Le théâtre occidental

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Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 22 Oct 2018 - 10:04

Le théâtre occidental commence avec les cérémonies religieuses de la Grèce antique.

C'est un véritable concours de tragédie où un auteur présente trois tragédies et un drame satirique, Ces pièces étaient jouées dans la journée, le spectacle se déroulait en plein air, les personnages portaient des masques. Le théâtre latin sera lui, composé de mime et de farce. Il est joué par des acteurs qui eux, se maquillaient au lieu de porter un masque.

Au début du christianisme, le théâtre est violemment critiqué par les théologiens, qui le qualifient de démoniaque et pernicieux. Les comédiens tombent sous le coup de l'excommunication systématique.
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Re: Le théâtre occidental

Message par Mavendorf le Lun 22 Oct 2018 - 20:28

@Chevalier du Temple a écrit:Au début du christianisme, le théâtre est violemment critiqué par les théologiens, qui le qualifient de démoniaque et pernicieux. Les comédiens tombent sous le coup de l'excommunication systématique.

Pourriez-vous nous donner la source de cette information ? Des exemples aussi d'excommunications, et pour quels motifs si vous pouvez préciser.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 22 Oct 2018 - 22:12

Mavendorf, mes principales sources d'information sont l'excellent ouvrage de J.B. Ériau << Pourquoi les Pères de l'Eglise ont condamné le théâtre de leur temps ? >> Ed. Librairie Champion - Paris 1914 ainsi que l'ouvrage de Gaston Maugras << Les comédiens hors la loi >> Ed. Calmann Levy Paris - 1887.

Parmi les exemples d'excommunications de comédiens célèbres, on peut citer le Grand Molière qui mourut le 17 février 1673, en sortant de la quatrième représentation du Malade imaginaire. Le curé de Saint-Eustache lui refusa les derniers sacrements. C'est à la demande du roi qu'on lui autorisa une sépulture ecclésiastique, à condition que le corps du défunt soit enterré le soir.

Il y a bien sûr d'autres exemples comme le comédien Rosimond mort en 1686, qui fut enterré sans clergé dans un endroit où l'on enterrait les enfants morts sans baptême. Adrienne Le couvreur morte en 1730, ensevelie au milieu de la nuit sur les berges de la Seine, ainsi que Mlle Chameroy morte en 1802, à qui l'on refusa l'entre de l'église Saint Roch, ce qui déclencha une émeute. La foule enfonça les portes de l'église pour y faire entrer son cercueil. Je crois que ce fut également le cas de Mlle Raucourt morte en 1815.

La profession de comédien était perçue comme indigne d'un chrétien et prohibée par les canons de l'Eglise. L'acteur était placé au même rang que la prostituée, ils étaient considéré comme des dépravés indignes des sacrements. Inutile de vous dire qu'en société, les comédiens avouaient rarement leur profession.



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Re: Le théâtre occidental

Message par Prince de Talmont le Mar 23 Oct 2018 - 14:05

Je ne crois pas que la position de l'Église soit aussi radicale que vous le dîtes.

Dans l'article ci-dessous qui détaille le cas de Melle Chameroy il semblerait que l'excommunication systématique des comédiens soit une position de l'église gallicane, non de l'église romaine. Il montre en tout les cas que la plupart des ecclésiastiques ont fait preuve d'une attitude très humaine envers elle.

wikipedia a écrit:Le bruit se répandit que le curé Marduel refusait de recevoir le corps, non en raison de la vie peu édifiante et de la fin médiocrement chrétienne de la défunte, mais de l’antique interdit jeté par l’Église gallicane sur les comédiens.

...

Le convoi prit alors le chemin de l’église des Filles-Saint-Thomas dont le curé procéda aux prières d’usage avec son clergé.

...

L’Église de France était la seule qui considérât comme excommuniées les personnes consacrées au théâtre.

...

Dans l’hiver qui suivit, on célébra sans difficulté aucune, le 13 décembre 1802, le service funèbre de l’acteur Molé à Saint-Sulpice et, le 30 janvier 1803, celui de la Raucourt à Saint-Thomas-d’Aquin. Un an plus tard, Marduel lui-même, au risque de s’attirer de nouveaux brocards, autorisa des actrices à chanter dans son église.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Adrienne_Chameroy



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Re: Le théâtre occidental

Message par Prince de Talmont le Mar 23 Oct 2018 - 14:09


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Re: Le théâtre occidental

Message par Mavendorf le Mar 23 Oct 2018 - 16:53

@Chevalier du Temple a écrit:Mavendorf, mes principales sources d'information sont l'excellent ouvrage de J.B. Ériau << Pourquoi les Pères de l'Eglise ont condamné le théâtre de leur temps ? >> Ed. Librairie Champion - Paris 1914 ainsi que l'ouvrage de Gaston Maugras << Les comédiens hors la loi >> Ed. Calmann Levy Paris - 1887.
Merci pour vos sources.  Wink

@Chevalier du Temple a écrit:Parmi les exemples d'excommunications de comédiens célèbres, on peut citer le Grand Molière qui mourut le 17 février 1673, en sortant de la quatrième représentation du Malade imaginaire. Le curé de Saint-Eustache lui refusa les derniers sacrements. C'est à la demande du roi qu'on lui autorisa une sépulture ecclésiastique, à condition que le corps du défunt soit enterré le soir.
Ce sont des condamnations assez récentes finalement. Ce qui me paraissait étrange, ce sont les condamnations supposées dès le début du christianisme comme vous le laissez entendre dans votre premier message :

@Chevalier du Temple a écrit:Au début du christianisme, le théâtre est violemment critiqué par les théologiens, qui le qualifient de démoniaque et pernicieux.
Les éléments apportés par le Prince de Talmont relativise cette position, qui de prime abord laisse entendre une intransigeance extrême de l'Eglise Catholique par rapport à la comédie. Je pense que s'il y a bien une méfiance de l'Eglise, elle est tout de même à nuancer.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mer 24 Oct 2018 - 4:35

Dès le deuxième siècle de l'ère chrétienne, les écrits chrétiens visaient le théâtre. Dans les écrits de saint Augustin, Tertullien, Jean Chrysostome, Tatien et quelques autres, le blâme est unanime.

Veuillez prendre connaissance de la positon de l'Eglise à travers les siècles, concernant les comédiens et leurs spectacles :

* En 314, le Concile d'Arles excommunie tous les comédiens. Celui de 452 renouvelle cette décision.

* En 787, le Concile de Latran interdit aux fidèles de fréquenter les comédiens, et demande que l'on punisse les réfractaires.

