Le théâtre occidental

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Message par Prince de Talmont le Dim 2 Déc 2018 - 15:51

Que des créatures de cour aient été séduites par le démon Voltaire ne l'excuse en rien.
Qu'il ait choisit d'accabler l'islam pour frapper, par analogie, l'Eglise, tel l'hypocrite Montesquieu et ses lettres persanes pour flétrir Louis XIV, n'en fait pas davantage un noble redresseur de tort.
Vous-même êtes sous son empire semble-t-il.
"priez, priez, il en restera toujours quelque chose" voilà le seul vœu que je formule à votre encontre.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 2 Déc 2018 - 18:33

@Prince de Talmont a écrit:Que des créatures de cour aient été séduites par le démon Voltaire ne l'excuse en rien.
Qu'il ait choisit d'accabler l'islam pour frapper, par analogie, l'Eglise, tel l'hypocrite Montesquieu et ses lettres persanes pour flétrir Louis XIV, n'en fait pas davantage un noble redresseur de tort.
Vous-même êtes sous son empire semble-t-il.
"priez, priez, il en restera toujours quelque chose" voilà le seul vœu que je formule à votre encontre.

Prince de Talmont, vos propos à mon égard qui suis un chrétien, sont ce qu'il y a de plus insultant... << Vous-même êtes sous son empire semble-t-il. >> Ce n'est pas avec des "semble-t-il" que vous allez aller loin, mon cher Talmont. Je constate que vous n'avez pas pris compte de mes quelques lignes d'introduction... << Ce n'est pas du tout mon intention de faire la promotion et l'éloge de Voltaire sur ce forum Royaliste. Mais étant donné que Voltaire fut un auteur dramatique, que toute sa vie il a écrit pour le théâtre, que partout où il s'est trouvé il a organisé un théâtre, qu'il a fait jouer et joué lui-même ses pièces, il me semble qu'il est incontournable. J'espère que vous en conviendrez. >>

Pensez-vous qu'en tant que chrétien j'aie oublié que le Patriarche de Ferney a été le principal démolisseur de l'ordre chrétien au XVIIIe siècle ? Qu'est-ce qui peut bien vous faire penser que je serais sous l'empire d'un homme qui a employé tout son crédit à dénigrer le christianisme, criblé la religion catholique de ses traits acérés, ridiculisé ses dogmes, caricaturé les livres saints, s'est évertué à détruire de fond en comble les croyances chrétiennes ? Partout où il est passé, Voltaire a semé le doute et l'impiété. Il a souillé la morale, la religion que le patriotisme. Non, Prince de Talmont, un écrivain sans pudeur qui a insulté Jeanne d'Arc, la Sainte de la Patrie, et couvert de ses viles flatteries le vainqueur de la France, Frédéric II, pour la bataille de Rossbach, ne peut avoir une place dans mon coeur. Seulement voila, je ne suis pas du genre à brûler les livres et à réécrire l'Histoire. Je traite ici du théâtre au XVIIIe siècle et il se trouve que Voltaire fut un auteur dramatique au théâtre, il est donc incontournable. Comment aborder cette période de l'histoire du théâtre, sans y introduire cet homme de théâtre, même s'il fut un redoutable ennemi du catholicisme et une intelligence au service de la perversité ?

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Dim 2 Déc 2018 - 20:02

Voltaire, un auteur dramatique??? Il n'a eu de cesse d'écrire contre Dieu. Vous êtes bien candide, face à ce Léviathan au service de l'Angleterre...

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 2 Déc 2018 - 20:55

@Henryk a écrit:Voltaire, un auteur dramatique??? Il n'a eu de cesse d'écrire contre Dieu. Vous êtes bien candide, face à ce Léviathan au service de l'Angleterre...

Henryk, je pense m'être exprimer clairement sur mes sentiments envers ce fils de Satant que fut Voltaire. Maintenant, n'oubliez pas que nous parlons de théâtre et que si Voltaire fut un poète, un historien, un romancier et pamphlétaire, il fut également un auteur dramatique pour le théâtre. D'ailleurs, un de ses projets était de renouveler la tragédie en la dépaysant.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Dim 2 Déc 2018 - 20:59

Il délocalisait déjà, sans doute pour des arpents de neige, chevalier???

Un voleur de terre ne peut prendre que celles des paysans...

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 2 Déc 2018 - 21:43

@Henryk a écrit:Il délocalisait déjà, sans doute pour des arpents de neige, chevalier???

Un voleur de terre ne peut prendre que celles des paysans...

La colonie française de la Nouvelle France faisait souvent l'objet des sarcasmes de Voltaire. Pour lui, le Canada n'était qu'une terre glacée de peu de valeur. Son simplisme était probablement le fait de son manque de connaissance de ces terres immenses et de ses ressources. C'était un homme intelligent mais tellement complexe et contradictoire, aussi bien moralement qu'intellectuellement.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 3 Déc 2018 - 15:50

Au dix-huitième siècle, pendant que le drame exaltait les vertus des humbles, la tragédie ne s'attaquait plus au vice, mais aux préjugés. Elle traitait des grandes questions métaphysiques dans le sens voltairien. La comédie s'appliquait surtout à démolir par le ridicule ce qui restait des anciennes institutions. Le plus redoutable de ces destructeurs fut Beaumarchais.

Beaumarchais était beaucoup plus homme d'affaires qu'homme de lettres. C'était un homme d'intrigue qui connut aussi bien le succès que l'infortune. Comme son << Figaro >> il fit pratiquement tous les métiers. Polémiste redoutable, il devint un grand auteur de comédies, habile dans l'art du dialogue et de l'intrigue, mais aussi dans la satire politique et sociale à travers le personnage de Figaro. A noter que Figaro est un valet débrouillard qui conteste le pouvoir de son maître.

