se tourner vers le tableau. Les parents de la jeune fille ont porté plainte et il a été exclu définitivement de l’établissement après un conseil de discipline.

Quand elle pense à démissionner, on lui conseille de «renforcer son autorité».

Interrogé sur BFM TV sur cette vague de témoignages, Jean-Michel Blanquer a assuré:
J’ai bien indiqué que ma philosophie était celle de la lucidité. Ma philosophie n’est pas le «pas de vague».
Il poursuit toujours à l’antenne:
Je sais bien qu’il y a des réalités qui sont parfois masquées dans la vie quotidienne de nos élèves ou de nos professeurs. Il est tout à fait normal qu’elles s’expriment. Ça ne me gêne pas qu’aujourd’hui des gens disent ce qui leur arrive sur le terrain. On se plaint suffisamment des effets négatifs des réseaux sociaux, pour ne pas se plaindre quand les réseaux sociaux permettent justement de prendre conscience d’un phénomène.

Après l’incident survenu dans le lycée de Créteil, le ministre de l’Éducation nationale a proposé quelques mesures concrètes. Un comité stratégique avec le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, devrait être organisé sur la question des violences en milieu scolaire. Jean Michel Blanquer appelle les chefs d’établissement à ne pas minimiser l’importance des conseils de disciplines. Ces derniers «doivent avoir lieu dès que nécessaire, confie-t-il au Parisien.
Trop longtemps, on a considéré que leur nombre était le reflet de la qualité de l’établissement, au risque de mettre des événements sous le tapis.

Malgré tout, il faudra sans doute du temps pour apaiser la colère qui monte du corps enseignant.

SOURCE : Le Figaro

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Message par Mabblavet le Mar 23 Oct 2018 - 12:34

Vu dans Le Figaro

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Violences à l’école: le témoignage choc d’une enseignante

VOS TÉMOIGNAGES - Ayant pris part au hashtag #PasDeVague dénonçant les violences à l’école, une enseignante a souhaité témoigner et réclamer le soutien des parents, des journalistes et des politiques.

L’heure est aux aveux. Les témoignages de professeurs pleuvent sur Twitter avec le hashtag #PasDeVague. La vidéo de l’enseignante braquée par un lycéen de Créteil a libéré ce qui semblait être une chape de plomb. C’est le cas de Marie (son prénom a été changé). Professeur de lettres-histoire en lycée professionnel depuis 2014, elle a écrit au Figaro afin de témoigner des violences qui ont émaillé sa carrière depuis 2014, année où elle a pris son premier poste. Pour elle, la fin des incivilités ne passera certainement pas par des portiques de sécurité, par des policiers devant les établissements ou par l’interdiction des téléphones portables. Ce qu’elle réclame? Le soutien de la société, pas moins. Nous lui laissons la parole.

« Les incivilités qui nous touchent sont les mêmes que celles qui visent pompiers ou policiers, fonctionnaires divers et variés, tous détenteurs supposés d’une «autorité» de la République qui n’est plus reconnue par certains. Je vous passe les «salope», «pute», «connard/connasse», «sale prof» et autres gentillesses que j’entends régulièrement, contre moi ou mes collègues, mais surtout entre élèves. Un jour, un élève de première m’a menacée, debout et front à front en pleine classe, de me «casser la gueule avec ses potes en sortant». Il a menacé de la même manière une élève qui prenait ma défense. Les parents de la jeune fille ont porté plainte, et il a été exclu définitivement de l’établissement après un conseil de discipline. »

« Une autre fois, des élèves de seconde ont lancé des écrous contre le tableau pendant que j’écrivais. J’ai fait un rapport, écrous à l’appui. Le tableau porte encore le trou d’un des impacts quatre ans plus tard. Quelques semaines plus tard, dans la même classe, c’est une balle de paintball qui a explosé contre le tableau, puis une bille de souris d’ordinateur (la grosse balle qui fait la roulette) qui m’a frôlé le visage. J’ai demandé à un CPE (conseiller principal d’éducation) de se déplacer, mais je n’ai eu qu’une AED (assistante d’éducation). Mes collègues ont dû intervenir pour que le CPE, puis la principale adjointe se déplacent et constatent les dégâts.»

« Ce n’est pas fini. Le chef d’établissement a demandé aux élèves d’écrire une lettre de dénonciation afin que l’élève ou les élèves coupables soient punis. Aucun ne l’a fait. Enfin, j’ai dû faire une heure de cours en plus pour rattraper celui qui avait été perturbé. Quand j’ai pensé démissionner, on m’a conseillé de renforcer mon autorité.»

« Nous avons changé de proviseur adjoint en 2015-2016. Un jour, un élève de terminale a attrapé puis renversé le bureau (alors que j’y étais assise), car je ne voulais pas lui rendre une feuille. Ses camarades l’ont ceinturé le temps que je sorte chercher un surveillant. L’élève a été sorti de ma classe et emmené dans le bureau du chef d’établissement. Il a été finalement exclu définitivement pour avoir insulté et menacé le CPE (et son adjoint) dans son bureau. »

« Ces violences nous laissent tremblant, seuls, et nous font parfois regretter notre choix de devenir enseignant. Le problème est que ces actes semblent banalisés par notre société. Ils ne font l’objet que de quelques lignes en rubrique «faits divers» des journaux. »

« Les médias vont encore dire nous sommes mal formés. On va nous reprocher d’être incapable de tenir nos classes de «petits chenapans» un peu trop joueurs, que nous sommes des fonctionnaires trop payés, avec trop d’avantages et trop de vacances...»

« Nous souhaitons témoigner pour nous, nos collègues mais aussi et surtout pour la majorité silencieuse des élèves tranquilles, gentils, timides, harcelés, humiliés, battus, que nous ne pouvons pas défendre contre quelques-uns qui ne respectent plus rien ni personne. Nous nous battons pour ces élèves qui font notre joie, notre bonheur, qui nous rappellent pourquoi nous sommes devenus enseignants. »

« Nous souhaitons témoigner, montrer la réalité de nos conditions de travail, provoquer un sursaut chez ceux qui nous insultent et finalement le réveil de chefs d’établissement, d’inspecteurs, de recteurs, de notre ministère et de notre gouvernement qui, à leur manière, semblent fermer les yeux au profit de leur carrière ou au nom de la rentabilité. Nous souhaiterions simplement ne plus être traités de fainéants, de profiteurs ou autres adjectifs péjoratifs par des parents d’élèves, des amis, des voisins ou des inconnus simplement parce que nous sommes profs. Car si certains de nos élèves ne nous respectent pas ou plus, c’est à cause de l’image du professeur qui est renvoyée par la société.

La fin des incivilités ne passera certainement pas par des portiques de sécurité, par des policiers devant les établissements ou par l’interdiction des téléphones portables. Nous n’en avons pas besoin. Nous avons simplement besoin de soutien. Le soutien des parents, des citoyens, des journalistes et des politiques. Juste pour faire notre travail: offrir un enseignement à tous les enfants».

SOURCE : Le Figaro
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