* Au neuvième siècle, les lois ecclésiastiques condamnent les spectacles de théâtre.

* En 813, le Concile de Châlons-sur-Saone tenu par Charlemagne, défend aux ecclésiastiques d'assister aux spectacles.

* En 829, le Concile de Paris contient la même doctrine.

* En 1215, le Concile de Latran renouvelle les mêmes peines.

* En 1284, les Conciles de Nimes, et de Bayeux en 1300 font de même.

* En 1584, le Concile de Bourges s'exprime de même.

* En 1585, le Concile de Tours interdit les comédies, sous peine d'excommunication.

La doctrine de l'Eglise contre les spectacles était claire et constante. On ne peut pas dire que la position de l'Eglise n'était pas radicale envers les comédiens. Ce qui est certain c'est qu'elle n'aimait pas les spectacles.

Sources : l'ouvrage de M. l'abbé Maun << Contre les spectacles >> Ed, C.J. Beugnies, imprimeur-Libraire - Mons 1782.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Mer 24 Oct 2018 - 9:17

Voir la vie de St Genest---> parmi les saints qui ont refusé de jouer un rôle sous la Rôme antique, et qui ont souffert le martyr ensuite.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Mer 24 Oct 2018 - 9:20

Que penser du scénariste et comédien "Molière", secoué par Bossuet?

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Mer 24 Oct 2018 - 9:25

Etre chrétien, n'est-il pas déjà un "rôle" difficile à jouer, en portant sa Croix, au yeux et à la vue de tous, parmi les moqueries, dans le "Monde"

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 26 Oct 2018 - 23:18

@Henryk a écrit:Que penser du scénariste et comédien "Molière", secoué par Bossuet?

Bossuet ne s'est pas seulement attaqué avec sévérité au théâtre de Molière, mais aussi à celui de Corneille et de Racine. L'intransigeance de Bossuet est excessive. Le raisonnement de Bossuet sur le théâtre est le suivant : Le théâtre veut plaire ; on ne plaît aux homme qu'en flattant leurs passions ; le théâtre se propose donc de flatter les passions et de nourrir la concupiscence ; quel chrétien sincère pourrait le supporter ? Pourtant, le théâtre de Molière, peut être un instrument du bien ; quand il respecte la morale, il est un divertissement légitime. D'une manière générale, il est moral et immoral comme le spectacle du monde dont il est le reflet.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 27 Oct 2018 - 9:44

C'est étrange que vous ne parliez pas de St Genest...

Bossuet n'a fait que condamner l'exagération du péché, chez les personnes, comme une banalisation de celui-ci. Vous allez me dire que c'est la même chose, qu'un prêtre qui meurt dans l'exercice de ses fonctions, que Poquelin qui meurt sur la Scène...

Pourquoi dans certains milieux traditionnels, ils arrivent à habiller des garçons en filles pour le théâtre,et inversement ou en diable, et démons, et inversement, pour la bonne cause?

Je cite Bossuet, qui apparemment, n'a pas le droit d'avertir les chrétiens et de faire son travail:

Je vous prie, que fait un acteur, que fait naturellement un acteur qui veut jouer naturellement une passion(sic) de de rappeler autant qu'il peut celles qu'il a ressenties! Et que s'il était chrétien, il aurait tellement noyé dans les larmes de la pénitence, qu'elles ne reviendraient jamais à son esprit, ou  n'y reviendraient qu'avec horreur; au lieu que, pour les exprimer, il faut qu'elles lui reviennent avec tous les agréments empoisonnés, et toutes leurs grâces trompeuses.

Mais tout cela, dites vous, parait sur les théâtres comme une faiblesse: je le veux mais comme une belle et noble faiblesse, comme la faiblesse des héros et des héroïnes; enfin comme une faiblesse si artificieusement changée en vertu, qu'on l'admire  et applaudit sur les théâtres, et qu'elle doit faire une partie si essentielle, des plaisirs publics, qu'on ne peut souffrir de spectacle ou non seulement elle ne soit, mais encore ou elle ne règne et anime toute l'action. F.C.

Je ne comprends guère comment vous pouvez admirer, et l'héroïsme du théâtre, et l'héroïsme des chevaliers, qui semblent pour l'un réel et pour l'autre, artificiel. Et pour ce cas précis, je dirais plutôt la "langue de Bossuet" que la "mauvaise langue artificielle de Momo"

Comme dirait un penseur ardéchois: Ne brûles pas ce que tu admires, brûles ton admiration.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Sam 27 Oct 2018 - 10:05

Loin de se limiter à des divertissements anodins, ses grandes comédies remettent en cause des principes d'organisation sociale bien établis, suscitant de retentissantes polémiques et l'hostilité durable des milieux dévots.

Les parents du futur Molière habitent, dans le quartier très populeux des Halles, la maison dite du Pavillon des singes, à l'angle oriental de la rue des Vieilles-Étuves (actuelle rue Sauval) et de la rue Saint-Honoré, où son père Jean, marchand tapissier, avant d’épouser Marie Cressé. Les deux grands-pères de Jean-Baptiste tiennent eux aussi commerce de meubles et de tapisseries, à quelques pas de là, dans la rue de la Lingerie. Poquelin et Cressé sont des bourgeois cossus, comme en témoignent les inventaires.



Les fenêtres donnent sur la placette dite carrefour de la Croix-du-Trahoir, qui depuis le haut Moyen Âge est l'un des principaux lieux patibulaires de la capitale.


on peut remarquer que le patronyme Molière avait été illustré, plus tôt dans le siècle, par l'écrivain François de Molière d'Essertines, proche des milieux libertins et auteur d'un roman-fleuve dans le goût de L'Astrée intitulé La Polyxene de Moliere, dont une quatrième réédition vient de paraître en cette année 1644 où Jean-Baptiste Poquelin adopte son nom de scène.

La présence de Jean-Baptiste Poquelin au collège de Clermont est sujette à caution. François Rey fait remarquer que les deux jésuites, René Rapin et Dominique Bouhours, qui ont fait l'éloge de Molière après sa mort,(sic) n'ont suggéré qu'il aurait eu la même formation qu'eux.

À la mi-septembre 1643, les comédiens louent le jeu de paume dit des Métayers, sur la rive gauche de la Seine, au faubourg Saint-Germain.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 27 Oct 2018 - 15:20

@Henryk a écrit:C'est étrange que vous ne parliez pas de St Genest...

Bossuet n'a fait que condamner l'exagération du péché, chez les personnes, comme une banalisation de celui-ci. Vous allez me dire que c'est la même chose, qu'un prêtre qui meurt dans l'exercice de ses fonctions, que Poquelin qui meurt sur la Scène...