Au théâtre, Beaumarchais commença à donner des pièces médiocres, mais aussi deux chefs-d'oeuvre inoubliables << Le Barbier de Séville >> et << Le Mariage de Figaro >>. Le Barbier était un sujet que Molière avait déjà traité dans "L'Ecole des femmes" mais "Le Mariage de Figaro" avait une autre portée : Figaro était un homme du peuple, le valet qui connaît le monde aristocratique et en a mesuré la corruption. Il se dresse en face du comte Almaviva et entreprend contre lui une lutte d'où il sort vainqueur, parce qu'il a raison et qu'il a de l'esprit. Mais par-dessus la tête du comte, c'est toute la noblesse qu'il vise et qu'il atteint par des traits mordants qui frappent au bon endroit. Pour que personne ne puisse se méprendre sur sa pensée, Figaro dans un long monologue, dans une confession satirique, raconte sa vie de misère et accuse nettement l'institution sociale.

On comprend pourquoi la censure a empêché pendant plusieurs années la représentation d'une pareille pièce. Ce qui est plus difficile à comprendre, c'est le succès inouï que rencontra "Le Mariage de Figaro" dans un monde que Beaumarchais bafouait ouvertement. D'ailleurs, Beaumarchais avait pour habitude de dire << Il y a quelque chose de plus fou que ma pièce, c'est son succès >>.

Assurément, cette société frivole du dix-huitième siècle, amie du plaisir et de l'esprit était charmée par la verve endiablée de Figaro ; mais en applaudissant les traits qui atteignaient tous ses privilèges, elle montrait qu'elle était mûre pour la Révolution. La comédie avait fait du chemin depuis Molière ; le théâtre était devenu une tribune et une force de destruction sociale.


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Re: Le théâtre occidental

Message par Prince de Talmont le Lun 3 Déc 2018 - 18:37

Veuillez m'excuser si je vous ai heurté Chevalier du Temple, j'étais étonné que vous sembliez apprécier cet homme, mais je vois que vous êtes au moins lucide sur ses plus sombres facettes.

@Chevalier du Temple a écrit: il fut également un auteur dramatique pour le théâtre.

Disons qu'il fut un auteur et un penseur dramatique.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 3 Déc 2018 - 19:17

@Prince de Talmont a écrit:Veuillez m'excuser si je vous ai heurté Chevalier du Temple, j'étais étonné que vous sembliez apprécier cet homme, mais je vois que vous êtes au moins lucide sur ses plus sombres facettes.

@Chevalier du Temple a écrit: il fut également un auteur dramatique pour le théâtre.

Disons qu'il fut un auteur et un penseur dramatique.

Prince de Talmont, seul un homme bien et honorable comme vous, aurait le courage de reconnaître ses torts. Sachez que j'apprécie votre démarche de faire amende honorable. Votre geste chevaleresque ne fait qu'accroître mon capital d'estime et de sympathie envers vous. Une chose est certaine, les excuses ont la capacité d'empêcher d'autres malentendus. Veuillez je vous prie garder à l'esprit que, je n'ai aucune sympathie pour les détracteurs de la Sainte Eglise, la Révolution bourgeoise de 1789 ainsi que les révolutionnaires sanguinaires et autres coupeurs de têtes.

Prince de Talmont vous avez toute mon amitié.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Lun 3 Déc 2018 - 23:18

@Chevalier du Temple a écrit:
@Henryk a écrit:Il délocalisait déjà, sans doute pour des arpents de neige, chevalier???

Un voleur de terre ne peut prendre que celles des paysans...

La colonie française de la Nouvelle France faisait souvent l'objet des sarcasmes de Voltaire. Pour lui, le Canada n'était qu'une terre glacée de peu de valeur. Son simplisme était probablement le fait  de son manque de connaissance de ces terres immenses et de ses ressources. C'était un homme intelligent mais tellement complexe et contradictoire, aussi bien moralement qu'intellectuellement.


S'il y avait que celle de la nouvelle France... Ces traîtres spéculateurs, qui vont faire les candides à Londres ou à New-york, en habit de pauvres...

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Lun 3 Déc 2018 - 23:23

Mieux vaux un arpent de neige qu'un serpent de glace...

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mar 4 Déc 2018 - 17:44

La Reine Marie-Antoinette était passionnée par le théâtre.

En 1775, elle fit construire dans la galerie du Grand Trianon un théâtre provisoire. Au printemps suivant, elle demanda le transfert vers l'orangerie du Petit Trianon. En 1776, on y donna une représentation à laquelle assista le bon roi Louis XVI et ses frères. La Comédie française participait à cette représentation.

En 1777, Marie-Antoinette donna l'ordre de lui proposer un nouveau projet de théâtre. Le projet de Gabriel inspiré de la salle du château de Choisy fut adopté. Les travaux commencèrent en 1778 et une première représentation fut donnée en 1780. Sur insistance de la Reine, l'entreprise se voulait privée et la troupe se limitait à quelques membres de la famille royale ou intimes de la cour. On nommait cette troupe << la troupe des seigneurs >>.

Ces spectacles auxquels assistait assidûment Louis XVI se voulaient avant tout un divertissement et se poursuivaient après neuf heures du soir par un souper de la famille royale. Il s'agissait d'un théâtre moderne où l'on jouait des pièces et de la musique modernes. La Reine aimait chanter sur scène d'une voix juste et fraîche, nous dit-on. A noter que la troupe des seigneurs ne donnait guère qu'une seule représentation par an.

Le dernier rôle de Marie-Antoinette fut celui de Rosine, dans << Le Barbier de Séville >>, lors de la représentation du 15 septembre 1785 à laquelle assista l'auteur, le sulfureux Beaumarchais.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 7 Déc 2018 - 4:29

Après l'ouverture en 1763 du théâtre de la Gaité sur le boulevard du Temple à Paris, une douzaine de "Petits théâtres" et salles de spectacles supplémentaires commençèrent à braver le monopole de grandes salles des théâtres de l'Opéra, des Italiens et de la Comédie française, puis en 1782 du théâtre de l'Odéon. Les théâtres privés de quelques nobles amateurs et fortunés, fleurissent dans le centre de Paris, autour du Palais Royal et des grands boulevards, à partir de 1769. En moins de dix ans, près de vingt cinq nouveaux théâtres furent créés à Paris, après que le Théâtre Feydeau, autorisé par privilège du roi Louis XVI, ait été construit en 1790.