Pourquoi dans certains milieux traditionnels, ils arrivent à habiller des garçons en filles pour le théâtre,et inversement ou en diable, et démons, et inversement, pour la bonne cause?

Je cite Bossuet, qui apparemment, n'a pas le droit d'avertir les chrétiens et de faire son travail:

Je vous prie, que fait un acteur, que fait naturellement un acteur qui veut jouer naturellement une passion(sic) de de rappeler autant qu'il peut celles qu'il a ressenties! Et que s'il était chrétien, il aurait tellement noyé dans les larmes de la pénitence, qu'elles ne reviendraient jamais à son esprit, ou  n'y reviendraient qu'avec horreur; au lieu que, pour les exprimer, il faut qu'elles lui reviennent avec tous les agréments empoisonnés, et toutes leurs grâces trompeuses.

Mais tout cela, dites vous, parait sur les théâtres comme une faiblesse: je le veux mais comme une belle et noble faiblesse, comme la faiblesse des héros et des héroïnes; enfin comme une faiblesse si artificieusement changée en vertu, qu'on l'admire  et applaudit sur les théâtres, et qu'elle doit faire une partie si essentielle, des plaisirs publics, qu'on ne peut souffrir de spectacle ou non seulement elle ne soit, mais encore ou elle ne règne et anime toute l'action. F.C.

Je ne comprends guère comment vous pouvez admirer, et l'héroïsme du théâtre, et l'héroïsme des chevaliers, qui semblent pour l'un réel et pour l'autre, artificiel. Et pour ce cas précis, je dirais plutôt la "langue de Bossuet" que la "mauvaise langue artificielle de Momo"

Comme dirait un penseur ardéchois: Ne brûles pas ce que tu admires, brûles ton admiration.

Henryk, il n'y a rien d'étrange, étant donné que ma connaissance de St Genest n'est pas assez appronfondie pour que j'en parle sérieusement. Je n'ai qu'une vague idée de ce personnage qui est considéré comme le patron saint du théâtre. Je crois me rappeler qu'il était un comédien devenu chrétien en incarnant le rôle d'Adrian au théâtre. Adrian étant ce martyr, ministre de l'Empereur Dioclétien.

Il est important de garder à l'esprit que Bossuet était un prédicateur, donc un enseignant de la religion et la réforme spirituelle des âmes. Il a souvent assisté aux pièces de Corneille. Il condamne avec une certaine intempérance toutes les manifestations de l'activité humaine qui ne vont pas à Dieu. C'est ainsi qu'il proscrit le théâtre dans les << Maximes et Réflexions sur la Comédie >>. Il a reprit les anathèmes que les Pères de l'Eglise avaient lancés contre le théâtre païen. Au XVIIe siècle, les moralistes condamnaient le théâtre de leur temps, en bloc et sans distinction. Pour Bossuet, le théâtre français, c'est-à-dire celui de Corneille, Racine et Molière, ne fait qu'exciter les passions. A cet effet, il a condamné Molière en termes emportés.

Henryk, j'aime tout ce qui est beau, aussi bien l'héroïsme du théâtre que celui des chevaliers. Mon esprit n'est pas aussi compliqué que celui de Bossuet. Si jaime le théâtre c'est parce qu'il est beau, magique et vivant. Il met surtout l'être humain en valeur. Prenez le temps d'aller voir une belle pièce de théâtre et pendant deux bonnes heures, vous oublierai tous les problèmes de la vie.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 28 Oct 2018 - 0:30

@Henryk a écrit:Loin de se limiter à des divertissements anodins, ses grandes comédies remettent en cause des principes d'organisation sociale bien établis, suscitant de retentissantes polémiques et l'hostilité durable des milieux dévots.

Les parents du futur Molière habitent, dans le quartier très populeux des Halles, la maison dite du Pavillon des singes, à l'angle oriental de la rue des Vieilles-Étuves (actuelle rue Sauval) et de la rue Saint-Honoré, où son père Jean, marchand tapissier, avant d’épouser Marie Cressé. Les deux grands-pères de Jean-Baptiste tiennent eux aussi commerce de meubles et de tapisseries, à quelques pas de là, dans la rue de la Lingerie. Poquelin et Cressé sont des bourgeois cossus, comme en témoignent les inventaires.



Les fenêtres donnent sur la placette dite carrefour de la Croix-du-Trahoir, qui depuis le haut Moyen Âge est l'un des principaux lieux patibulaires de la capitale.


on peut remarquer que le patronyme Molière avait été illustré, plus tôt dans le siècle, par l'écrivain François de Molière d'Essertines, proche des milieux libertins et auteur d'un roman-fleuve dans le goût de L'Astrée intitulé La Polyxene de Moliere, dont une quatrième réédition vient de paraître en cette année 1644 où Jean-Baptiste Poquelin adopte son nom de scène.

La présence de Jean-Baptiste Poquelin au collège de Clermont est sujette à caution.  François Rey fait remarquer que les deux jésuites, René Rapin et Dominique Bouhours, qui ont fait l'éloge de Molière après sa mort,(sic) n'ont suggéré qu'il aurait eu la même formation qu'eux.

À la mi-septembre 1643, les comédiens louent le jeu de paume dit des Métayers, sur la rive gauche de la Seine, au faubourg Saint-Germain.

Votre exposé est intéressant mais peut-être faudrait-il l'étoffer un peu plus afin de donner une meilleure idée de ce que fut la vie de Molière.

En effet, le père de Molière était un tapissier mais vous oubliez de préciser qu'il était tapissier du roi, c'est-à-dire qu'il avait le privilège de fournir le mobilier de la cour. Molière était encore enfant quand mourut sa mère, Marie Cressé. Son père prit une seconde femme pour épouse, une certaine Catherine Fleurette. On dit que Molière fut gâté par son grand-père Cressé qui le menait voir les farces du Pont-Neuf et les comédies dans les théâtres. En ce temps-là, un tapissier du roi était un personnage. Le jeune Molière eut le privilège de s'instruire au Collège aristocratique de Clermont (actuellement Louis-le-Grand). Il y apprit le latin et lisait couramment Térence, Plaute et Lucrèce. Une fois ses études terminées, il étudie le droit à Orléans et prête serment pour devenir à son tour, tapissier du roi. Mais il préfère le théâtre et voir les pièces de Corneille. Il admire les comédiens et rêve d'être lui aussi un acteur. En 1643 il a 21 ans, il renonce à la tapisserie, à son nom de Poquelin pour prendre celui de Molière, et signe  un engagement dans une troupe de comédiens, la troupe des Béjart.