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Re: Le théâtre occidental

Message par alerion le Ven 7 Déc 2018 - 8:43

@Chevalier du Temple, merci pour toutes ces contributions qui, en plus d'être intéressantes, montrent votre connaissance très sûre du sujet (le théâtre)

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 7 Déc 2018 - 13:25

alerion, MERCI pour votre appréciation et l'intérêt que vous portez pour mon sujet sur le théâtre. C'est très encourageant.

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Re: Le théâtre occidental

Message par alerion le Ven 7 Déc 2018 - 14:01

le XVIIIème siècle est un siècle que je connais moins, au théâtre, (sauf les plus connus, y compris le Voltaire dramaturge - que j'apprécie beaucoup) et j'ai été ravi de lire les différentes contributions que vous avez données; vos sources, bien qu'anciennes, sont sûres : les universitaires au XIXème siècle ont dépouillé quantité d'archives! la critique littéraire (au gré des modes) s'est ensuite orientée dans d'autres voies....

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 7 Déc 2018 - 15:48

alerion, dans le théâtre du dix-huitième siècle, on trouve des nouvelles idées, l'écho des haines et des calomnies de ce temps ainsi que les orages et les convulsions. C'est le siècle des philosophes et la philosophie pénètre dans le théâtre, lequel suit les réflexions des philosophes et devient une arme de réflexion et de contestation. Tout contribuait à faire de la scène une tribune. Les pièces de Voltaire, Beaumarchais et Marivaux dénoncent l'intolérance et les injustices.

Le caractère militant du théâtre du dix-huitième siècle, véritable complicité de l'art dramatique et de la philosophie, a contribué à exciter les esprits et à répandre les idées nouvelles. Donc, à préparer la Révolution de 1789. Jamais le goût du théâtre n'avait été plus vif ni plus répandu, c'était une véritable passion, et l'âge d'or des spectacles en France.
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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 10 Déc 2018 - 2:42

Au dix-neuvième siècle, tout ce qui a été pensé au dix-huitième siècle est remis en cause. Le théâtre est engagé, il reflète la vie politique et sociale de l'époque et en dénonce les abus.

Le drame romantique fait son apparition, il est théorisé par Victor Hugo dans la Préface de << Cromwell >> en 1827 : liberté totale de l'invention et de la forme théâtrale.

L'union du mélodrame  et de la tragédie historique est l'origine du théâtre romantique. C'est un théâtre historique où se mêlent, le tragique, le pathétique, et le comique. Il représente le monde dans sa totalité et se veut d'émouvoir le spectateur.

Pendant une douzaine d'années on assiste à une magnifique éclosion de drames. Victor Hugo fait jouer ses drames historiques en vers, et ses mélodrames en prose, Alfred de Vigny son drame historique, ses comédies, et son drame philosophique, Alexandre Dumas ses mélodrames, Alfred de Musset publie ses pièces pénétrées de poésie. Dans l'histoire de notre théâtre, il n'y a pas de période plus éclatante.

En 1830, << Hernani >> de Victor Hugo va donner lieu à des confrontations entre modernes et classiques. Il faut dire que cette pièce avait été conçue comme une pièce de combat, pour exaspérer les classiques. Le soir de la première représentation, les partisans de Victor Hugo acclamèrent la pièce tandis que les partisans des classiques sifflaient. Heureusement pour Victor Hugo, lors de cette représentation se trouvaient dans la salle, Balzac, Dumas, Berlioz, Gautier et Nerval, lesquels, en acclamant la pièce étouffèrent toute critique.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 10 Déc 2018 - 12:30

La meilleure manière de comprendre le drame romantique dans ses caractères originaux, c'est de le comparer à la tragédie classique, en se souvenant que le parallèle ne saurait être rigoureux et que restent en dehors de ses limites telle tragédie classique, comme une grande partie du théâtre de Musset.

Le drame romantique est un drame historique. Il prétend ressusciter le passé, l'amener à revivre sa vie sous nos yeux. Les classiques, eux aussi, prennent leurs sujets dans l'histoire, mais les romantiques demandent à l'histoire un décor, une couleur conventionnelle éclatante.

Dans le drame romantique l'action est constitutée par le déroulement des évènements représentés, par les déroulements inattendus que l'auteur introduit dans leur trame tandis que chez les classiques, l'action est constitutée par la vie intérieure des âmes que les évènements extérieurs sollicitent ou contrarient.

Si le drame romantique est une histoire, la vie des passions est la matière de la tragédie classique. La tragédie classique qui est une crise, condamne le mélange des genres. Elle a pour substance un moment psychologique, elle étudie les ressorts des consciences, étale les motifs d'agir, dont l'opposition et les batailles sont la vie du drame. Le drame romantique est d'abord un spectacle qui s'adresse aux yeux et la tragédie classique est d'abord une étude de vie intérieure qui s'adresse à l'intelligence.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Jeu 13 Déc 2018 - 2:15

Dans les années 1830-1840, le drame bourgeois ou la pièce d'intrigue est popularisé par Eugène Scribe. Proche du mélodrame, ce genre utilise certains ressorts, comme le retournement de situation, le quiproquo et le suspense. Marqué par le réalisme et influencé par un esprit moralisant, il représente les réalités et les questions sociales de l'époque.

Le mélodrame inspire les larmes, il est fait d'intrigues tumultueuses qui reposent sur le conflit entre le bon et le méchant, le héros triomphant de tous les obstacles. L'action est conçue autour d'une succession de péripéties et de rebondissements spectaculaires. A noter que le plus connu des auteurs de mélodrames est René Guilbert de Pixérécourt.
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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 15 Déc 2018 - 6:12

Le Vaudeville se développe sous le Second Empire, c'est une comédie populaire légère fondée sur un comique de situations. C'est un genre théâtral jovial caractérisé par une action pleine de rebondissements licencieux. L'argument le plus caricatural du Vaudeville est l'adultère, et les trois personnages essentiels sont le mari, la femme et l'amant.

Eugène Labiche qui portait un regard critique et amusé sur les travers de la petite bourgeoisie, fit évoluer le Vaudeville en imposant un rythme endiablé, les quiproquos, les jeux de mots et les péripéties.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 15 Déc 2018 - 10:13

Le théâtre oriental dans une certaine maison en Israël:

Judas arrive à la nuit à la maison de campagne de Caïphe. Mais il y a la lune qui se fait complice de l'assassin en éclairant la route. Il doit être bien sûr de trouver là, dans cette maison hors les murs, ceux qu'il cherchait, car je pense qu'autrement il aurait cherché à entrer dans la ville et serait allé au Temple. Au contraire, il monte avec assurance à travers les oliviers de la petite colline et il est plus sûr de lui que l'autre fois. C'est qu'il fait nuit et les ombres et l'heure le protègent de toute surprise possible. Les chemins de la campagne sont déserts désormais, après avoir été parcourus toute la journée par les foules de pèlerins qui vont à Jérusalem pour la Pâque. Les pauvres lépreux eux-mêmes sont dans leurs cavernes et dorment leur sommeil de malheureux oublieux pour quelques heures de leur sort.      

Voilà Judas à la porte de la maison toute blanche au clair de lune. Il frappe : trois coups, un coup, trois coups, deux coups... C'est qu'il connaît à merveille le signe conventionnel !

Et ce doit être vraiment un signal sûr car la porte s'entrouvre sans que le portier jette au préalable un coup d'œil par l'ouverture pratiquée dans la porte.        

Judas se glisse à l'intérieur et au portier qui lui rend honneur et demande : "L'assemblée est réunie ?"      

"Oui, Judas de Kériot. Au complet, pourrais-je dire."

"Conduis-moi. Je dois parler de choses importantes. Vite !"  

L'homme ferme la porte avec tous les verrous et il le précède par le couloir presque sombre, et s'arrête devant une lourde porte à laquelle il frappe. Le bruit des voix cesse dans la pièce fermée, remplacé par le bruit de la serrure et le grincement de la porte qui s'ouvre en projetant un cône de lumière vive dans le couloir obscur. "Toi ? Entre !" dit celui qui a ouvert la porte et que je ne connais pas.          

Et Judas entre dans la salle alors que celui qui a ouvert ferme de nouveau à clef.    

Il y a un mouvement de stupeur, ou du moins d'agitation, quand ils voient entrer Judas. Mais ils le saluent en chœur : "Paix à toi, Judas de Simon."  

"Paix à vous, membres du Sanhédrin saint" répond Judas.  

"Avance. Que veux-tu ?" lui demandent-ils.  

"Vous parler... Vous parler du Christ. Il n'est plus possible de continuer ainsi. Je ne peux plus vous aider si vous ne vous décidez pas à prendre des décisions extrêmes. L'homme soupçonne désormais."        

"Tu t'es fait découvrir, sot ?" interrompent-ils.          

"Non. C'est vous qui êtes sots, vous qui par une hâte stupide avez fait de fausses manœuvres. Vous le saviez bien que je vous aurais servis ? Vous ne vous êtes pas fiés à moi."            

"Tu as la mémoire courte, Judas de Simon ! Ne te rappelles-tu pas comment tu nous as quittés la dernière fois ? Qui pouvait penser que tu nous étais fidèle, à nous, quand tu as proclamé de cette façon que Lui, tu ne pouvais pas le trahir ?" dit Elchias plus ironique, plus serpentin que jamais.    

"Et vous croyez qu'il est facile de tromper un ami, le Seul qui m'aime vraiment, l'Innocent ? Vous croyez qu'il est facile d'arriver au crime ?" Judas est déjà agité.          

Ils cherchent à le calmer et le flattent. Ils le séduisent, ou du moins essaient de le faire, en lui faisant observer que son crime n'en est pas un "mais une œuvre sainte envers la Patrie, à laquelle il évite des représailles de la part de ceux qui la dominent, et qui déjà donnent des signes de mécontentement pour ces continuelles agitations et ces divisions de partis et de foules dans une province romaine, et envers l'Humanité, s'il est vraiment convaincu de la nature divine du Messie et de sa mission spirituelle."            

"Si ce qu'il dit est vrai, loin de nous de le croire, n'es-tu pas le collaborateur de la Rédemption ? Ton nom sera associé au sien au cours des siècles, et la Patrie te comptera parmi ses preux, et t'honorera des charges les plus hautes. Un siège est tout prêt pour toi parmi nous.  
     
Tu monteras, Judas. Tu donneras des lois à Israël. Oh ! nous n'oublierons pas ce que tu as fait pour le bien du Temple sacré, du Sacerdoce sacré, pour la défense de la Loi très sainte, pour le bien de toute la Nation ! Aide-nous seulement et ensuite, nous te le jurons, je te le jure au nom de mon puissant père et de Caïphe qui porte l'éphod, tu seras l'homme le plus grand d'Israël, plus que les tétrarques, plus que mon père lui-même, désormais pontife déposé.
Comme un roi, comme un prophète tu seras servi et écouté. Que si ensuite Jésus de Nazareth n'était qu'un faux Messie, même si en réalité il n'était pas passible de mort parce que ses actions ne sont pas d'un larron mais d'un fou, voilà que nous te rappelons les paroles inspirées du pontife Caïphe, tu sais que celui qui porte l'éphod et le rational parle par suggestion divine et prophétise ce qui est bien et ce qu'il faut faire pour le bien, Caïphe, t'en souviens-tu ? Caïphe a dit : "Il est bien qu'un homme meure pour le peuple et que toute la Nation ne périsse pas". C'était une parole de prophétie."            

"En vérité, il était prophète. Le Très-Haut a parlé par la bouche du Grand Prêtre. Qu'il soit obéi !" disent en chœur, déjà théâtraux et semblables à des automates qui doivent faire des gestes donnés, ces hideuses marionnettes que sont les membres du grand conseil du Sanhédrin. Judas est suggestionné, séduit... mais un reste de bon sens, sinon de bonté, subsiste encore en lui et le retient de prononcer les paroles fatales.  

L'entourant avec respect, avec une affection simulée, ils le pressent: "Tu ne nous crois pas ? Regarde : nous sommes les chefs des vingt-quatre familles sacerdotales, les Anciens du peuple, les scribes, les plus grands pharisiens d'Israël, les rabbis sages, les magistrats du Temple. L'élite d'Israël est ici, autour de toi, prête à t'acclamer, et qui te dit d'une seule voix : "Fais cela que c'est saint".  