La troupe où entre Molière se constitue sous le nom d'Illustre Théâtre et essaie d'abord de faire fortune à Paris. Elle y récolte peu d'écus et Molière qui était devenu le répondant de l'association, se retrouve en prison pour dettes. En 1645, l'Illustre Théâtre qui a décidé de s'unir à la troupe de Charles du Fresne, quitte Paris pour la province. Molière s'établit d'abord à Lyon, puis à Pézenas, où le prince de Conti l'appelle pour divertir les Etats du Languedoc. Il observe beaucoup les gens et les choses et joue une de ses premières pièces le << Dépit amoureux >>. Le prince de Conti est un sujet d'observation pour Molière. C'est un prince débauché qui s'est convertit brusquement et qui renvoie assez durement les comédiens. Molière se souviendra de lui en écrivant Don Juan et Tartufe. Maintenant, nous sommes en 1657 et Molière se rapproche de Paris. En province, il a appris non seulement son métier d'acteur à fond mais aussi le métier de directeur de troupe ainsi que son métier d'auteur. Il a fait une ample moisson de types originaux dans la bourgeoisie et l'aristocratie de province et dans le peuple. Il a vu par expérience quelles scènes portent sur le public et quels mots passent la rampe. Il a tracé le scénario, rédigé et essayé les principales scènes d'un grand nombre de parades bouffonnes, qu'il reprendra plus tard, pour en faire ses farces. Molière est maintenant prêt à affronter le public parisien. En 1658 il est de retour à Paris.

Donc, une fois rentré à Paris, Molière joue devant le roi qui est enchanté par le spectacle. C'est en 1659 qu'il joue sa première pièce importante, << Les Précieuses Ridicules >>. En 1662 il présente << L'Ecole des Femmes >> mais ses bouffonneries irreligieuses soulève contre lui le parti des dévots. Molière se met à dos les médecins qu'il n'arrête pas de railler. Les trois premiers actes de << Tartufe >> sont joués à la Cour en 1664. Ce spectacle déplaît à la reine Mère et les dévots s'empressent de faire interdire la pièce. En 1665 il revient à la charge avec << Don Juan >>, où il présente le grand seigneur comme un méchant homme hypocrite. Comme il fallait s'y attendre, après quelques représentation son Don juan disparaît à son tour.

En 1662, Molière a 40 ans, il a épousé la jeune Armande Béjart, une actrice de sa troupe. Son travail était écrasant car il était acteur et chef de troupe. Ses rôles sont toujours les plus longs. Il passe des rôles tragiques au personnage qui fait rire et qui amuse le public. Chef de troupe, directeur de théâtre, il doit veiller à retenir le public, Molière est aussi fournisseur des plaisirs de Louis XIV qui est très exigeant. Le roi demande des pièces avec entrées de ballet, et souvent il lui en fixe le sujet. Parfois il doit écrire, rapidement, des comédies sans intérêt. Mais à travers toutes ces occupations, Molière porte en lui l'idée de ses grandes pièces qu'il écrit lentement, qu'il finit tout de même par achever et par représenter : Tartufe, l'Avare, le Misanthrope, Les Femmes savantes. Il meurt le 17 février 1673 après une représentation du Malade imaginaire.



Dernière édition par Chevalier du Temple le Lun 29 Oct 2018 - 3:05, édité 1 fois
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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Dim 28 Oct 2018 - 11:38

Vous écrivez:
Henryk, j'aime tout ce qui est beau, aussi bien l'héroïsme du théâtre que celui des chevaliers. Mon esprit n'est pas aussi compliqué que celui de Bossuet. Si j’aime le théâtre c'est parce qu'il est beau, magique et vivant. Il met surtout l'être humain en valeur. Prenez le temps d'aller voir une belle pièce de théâtre et pendant deux bonnes heures, vous oublierai tous les problèmes de la vie. F.C.

Les problèmes ou épreuves, qui forment notre Croix, font notre sagesse, et ils nous grandissent. Je ne pourrais les oublier. La dernière que j'ai vue, en partie, était sur Ste Olive dans une Eglise à Tunis.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Prince de Talmont le Dim 28 Oct 2018 - 17:36

@Chevalier du Temple a écrit:Dès le deuxième siècle de l'ère chrétienne, les écrits chrétiens visaient le théâtre. Dans les écrits de saint Augustin, Tertullien, Jean Chrysostome, Tatien et quelques autres, le blâme est unanime.

Veuillez prendre connaissance de la positon de l'Eglise à travers les siècles, concernant les comédiens et leurs spectacles :

* En 314, le Concile d'Arles excommunie tous les comédiens. Celui de 452 renouvelle cette décision.

* En 787, le Concile de Latran interdit aux fidèles de fréquenter les comédiens, et demande que l'on punisse les réfractaires.

* Au neuvième siècle, les lois ecclésiastiques condamnent les spectacles de théâtre.

* En 813, le Concile de Châlons-sur-Saone tenu par Charlemagne, défend aux ecclésiastiques d'assister aux spectacles.

* En 829, le Concile de Paris contient la même doctrine.

* En 1215, le Concile de Latran renouvelle les mêmes peines.

* En 1284, les Conciles de Nimes, et de Bayeux en 1300 font de même.

* En 1584, le Concile de Bourges s'exprime de même.

* En 1585, le Concile de Tours interdit les comédies, sous peine d'excommunication.

La doctrine de l'Eglise contre les spectacles était claire et constante. On ne peut pas dire que la position de l'Eglise n'était pas radicale envers les comédiens. Ce qui est certain c'est qu'elle n'aimait pas les spectacles.

Sources : l'ouvrage de M. l'abbé Maun << Contre les spectacles >> Ed, C.J. Beugnies, imprimeur-Libraire - Mons 1782.


Aucun concile général — ou œcuménique — n’a jamais jeté véritablement l’anathème sur les comédiens.

En réalité, le concile d'Elvire en Espagne, tenu en l’an 305, avait abordé pour la première fois, en son canon 62, la question des « histrions, pantomimes et cochers du cirque ». Ceux qui désiraient embrasser la foi chrétienne devaient auparavant renoncer à leur profession. Mais le concile d’Elvire était un concile provincial, dont les décisions n’avaient qu’une portée géographique limitée.

Jusqu’au XVIIIe siècle, et particulièrement en France, une coutume consistait à excommunier les acteurs de théâtre, les comédiens se voyant contraints de renoncer aux planches avant de se marier. S’appuyant sur des textes canoniques, cette habitude était cependant absurde, s’appliquant à des artistes qui, jouant dans un premier temps moralités et mystères, n’avaient pas le moindre lien avec les bateleurs gallo-romains contre lesquels ces foudres avaient commencé d’être lancées au IVe siècle de l’ère chrétienne.

Suite :
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article13913

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mer 31 Oct 2018 - 1:00

Depuis le XVIe siècle, la comédie française était tributaire des Italiens. Quand il s'agissait de faire rire, on ne se préoccupait même pas d'inventer des moyens nouveaux, on puisait dans le répertoire, souvent grossier, mais d'une bouffonnerie assez drôle. Corneille, dans ses comédies, s'efforçait d'imiter le langage des honnêtes gens. La comédie française avant Molière, avait pour caractère essentiel de présenter des sujets et des personnages conventionneles, irréels. Molière, après avoir suivi la tradition et adapté lui aussi de vieux thèmes, imagina un nouveau théâtre comique : il rapprocha la comédie du réel, de la vie, de l'humanité éternelle er de l'humanité contemporaine. Il conserva dans sa nouvelle formule certains procédés convenus pour faire rire ; mais ce qui fait le fond de sa comédie est entièrement original. A noter que Corneille avec << Le Cid >> avait fait subir à la tragédie une transformation analogue.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Invité le Mer 31 Oct 2018 - 11:02

Il n'empêche que Molière avait bien cerné les bourgeois de l'époque .
Sa pièce sur le Bourgeois Gentilhomme aurait du alerter le roi et la cour .Parce que comique elle a été prise au deuxième degré et pourtant ça reflétait bien l'état d'esprit de ces bourgeois qui bien que très riches n'arrivaient pas à changer de statut social et qui en crevaient d'envie .La suite nous connaissons .

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mer 31 Oct 2018 - 12:10

Molière est profondément anti-bourgeois, tout en faisant rire il fait réfléchir. Dans le << Bourgeois Gentilhomme >>, il fait ressortir l'hypocrisie et la vanité de la bourgeoisie ainsi que sa passion pour la manipulation. Il n'est pas plus moraliste que philosophe, pourtant, une impression morale se dégage de son oeuvre.

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Message par Henryk le Sam 3 Nov 2018 - 19:29

Française a écrit:Il n'empêche que Molière avait bien cerné les bourgeois de l'époque .
Sa pièce sur le Bourgeois Gentilhomme aurait du alerter le roi et la cour .Parce que comique elle a été prise au deuxième degré et pourtant ça reflétait bien l'état d'esprit de ces bourgeois qui bien que très riches  n'arrivaient pas à changer de statut social et qui en crevaient d'envie .La suite nous connaissons .


Philippe le Bel comme Charles V, qui ne soutenaient pas le théâtre, avaient cernés ses tourne-à-gauche, courtisans et profiteurs, qui se sont enrichis sur la pauvreté humaine.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 4 Nov 2018 - 15:23

Au Moyen Âge, l'Eglise qui avait lancé des anathèmes contre le théâtre païen, multiplia les pieuses représentations des << Mystères >> qui représentaient des scènes de la Sainte Bible.

Le mystère est la mise en scène de l'histoire religieuse de l'humanité depuis la création jusqu'au XVe siècle, d'après l'Ecriture Sainte, la tradition, les livres apocryphes et les légendes populaires. Le mystère était donc un spectacle, une série de vues de l'histoire religieuse, une succession de tableaux vivants, expliqués et commentés par un dialogue. A noter que les mystères n'étaient pas joués par des acteurs de profession.

Lorsque, dans une ville, une confrérie puissante, une corporation, un groupe de bourgeois, montaient un mystère ils faisaient appel à la bonne volonté de tous : les acteurs étaient recrutés dans toutes les classes de la société ; un théâtre était dressé sur la place publique, et la représentation, qui était un véritable évènement, attirait pour plusieurs semaines une foule toujours nombreuse.

Cependant, peu à peu s'établirent des sociétés permanentes qui avaient pour mission de jouer des mystères. La plus célèbre est celle des "Confrères de la Passion" laquelle fut reconnue par acte royal du 4 décembre 1402. Elle fut l'une des premières à avoir un théâtre stable et obtint le monopole de la représentation des mystères de Paris.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Lun 5 Nov 2018 - 8:57

Le moyen âge, une calomnie de plus d'historiens sans raison, passée dans le langage populaire, cela veut tout dire et rien dire. Soyez plus précis pour quelqu'un qui défens cette époque.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 5 Nov 2018 - 14:53

Historiquement parlant, le Moyen Age va de la chute de l'Empire romain en 476, jusqu'à la Réforme protestante en 1517. Maintenant, en ce qui concerne notre histoire littéraire dont le théâtre fait partie intégrante, le moyen âge commence du Xe siècle au XVe siècle. Le moyen âge littéraire se divise en deux périodes bien distinctes : la période qui va du Xe siècle à la fin du XIIIe siècle et la période qui comprend le XIVe et le XVe siècle.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Lun 5 Nov 2018 - 22:44

Pour ceux qui nous lisent, le "moyen âge" est une définition arbitraire, remise au goût du jour, pour définir des période de civilisation, en France et dans d'autre états. c'est devenu un terme péjoratif, dans le langage commun opposé à la Chrétienté deux fois millénaire.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mar 6 Nov 2018 - 3:53

J'ai souvent été confronté sur les forums par de virulents anti-chrétiens, qui utilisaient le moyen âge pour nous faire passer pour des obscurantistes arriérés et des ignorants. Cela fait partie d'une propagande courante en provenance des athées militants haineux.

Si en effet le "moyen âge" est devenu pour certains un terme péjoratif, dans le langage commun pour dénigrer la Chrétienté, c'est à nous chrétiens de contre-attaquer les ignorants de l'espèce et d'en faire un terme mélioratif.

Il ne faut surtout pas se laisser berner par les absurdités rhétoriques des ennemis de l'Eglise. Mes interlocuteurs athées les plus violents, ont même osé affirmer que le nazisme descendait directement du christianisme médiéval et qu'il avait produit un Hitler. C'est vous dire ce qu'ils pensent de cette époque de notre Histoire.

Pourtant, sur le plan des idées, il me semble que le moyen âge mérite davantage de sympathies qu'on ne le pense car en ce temps-là, les hommes et les femmes étaient loin d'être dans un état de complète inculture. En fait, le Moyen Age a été une des plus vigoureuses et inventives périodes de l'histoire humaine. Il a vu le plus grand épanouissement de la civilisation de cette période.

Dans NOTRE pays, on a tout fait pour installer dans les mentalités que le Moyen Age est synonyme d'ignorance, de religiosité aveugle et de superstitions ridicules. Des historiens politiquement motivés, ont donné un crédit sans faille à ce genre d'inepties. Il est grand temps de faire la mise au point qui s'impose.