"Et Gamaliel, où est-il ? Et Joseph et Nicodème, où sont-ils ? Et Éléazar, l'ami de Joseph, et Jean de Gaas ? Je ne les vois pas."        

"Gamaliel est en grande pénitence, Jean auprès de sa femme enceinte et souffrante ce soir. Eléazar... nous ne savons pas pourquoi il n'est pas venu. Mais un malaise peut frapper n'importe qui et à l'improviste, n'est-ce pas ? Pour ce qui est de Joseph et de Nicodème nous ne les avons pas avisés de cette séance secrète, par amour pour toi, par souci de ton honneur... Pour que, dans le cas malheureux où la chose échouerait, ton nom ne soit pas rapporté au Maître... Nous protégeons ton nom, nous t'aimons Judas, nouveau Maccabée, sauveur de la Patrie."          

"Le Maccabée combattait le bon combat. Moi... je commets une trahison."    

"Ne regarde pas les détails de l'acte, mais la justice du but. Parle toi, ô Sadoc, scribe d'or. De ta bouche coulent de précieuses paroles. Si Gamaliel est docte, toi tu es sage, car sur tes lèvres se trouve la sagesse de Dieu. Parle toi à celui qui hésite encore."  

Cette bonne peau de Sadoc s'avance et avec lui Canania tout décrépit : un renard squelettique et mourant à côté d'un rusé chacal robuste et féroce.    

"Écoute, ô homme de Dieu !" commence pompeusement Sadoc en prenant une pose inspirée et oratoire, le bras droit levé en un geste cicéronien, le gauche occupé à soutenir tout cet encombrement de plis que forme son habit de scribe. Et puis il lève aussi le bras gauche, laissant son vêtement monumental perdre ses plis et se mettre en désordre et ainsi, le visage et les bras levés vers le plafond de la pièce, il tonne : "Moi, je te le dis ! Je te le dis devant la Très Haute Présence de Dieu !"    

"Maran-Atà!" font tous écho en se courbant comme si un souffle d'en haut les courbait et puis se relevant les bras croisés sur la poitrine.        

"Moi, je te le dis : c'est écrit dans les pages de notre histoire et de notre destin ! C'est écrit dans les signes et les figures laissés par les siècles ! C'est écrit dans le rite qui n'a pas cessé depuis la nuit fatale aux Égyptiens ! C'est écrit dans la figure d'Isaac ! C'est écrit dans la figure d'Abel ! Et que ce qui est écrit se réalise."      

"Maran-Atà !" disent les autres dans un chœur assourdi et lugubre, suggestionnant, avec les gestes déjà faits, les visages bizarrement frappés par la lumière des deux lampadaires allumés aux extrémités de la salle, aux micas violet pâle, qui émanent une lumière fantasmagorique. Et cette assemblée d'hommes presque tous vêtus de blanc, avec les couleurs pâles et olivâtres de leur race rendues encore plus pâles et plus olivâtres par la lumière diffuse, semble vraiment une assemblée de spectres.          

"La parole de Dieu est descendue sur les lèvres des prophètes pour marquer ce décret. Il doit mourir ! C'est dit !"        

"C'est dit ! Maran-Atà !"        

"Il doit mourir, et son sort est marqué !"        

"Il doit mourir. Maran-Atà !"  

"Dans les plus minutieux détails est décrit son destin fatal, et on ne brise pas la fatalité !"

Haut de page          

"Maran-Atà !"    

"Est indiqué jusqu'au prix symbolique qui sera versé à celui qui se fait l'instrument de Dieu pour la consommation de la promesse."  

"C'est indiqué ! Maran-Atà !"

"Comme Rédempteur, ou comme faux prophète, il doit mourir !"      

"Il doit mourir ! Maran-Atà !"  

"L'heure est venue ! Jéhovah le veut ! J'entends sa voix ! Elle crie : "Que cela s'accomplisse" !"    

"Le Très-Haut a parlé ! Que cela s'accomplisse ! Que cela s'accomplisse ! Maran-Atà !"

"Que le Ciel te donne le courage comme Il en a donné à Jahel et à Judith, qui étaient des femmes et surent être des héros; comme Il en a donné à Jephté qui, étant père, sut sacrifier sa fille à la Patrie; comme Il en a donné à David contre Goliath, et a accompli le geste qui rendra Israël éternel dans le souvenir des peuples !"  

"Que le Ciel te donne le courage ! Maran-Atà !"        

"Que tu sois victorieux !"      

"Que tu sois victorieux ! Maran-Atà !"            

S'élève la voix éraillée et sénile de Canania; "Celui qui hésite devant l'ordre sacré est condamné au déshonneur et à la mort !"      

"Il est condamné. Maran-Atà !"          

"Si tu ne veux pas écouter la parole du Seigneur ton Dieu, et si tu n'agis pas selon son commandement, en faisant ce qu'il t'ordonne par notre bouche, que toutes les malédictions tombent sur toi !"    

"Toutes les malédictions ! Maran-Atà !"        

"Que le Seigneur te frappe par toutes les malédictions mosaïques[4] et te disperse parmi les nations."      

"Qu'il te frappe et te disperse ! Maran-Atà !"  

Un silence de mort suit cette scène suggestionnante... Tout s'immobilise dans une immobilité effrayante.          

Finalement, voilà la voix de Judas qui s'élève, et j'ai du mal à la reconnaître tellement elle est changée : "Oui, je le ferai. Je dois le faire. Et je le ferai. Déjà la dernière partie des malédictions mosaïques me concerne et j'en dois sortir car j'ai déjà trop tardé. Et je deviens fou n'ayant ni trêve ni repos, et le cœur effrayé, et les yeux égarés, et l'âme consumée par la tristesse. Tremblant d'être découvert et foudroyé par Lui dans mon double jeu —car je ne sais pas, je ne sais pas jusqu'à quel point il connaît ma pensée — je vois ma vie suspendue à un fil, et matin et soir je demande d'en finir avec cette heure à cause de l'épouvante qui me serre le cœur. À cause de l'horreur que je dois accomplir. Oh ! hâtez cette heure ! Tirez-moi de l'angoisse qui m'étreint ! Que tout s'accomplisse. Tout de suite ! Maintenant ! Et que je sois délivré ! Allons !"