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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Mar 6 Nov 2018 - 8:59

L'histoire de l’Église, l'architecture religieuse et militaire, la vie des saints, siècle par siècle, est souvent le seul argumentaire valable, contre cette emprise de personnes enrôlées, et persuasives, par les erreurs tirées à boulets rouges, sur l'histoire.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mar 6 Nov 2018 - 13:59

Les Mystères qui font partie de ce que nous appelons le "Théâtre édifiant", pour la bonne raison que son but est d'édifier, eut un immense succès. Entre l'Evangile, source et matière du drame, et le public qui le vit en le regardant, il y avait communauté de foi et de sentiments. Une communauté que jamais le théâtre n'a réalisée à ce point.

Malheureusement, cette forme de théâtre évolue en se laïcisant et les scènes bouffonnes, grossières, inconvenantes, surabondent. Le spectacle s'éloigne du religieux et les âmes chrétiennes se froissent, comme il fallait s'y attendre. L'Eglise protesta et le Parlement qui s'émeut, interdit de représenter les Mystères en 1548. Les mystères n'étaient plus des drames religieux.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 10 Nov 2018 - 13:47

Donc, au Moyen Âge, il y a deux types de représentations théâtrales : le théâtre religieux et le théâtre profane. Le théâtre religieux instruit la population des scènes de la Bible, dont la grande majorité ne sait pas lire.

Le théâtre profane qui apparaît vers le XIIe siècle, est comique, il est divertissant et fait rire. Ce théâtre "amusant" est dans une certaine mesure rattaché à l'Eglise. En effet, dans la sacristie, les clercs inférieurs se livraient, à certains jours, pour la Fête des Fous et pour la Fête de l'Ane, à des cérémonies burlesques et à des parades bouffonnes. Quand la sévérité des Conciles eut chassé ces saturnales de l'église, elles émigrèrent sur la place publique et constituèrent un des éléments du théâtre comique.

A noter que le théâtre "amusant" emprunta des éléments à la source populaire des jongleurs et des baladins de foire, toujours experts à monter une farce pour amassaer et amuser le public.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 11 Nov 2018 - 16:47

Le théâtre amusant passionna le public autant que les mystères. Il lui arrivait souvent de prendre des sujets de la vie quotidienne et il se renouvelait avec les moeurs. Le théâtre jouait ainsi le rôle du journal. L'opinion publqiue était née, elle trouvait dans les pièces comiques une occasion de se manifester.

Dans les pièces comiques de la période qui va de 1400 à 1550, on peut distinguer des moralités, des soties, et des farces.

La moralité est une pièce comique à sujet fictif et à intention édifiante. Elle attaque et tourne en ridicule les vices de l'humanité.

La sotie, à l'origine, est le nom que prend la farce quand elle est jouée par les Sots, une confrérie joyeuse d'acteurs. C'était une pièce satirique d'actualité, à sujet politique.

La farce est une pièce facétieuse qui a pour but unique de faire rire, On y trouve de nombreuses grossièretés. Elle a eu baucoup de succès parmi la population.

A noter que la farce a vécu plus longtemps que les Mystères car la Renaissance ne la supprime pas. Le grand Molière lui donnera avec un nouveau lustre la dignité classique.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 12 Nov 2018 - 10:42

Comme chacun le sait, la Renaissance est un vaste mouvement de rénovation intellectuelle, provoquée en partie par la redécouverte des oeuvres de l'antiquité, qui manifeste la rupture des esprits avec les moeurs et les idées du Moyen Âge.

A la Renaissance, apparaît un théâtre nouveau qui, tout en rompant avec les traditions littéraires, renoue avec l'antiquité. Les caractères du théâtre de la Renaissance sont constitués par la tragédie et la comédie.

Les écrivains de la Renaissance qui ont rompu avec les Mystères du moyen âge, composent une tragédie sur un patron nouveau, qui dérive d'Horace et des Italiens. Cette tragédie est pleine d'allusions mythologiques et les sujets étant empruntés à l'antiquité classique, ils ne peuvent avoir de l'intérêt que pour les érudits. Au début, quelques pièces furent jouées par des acteurs improvisés mais peu à peu, acteurs et auteurs se lassèrent, peut-être faute d'audience. De plus, les "Confrères de la Passion" qui étaient maîtres du théâtre de l'Hotel de Bourgogne à Paris, lesquels avaient un monopole, n'étaient pas intéressés par la tragédie nouvelle. La tragédie n'étant plus représentée, elle perdit son caractère dramatique et se transforma en poème dialogué.

Le nouveau théâtre sera donc surtout constitué de comédies.

Les écrivains de la Renaissance qui innovaient aussi bien dans la tragédie que la comédie, déclaraient bien haut qu'ils avaient rompu avec la farce du moyen âge, et que la comédie nouvelle, composée sur le patron des Anciens et des Italiens, respectait la vraisemblance des moeurs. En réalité, la comédie nouvelle à ses débuts, ne fut nouvelle que par son cadre tout classique ; ce qu'elle avait de vivant, elle le prenait à la farce, comptant par là amuser le public.

Quand il fut évident que la comédie ne pouvait pas être jouée, alors les auteurs se tournèrent vers l'antiquité et vers l'Italie et ils se contentèrent d'adapter ou de traduire, abandonnant le vers pour la prose. La comédie de la Renaissance est à peu près uniquement une comédie traduite de l'italien.

Au XVIe siècle, une comédie en plein air mettait en scène des personnages de convention aimés du public : Polichinelle et Brigantin, empruntés à la comédie italienne ; l'Aveugle et le Marchand d'Orvietan. Des affiches vantaient les mérites de la Direction.

A noter que la Renaissance est une période où les grands seigneurs finançaient désormais les représentations théâtrales.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mar 13 Nov 2018 - 1:42

Au XVIe siècle il n'existe pas encore de théâtre régulier, ni de troupe fixe. Ce n'est qu'un siècle plus tard qu'apparaissent des troupes et des théâtres permanents tels que l'Hotel de Bourgogne abritant la troupe royale, le théâtre du Marais et le théâtre du Palais-Royal.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mar 13 Nov 2018 - 18:59

Au XVIIe siècle, le théâtre classique s'impose à partir des années 1630, avec les tragédies de Pierre Corneille, puis celles de Jean Racine. Ce théâtre est appelé "classique" parce qu'il obéit à un ensemble de règles inspirées du théâtre antique, notamment d'Aristote.