La voix de Judas s'est affermie et est devenue forte à mesure qu'il parlait. Ses gestes, d'abord automatiques et incertains comme ceux d'un somnambule, sont devenus libres, volontaires. Il se redresse de toute sa taille, en prenant une beauté satanique, et il crie : "Que tombent les liens d'une folle terreur ! Je suis délivré d'une sujétion effrayante. Christ ! Je ne te crains plus et je te livre à tes ennemis ! Allons !" Un cri de démon victorieux, et réellement il se dirige hardiment vers la porte.          

Mais ils l'arrêtent : "Doucement ! Réponds-nous : où est Jésus de Nazareth ?"          

"Dans la maison de Lazare, à Béthanie."      

"Nous ne pouvons pas entrer dans cette maison bien défendue par des serviteurs fidèles. Maison d'un favori de Rome. Nous irions au-devant d'ennuis certains."        

"À l'aurore, nous venons dans la ville. Mettez les gardes sur la route de Bethphagé, faites du tumulte et saisissez-le."  

"Comment sais-tu qu'il vient par cette route ? Il pourrait aussi prendre l'autre..."        

"Non. Il a dit à ceux qui le suivent qu'il la prendra pour entrer dans la ville par la porte d'Éphraïm et de l'attendre près de En Rogel. Si vous le prenez avant..."        

"Nous ne pouvons pas. Nous devrions entrer dans la ville avec Lui au milieu des gardes et tous les chemins qui conduisent aux portes, et toutes les rues de la ville sont pleines de la foule depuis l'aube jusqu'à la nuit. Il y aurait du tumulte et cela ne doit pas arriver."  

"Il montera au Temple. Appelez-le pour l'interroger dans une salle. Appelez-le au nom du Grand Prêtre. Il viendra car il a plus de respect pour vous que pour sa vie. Une fois qu'il est seul avec vous... vous aurez bien manière de l'amener en lieu sûr et de le condamner à l'heure favorable."    

"Il y aurait également du tumulte. Tu devrais t'en être aperçu que la foule est fanatique pour Lui. Et ce n'est pas seulement le peuple, mais aussi les grands et les espoirs d'Israël. Gamaliel perd ses disciples et de même Jonatas ben Uziel et d'autres parmi nous, et tous nous quittent séduits par Lui. Et même les gentils le vénèrent, ou le craignent, ce qui est déjà de la vénération, et ils sont prêts à se révolter contre nous si nous le malmenons.

Par ailleurs, certains larrons, que nous avions payés pour faire les faux disciples et provoquer des rixes, ont été arrêtés et ils ont parlé espérant la clémence à cause de leurs délations, et le Préteur sait... Tout le monde le suit alors que nous ne concluons rien. Mais il faut agir avec finesse pour que les foules ne s'en aperçoivent pas."

"Oui, c'est ce qu'il faut faire ! Anna aussi le recommande. Il dit : "Que cela n'arrive pas pendant la fête et qu'il ne naisse pas de tumulte parmi le peuple fanatique". C'est ce qu'il a décidé, en donnant des ordres même pour qu'il soit traité avec respect dans le Temple et ailleurs, et qu'il ne soit pas molesté afin de pouvoir le tromper."        

"Et alors, que voulez-vous faire ? Moi, j'étais bien disposé cette nuit, mais vous hésitez..." dit Judas.    

"Voilà : tu devrais nous amener à Lui à une heure où il est seul. Tu connais ses habitudes. Tu nous as écrit qu'il te garde près de Lui plus que tous. Tu dois donc savoir ce qu'il veut faire. Nous serons toujours prêts. Quand tu jugeras favorable l'heure et le lieu, viens, et nous viendrons."      

"C'est dit. Et quelle compensation en aurai-je ?" Désormais Judas parle froidement comme s'il s'agissait d'un commerce quelconque.    

"Ce qui est dit par les prophètes, pour être fidèle à la parole inspirée : trente deniers..."

"Trente deniers pour tuer un homme, et cet Homme ? Le prix d'un agneau ordinaire en ces jours de fête ? ! Vous êtes fous ! Non que j'aie besoin d'argent. J'en ai une bonne provision. Ne pensez donc pas me persuader par besoin d'argent. Mais c'est trop peu pour payer ma douleur de trahir Celui qui m'a toujours aimé."        

"Mais nous t'avons dit ce que nous ferons pour toi. Gloire, honneur ! Ce que tu attendais de Lui et que tu n'as pas eu. Nous guérirons ta déception. Mais le prix est fixé par les prophètes ! Oh ! une formalité ! Un symbole et rien de plus. Le reste viendra après..."

"Et l'argent, quand ?"          

"Au moment que tu diras : "Venez". Pas avant. Personne ne paie avant d'avoir les mains sur la marchandise. Cela ne te paraît-il pas juste peut-être ?"      

"C'est juste. Mais triplez au moins la somme..."        

"Non. C'est dit par les prophètes. C'est ce qu'on doit faire. Oh ! nous saurons obéir aux prophètes ! Nous n'omettrons pas un iota de ce qu'ils ont écrit de Lui. Eh ! Eh ! Eh ! Nous sommes fidèles à la parole inspirée ! Eh ! Eh ! Eh !" dit en riant ce rebutant squelette de Canania. Et plusieurs font chorus avec des ricanements lugubres, sournois, sans sincérité, vrais rires de démons qui ne savent que ricaner. C'est que le rire est le propre de l'homme serein et aimant, et le ricanement celui des cœurs troublés et saturés de rancœur.    

"Tout est dit. Tu peux aller. Nous attendons l'aube pour rentrer dans la ville par divers chemins. Adieu. La paix soit avec toi, brebis perdue qui reviens au troupeau d'Abraham. Paix à toi ! Paix à toi ! Et la reconnaissance d'Israël tout entier ! Compte sur nous ! Un désir de toi est pour nous une loi. Que Dieu soit avec toi, comme Il l'a été avec tous ses serviteurs les plus fidèles ! Toutes les bénédictions sur toi !"            

Avec des embrassements et des protestations d'amour, ils l'accompagnent jusqu'à la sortie... Poemo del uomo-deo tome 9.

Voila les traits d'une révolution non théâtrale, avec ses chefs et ses serviteurs zélés et flatteurs...

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 15 Déc 2018 - 10:15

Vous le mettriez dans quel sorte de théâtre?

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 15 Déc 2018 - 10:20


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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 15 Déc 2018 - 16:34

Cela ressemble à une dramaturgie biblique.
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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 15 Déc 2018 - 19:49

Georges Feydeau va perpétuer le Vaudeville en développant la mécanique comique. Ensuite, il va renouveller le genre par une étude plus approfondie des caractères dans ses comédies de moeurs en un acte, qui montrent la médiocrité des existences bourgeoises. A noter que la matière de la comédie des moeurs, c'est les travers, les ridicules, les erreurs, les vices des contemporains. La satire qui n'était que raillerie devient plus audacieuse.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 15 Déc 2018 - 22:04

Nous voyons la naissance du complot ourdi contre Jésus et son arrestation après la résurrection de Lazare.

Comment est-il organisé? Par qui? Est-il mis en lumière?

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 15 Déc 2018 - 22:12

Candide de Voltaire:

Étrange, mais volontaire, qu'il mette en lumière cette "Cunégonde virtuelle"

Je cite Voltaire:
"Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. »

Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de dispositions pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

« J’étais dans mon lit et je dormais profondément, quand il plut au ciel d’envoyer les Bulgares dans notre beau château de Thunder-ten-tronckh ; ils égorgèrent mon père et mon frère, et coupèrent ma mère par morceaux. Un grand Bulgare, haut de six pieds, voyant qu’à ce spectacle j’avais perdu connaissance, se mit à me violer ; cela me fit revenir, je repris mes sens, je criai, je me débattis, je mordis, j’égratignai, je voulais arracher les yeux à ce grand Bulgare, ne sachant pas que tout ce qui arrivait dans le château de mon père était une chose d’usage : le brutal me donna un coup de couteau dans le flanc gauche dont je porte encore la marque. » – Hélas ! j’espère bien la voir, dit le naïf Candide. – Vous la verrez, dit Cunégonde ; mais continuons. – Continuez, dit Candide.

Elle reprit ainsi le fil de son histoire : « Un capitaine bulgare entra, il me vit toute sanglante, et le soldat ne se dérangeait pas. Le capitaine se mit en colère du peu de respect que lui témoignait ce brutal, et le tua sur mon corps. Ensuite il me fit panser, et m’emmena prisonnière de guerre dans son quartier. Je blanchissais le peu de chemises qu’il avait, je faisais sa cuisine ; il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer ; et je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait, et qu’il n’eût la peau blanche et douce ; d’ailleurs peu d’esprit, peu de philosophie : on voyait bien qu’il n’avait pas été élevé par le docteur Pangloss. Au bout de trois mois, ayant perdu tout son argent et s’étant dégoûté de moi, il me vendit à un Juif nommé don Issacar, qui trafiquait en Hollande et en Portugal, et qui aimait passionnément les femmes. Ce Juif s’attacha beaucoup à ma personne, mais il ne pouvait en triompher ; je lui ai mieux résisté qu’au soldat bulgare. Une personne d’honneur peut être violée une fois, mais sa vertu s’en affermit. »" F.C.

Qui, le suppôt Voltaire, attaque, dans cette perverse action sortie de son imagination, avec cette "Cunégonde" dans sa pureté?

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple Hier à 9:17

Dans la période qui s'étend de 1850 à 1880, le théâtre aura pour objet de dépeindre la société du temps, de la réformer ou de faire rire de ses travers.

Emile Augier qui était un auteur dramatique et promoteur (avec Alexandre Dumas fils) de la moderne comédie de moeurs et de la pièce à thèse, avait commencé par des comédies en vers assez prosaïques.

Le théâtre d'Augier aboutit à être une chaire, qui démontre des thèses, donne un enseignement, et une tribune d'où tombent des projets de lois. Ce genre de théâtre croit avoir la mission de corriger les moeurs, de les transformer en transformant les habitudes morales.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk Hier à 10:59

@Henryk a écrit:Candide de Voltaire:

Étrange, mais volontaire, qu'il mette en lumière cette "Cunégonde virtuelle"

Je cite Voltaire:
"Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. »

Un jour, Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme Mlle Cunégonde avait beaucoup de dispositions pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin ; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

« J’étais dans mon lit et je dormais profondément, quand il plut au ciel d’envoyer les Bulgares dans notre beau château de Thunder-ten-tronckh ; ils égorgèrent mon père et mon frère, et coupèrent ma mère par morceaux. Un grand Bulgare, haut de six pieds, voyant qu’à ce spectacle j’avais perdu connaissance, se mit à me violer ; cela me fit revenir, je repris mes sens, je criai, je me débattis, je mordis, j’égratignai, je voulais arracher les yeux à ce grand Bulgare, ne sachant pas que tout ce qui arrivait dans le château de mon père était une chose d’usage : le brutal me donna un coup de couteau dans le flanc gauche dont je porte encore la marque. » – Hélas ! j’espère bien la voir, dit le naïf Candide. – Vous la verrez, dit Cunégonde ; mais continuons. – Continuez, dit Candide.

Elle reprit ainsi le fil de son histoire : « Un capitaine bulgare entra, il me vit toute sanglante, et le soldat ne se dérangeait pas. Le capitaine se mit en colère du peu de respect que lui témoignait ce brutal, et le tua sur mon corps. Ensuite il me fit panser, et m’emmena prisonnière de guerre dans son quartier. Je blanchissais le peu de chemises qu’il avait, je faisais sa cuisine ; il me trouvait fort jolie, il faut l’avouer ; et je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait, et qu’il n’eût la peau blanche et douce ; d’ailleurs peu d’esprit, peu de philosophie : on voyait bien qu’il n’avait pas été élevé par le docteur Pangloss. Au bout de trois mois, ayant perdu tout son argent et s’étant dégoûté de moi, il me vendit à un Juif nommé don Issacar, qui trafiquait en Hollande et en Portugal, et qui aimait passionnément les femmes. Ce Juif s’attacha beaucoup à ma personne, mais il ne pouvait en triompher ; je lui ai mieux résisté qu’au soldat bulgare. Une personne d’honneur peut être violée une fois, mais sa vertu s’en affermit. »" F.C.