Pierre Corneille, donna tous ses chefs-d'oeuvre au milieu du tumulte de cette époque. L'époque allant de 1630 à 1660 est une époque aux expressions littéraires diverses. Les romanciers réalistes sont frappés par les bassesses de leur temps, ils ont présenté des personnages vulgaires, grossiers et vils. Ils sont écoeurés par la grossièreté et la violence de leur temps. Touchés jusqu'au fond de l'âme par les vilenies qu'ils avaient vues, les moralistes ont conclu que l'homme est irrémiablement taré et que la vertu n'est qu'un vain mot. Le spectacle du désordre et la misère effroyable a poussé beaucoup d'hommes de ce temps, à quitter le monde pour le cloître.

Pierre Corneille, lui, essaya de s'adapter. Il a vu surtout une manifestation d'énergie, il en a tiré sa conception de l'homme, supérieur à ses passions par sa générosité et sa volonté. Son système dramatique consiste à renouveler la tragédie en mettant la vérité humaine à la place de la fiction. Il se propose de nous faire admirer dans l'homme les victoires de la volonté sur les passions, d'où le choix de héros exceptionnels, mis dans des situations exceptionnelles et compliquées. Il a puisé cet idéal humain dans l'histoire romaine, dans la fierté castillane et dans l'énergie de la Fronde. Il prend ses sujets dans l'histoire, en particulier dans l'histoire romaine. Ses personnages vivent et évoluent, la volonté triomphe des passions en se mettant au service d'une passion supérieure. Corneille connaît le fort et le faible de l'âme humaine. La moralité de son théâtre : force contagieuse de l'exemple ; l'homme vraiment homme par la volonté.

Corneille a vécu dans une époque de passions violentes et de troubles. Il a dominé cette époque par son idéalisme héroïque de son âme chrétienne. Il a créé une tragédie qui est la glorification de la force de l'individu.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Jeu 15 Nov 2018 - 23:34

Au début du XVIIe siècle, il a dans Paris deux théâtres : l'Hôtel de Bourgogne, qui est le théâtre officiel, et l'Hôtel du Marais. Puis, les Italiens fondent au Palais-Royal le théâtre italien où jouera Molière. En 1673, le Palais-Royal et le Marais s'unissent à l'Hôtel Guénégaud. En 1680, l'Hôtel Guénégaud fusionne avec l'Hôtel de Bourgogne : la Comédie Française était fondée.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 16 Nov 2018 - 1:09

J'ai déjà couvert les périodes de la vie de Molière, mais j'aimerais apporter quelques précisions sur l'homme et son oeuvre.

Molière s'est élevé à une conception plus large du théâtre et de l'humanité. il est arrivé au genre qui a fondé sa gloire, lequel est la comédie de caractère. C'est l'obligation qu'il avait de fournir aux plaisirs du roi, qui l'a détourné de sa voie et l'a poussé vers la farce et la comédie-ballet que le roi appréciait particulièrement. Comme précédemment précisé, Molière était un auteur comique, pas un philosophe. Quand on parle de sa philosophie, on pense à la conception de la vie qui se dégage de son oeuvre. L'idéal de Molière est le bonheur dans la société. Certes, elle a des vices, des tares et des ridicules mais elle donne des joies. Il est important de comprendre que Molière est avant tout un homme de théâtre. Il veut faire rire et met en scène les idées qui font rire, sans se préoccuper de leur signification philosophique. Ce n'est pas non plus un moraliste, il n'enseigne pas à bien vivre. Molière s'occupe fort peu de l'action qui a pour lui une importance secondaire. Il pense que ce qui nous intéresse surtout, ce sont les jeux de la scène et les caractères. Pour soulever le rire il emploie des procédés, comme par exemple : la parade grossière, les poursuites et les coups de bâtons, les chutes aussi. Ces bouffonneries soulèvent toujours une tempête de rires.


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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 17 Nov 2018 - 23:53

C'est à partir de son retour à Paris, que le grand Molière écrivit ses chefs-d'oeuvre. Il les donna tous dans un espace de temps fort court. En treize ou quatorze ans, il a écrit près de trente pièces. Il jouait lui-même régulièrement, face à ses ennemis qui ne manquaient pas une occasion pour s'acharner contre lui. S'il triompha d'eux, c'est en grande partie grâce a l'appui du roi, et cela malgré des tracas d'argent et une vie domestique qui fut douloureuse.

Ses pièces magnifiques jouissent d'une renommée universelle, et il ne saurait être question de les résumer ici. Plus ou moins peut-être en dégager une impression générale. On peut voir en Molière un peintre et un critique de la vie et de la société française du XVIIe siècle. Ce qui en fait un personnage important pour les historiens. Il nous a montré les Précieux et les Précieuses, leurs caricatures provinciales ; il a dépeint les Femmes savantes, éprises du grec et de l'astronomie, qui cherchaient à attirer chez elles les savants du temps. Il a critiqué la coutume qui permettait de donner en mariage une enfant à un vieillard et aussi ces unions réglées par les parents où les jeunes gens n'étaient point consultés. Il s'est moqué de façon cinglante des médecins de son temps et de leur fausse science. Dans son Tartufe, il a fait des allusions évidentes à la Compagnie du Saint-Sacrement qui, d'abord fondée dans un but pieux, était accusée de dépouiller les mourants et de vider leur bourse. Dans Don Juan il s'est attaqué aux libertins et dans Le Bourgeois gentilhomme il s'est moqué de leur vanité. Dans La Comtesse d'Escarbagnas et Monsieur de Pourceaugnac, Molière s'est moqué des nobles de provinces qui veulent singer les airs de Paris. On pourrait passer ainsi en revue presque toute les pièces de Molière et dans presque toutes on retrouverait des situations, des caractères ou des traits qu'il avait observés dans la société de son temps. Suivant son mot, il prenait son bien où il le trouvait et mit à profit ses observations personnelles.

Molière n'hésite pas à faire intervenir un personnage secondaire, au milieu d'une situation qui risque de tourner au tragique, et nous fait rire de nouveau. C'est un grand artiste qui pouvait se permettre de de rendre le vice ridicule encore plus qu'odieux et repoussant. il n'a pas prétendu corriger ses contemporains, mais il éprouvait une répugnance certaine contre tout ce qui était artificiel, et tout ce qui s'écartait de la nature.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 19 Nov 2018 - 2:27

Racine débute au théâtre au moment où les pièces galantes font courir tout Paris. Il ne songe pas d'abord à réagir contre la mode. Lui aussi, il fait de l'amour l'unique sujet de ses pièces. Il a du génie et il est soutenu par Molière et par Boileau. Eventuellement, il se dégage de la mode, et s'attache à la passion éternelle. Il va au fond et à la substance. Il commence par sonder l'illogisme douloureux de l'amour, les déchirements, les colères et les violences tragiques. Il va peindre la passion humaine.