Qui, le suppôt Voltaire, attaque, dans cette perverse action sortie de son imagination, avec cette "Cunégonde" dans sa pureté?

Personne pour soutenir la veuve et l'orpheline?

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple Aujourd'hui à 11:05

Emile Augier a dominé la scène théâtrale française du Second Empire, il est donc important de s'y attarder afin de mieux connaître ce dramaturge populaire en son temps.

Ce moraliste inflexible est né le 17 septembre 1820 à Valence. Bourgeois et fils de bourgeois, il fut le défenseur de la morale traditionnelle, des vertus familiales, de l'ordre et du bon sens. Il était nettement opposé aux tendances romantiques. Actuellement, il a écrit une pièce << Gabrielle >> où il s'attaque à la croyance romantique. Il a écrit des comédies qui vantent les mérites de la vie bourgeoise mais il ne faudrait pas croire qu'il refuse de voir les défauts de cette classe sociale. Il déplore que la bourgeoisie française, dans laquelle s'étaient conservées les habitudes de bon sens et de modération, disparaisse.

Augier est un observateur des moeurs de son époque dont il veut montrer tous les maux intimes. Il s'attaque volontiers à l'hypocrisie bourgeoise, à l'âpreté au gain, à l'adultère et au cléricalisme qu'il juge menaçant pour la démocratie conservatrice. Il mit à la scène la famille de son temps avec les vices qui la déchiraient. Il voyait dans la cupidité et l'argent, la racine du mal. Augier était scandalisé par l'amoralité des financiers. Il fut le champion de l'institution du mariage, et dans sa pièce << Le Mariage d'Olympe >>, il s'oppose totalement à l'idée de la réhabilitation d'une prostituée par amour, comme l'exprimait Dumas dans "La Dame aux Camélias". Son idéal est une certaine bourgeoisie ennemie des excès, réconfortée par une vie familiale paisible.

Le théâtre d'Augier ne connut que du succès, il apporta des idées sur la bourgeoisie influente. Puis, peu à peu, il se fixa dans la comédie sociale et la lutte des classes. Il avait le goût de l'ordre et horreur de l'anarchie. Augier était le défenseur de la famille traditionnelle contre les vices qui la désagrègent.

A noter qu'on a maintes fois comparé Augier à Molière. Comme lui, il affirma la nécessité de fonder le mariage sur l'amour ; et comme lui, il faisait rire le public des nouveaux riches qui jouent au gentilhomme. Comme lui encore, il attaqua violemment l'hypocrisie religieuse dans sa pièce << Le Fils de Giboyer >>. Mais bien sûr, il est inutile de préciser qu'Augier n'avait point le génie de Molière.

Certes, il n'a pas créé de types comme Monsieur Jourdain, Tartufe ou Harpagnon, mais il fut aimé en son temps pour ses caractères vivants en scène. Ce qui est certain, c'est que son théâtre constitue un précieux document pour l'histoire des moeurs pendant le second empire.



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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk Aujourd'hui à 11:43

@Chevalier du Temple a écrit:
@Prince de Talmont a écrit:Que des créatures de cour aient été séduites par le démon Voltaire ne l'excuse en rien.
Qu'il ait choisit d'accabler l'islam pour frapper, par analogie, l'Eglise, tel l'hypocrite Montesquieu et ses lettres persanes pour flétrir Louis XIV, n'en fait pas davantage un noble redresseur de tort.
Vous-même êtes sous son empire semble-t-il.
"priez, priez, il en restera toujours quelque chose" voilà le seul vœu que je formule à votre encontre.

Prince de Talmont, vos propos à mon égard qui suis un chrétien, sont ce qu'il y a de plus insultant... << Vous-même êtes sous son empire semble-t-il. >> Ce n'est pas avec des "semble-t-il" que vous allez aller loin, mon cher Talmont. Je constate que vous n'avez pas pris compte de mes quelques lignes d'introduction... << Ce n'est pas du tout mon intention de faire la promotion et l'éloge de Voltaire sur ce forum Royaliste. Mais étant donné que Voltaire fut un auteur dramatique, que toute sa vie il a écrit pour le théâtre, que partout où il s'est trouvé il a organisé un théâtre, qu'il a fait jouer et joué lui-même ses pièces, il me semble qu'il est incontournable. J'espère que vous en conviendrez. >>

Pensez-vous qu'en tant que chrétien j'aie oublié que le Patriarche de Ferney a été le principal démolisseur de l'ordre chrétien au XVIIIe siècle ? Qu'est-ce qui peut bien vous faire penser que je serais sous l'empire d'un homme qui a employé tout son crédit à dénigrer le christianisme, criblé la religion catholique de ses traits acérés, ridiculisé ses dogmes, caricaturé les livres saints, s'est évertué à détruire de fond  en comble les croyances chrétiennes ? Partout où il est passé, Voltaire a semé le doute et l'impiété. Il a souillé la morale, la religion que le patriotisme. Non, Prince de Talmont, un écrivain sans pudeur qui a insulté Jeanne d'Arc, la Sainte de la Patrie, et couvert de ses viles flatteries le vainqueur de la France, Frédéric II, pour la bataille de Rossbach, ne peut avoir une place dans mon coeur. Seulement voila, je ne suis pas du genre à brûler les livres et à réécrire l'Histoire. Je traite ici du théâtre au XVIIIe siècle et il se trouve que Voltaire fut un auteur dramatique au théâtre, il est donc incontournable. Comment aborder cette période de l'histoire du théâtre, sans y introduire cet homme de théâtre, même s'il fut un redoutable ennemi du catholicisme et une intelligence au service de la perversité ?


Il me semble que Prince de Talmont ne vous ciblait pas personnellement. Quelle est cette idée de prendre pour vous ce qui est écrit à chaque post, surtout avec le le Cromwell de Ferney.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple Aujourd'hui à 12:46

Henryk, c'est sans importance, tout cela c'est du passé et je n'ai pas l'intention de ranimer la flamme. J'ai mieux à faire de mon temps que de me perdre dans des conversations sans intérêt aucun. J'aime aller de l'avant et pas retourner en arrière.

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Chevalier du Temple
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