Racine appartient à une époque, une génération qui se sépare nettement de la génération précédente. C'est de son théâtre que l'on peut dériver la formule la plus parfaite de la tragédie classique. La tragédie racinienne présente une combinaison unique dans l'histoire du théâtre, composée de violence et de passion.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mer 21 Nov 2018 - 15:03

Racine naquit à la Ferté-Milon, dans la Valois, le 21 décembre 1639. Il était le fils de Jean Racine, procureur du grenier à sel de cette ville, et de Jeanne Sconin. Il connut à peine ses parents : sa mère mourut en 1641, et son père en 1643. Il fut élevé par sa grand-mère, Marie des Moulins

En 1652 Racine alla faire ses humanités au Collège de Beauvais. A partir de 1655, il suit sa tante et à grand-mère entrées à Port-Royal. Il y passera trois années sous la direction des solitaires, qui lui apprirent le grec, lui firent lire les auteurs classiques et la Bible, forgèrent son âme. Racine fut dirigé par Port-Royal vers les sources de son oeuvre future, les tragigues et la Bible. La doctrine morale de Port-Royal sera celle du théâtre de Racine. En 1658, il sort de port-Royal et alla faire sa philosophie au Collège d'Harcourt. Ses études terminées, il entra en qualité de secrétaire, à l'hôtel de Luynes où son cousin était intendant. Il fréquente les théâtres et en 1660, il imprime une "Ode à la Nymphe de la Seine" sur le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse. L'ode plut à Chapelain qui l'a présenta au Roi qui la paya cent écus. Voila Racine homme de lettres. Puis Racine alla chez son oncle Sconin, vicaire général d'Uzès, qui se chargea de lui enseigner la théologie. Il y passa une année entière. En 1662, il rentre à Paris et sur les conseils de Molière, il traita le sujet de la Thébaïde, qui fut joué en 1664 par la troupe du Palais-Royal. Racine se lia d'amitié avec Boileau et écouta ses conseils. En 1665, la Thébaïde fut suivie d'Alexandre et en 1667 il fit jouer Andromaque. De nombreuses oeuvres suivirent : Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie, Phèdre, Esther et Athalie.

Racine qui a maintenant atteint la quarantaine et fatigué d'une vie désordonnée, se décida à vivre en honnête homme. Il se maria avec Catherine de Romanet et il renonça à son existence tapageuse. Il quitta le théâtre. Le roi le choisit pour la glorieuse charge d'historiographe, une fonction qui lui assura une vie confortable. Il mourut en 1699.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Suger le Mer 21 Nov 2018 - 15:49

@Chevalier du Temple a écrit:la chute de l'Empire romain en 476

Faux, la chute de l'Empire romain c'est en 1453.


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À force de murmurer le nom du Roi, naîtront l'espoir du Roi, puis la nécessité du Roi, enfin la Royauté renaîtra.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.
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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mer 21 Nov 2018 - 17:02

@Suger a écrit:
@Chevalier du Temple a écrit:la chute de l'Empire romain en 476

Faux, la chute de l'Empire romain c'est en 1453.


Suger, je vois ou vous voulez en venir mais autant que je sache, la plupart des hitoriens ont placé la chute de l'Empire romain en 476. C'est la date la plus mentionnée par les historiens. C'est à cette date que le roi germanique des Torcilingi, Odoacer, deposa Romulus Augustulus, le dernier empereur romain de la partie occidentale de l'Empire romain.

Maintenant, bien sûr, certains historiens ont placé une date de fin à de nombreux points différents sur un continuum. Il est vrai que la moitié orientale de l'Empire romain est devenue l'Empire byzantin, avec sa capitale à Constantinople. Certains comme vous, pensent que la date de l'Empire romain coïncide avec la chute de Constantinople en 1453. Ils trouvent que la montée de l'islam est plus appropriée pour la fin de l'empire. D'autres pensent qu'en fait, c'est la montée du christianisme qui met fin aux Romains.

Personnellement, j'ai pour habitude de m'en tenir à la date officielle fixée par les historiens de ce monde, laquelle est 476. L'Histoire de l'Eglise précise également que l'année 476 représente la chute de l'Empire d'Occident et que l'année 1453 marque la prise de Constantinople par les Turcs.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Suger le Mer 21 Nov 2018 - 17:26

@Chevalier du Temple a écrit:Suger, je vois ou vous voulez en venir mais autant que je sache, la plupart des hitoriens ont placé la chute de l'Empire romain en 476. C'est la date la plus mentionnée par les historiens. C'est à cette date que le roi germanique des Torcilingi, Odoacer, deposa Romulus Augustulus, le dernier empereur romain de la partie occidentale de l'Empire romain.

Maintenant, bien sûr, certains historiens ont placé une date de fin à de nombreux points différents sur un continuum. Il est vrai que la moitié orientale de l'Empire romain est devenue l'Empire byzantin, avec sa capitale à Constantinople. Certains comme vous, pensent que la date de l'Empire romain coïncide avec la chute de Constantinople en 1453. Ils trouvent que la montée de l'islam est plus appropriée pour la fin de l'empire. D'autres pensent qu'en fait, c'est la montée du christianisme qui met fin aux Romains.

Personnellement, j'ai pour habitude de m'en tenir à la date officielle fixée par les historiens de ce monde, laquelle est 476. L'Histoire de l'Eglise précise également que l'année 476 représente la chute de l'Empire d'Occident et que l'année 1453 marque la prise de Constantinople par les Turcs.


Il suffisait de dire " la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 " pour ne souffrir d'aucune contestation.
Il est important d'être précis quand on parle d'histoire.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Henryk le Jeu 22 Nov 2018 - 9:22

A partir des années 400, Rome avait du plomb dans l'aile et les ailes des partis, ne tenait le corps de l'état que par une inertie laxiste. Rien de nouveau, donc.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 23 Nov 2018 - 2:55

Réflexions sur l'art de Racine.

Le but de sa tragédie se propose d'émouvoir notre pitié, par le spectacle de la faiblesse humaine, en nous montrant l'homme victime des passions fatales. Son sujet est l'amour. Si Racine a fait le sujet de toutes ses tragédies, c'est que l'amour est de toutes les passions et la plus touchante. Elle excite la pitié et fait couler beaucoup de larmes. Racine en a fait son sujet central et unique de la plupart de ses tragédies. Il est désireux de toucher les coeurs, et la vraisemblance est sa loi. Il l'obtient par le choix de ses sujets qui sont pris dans la vie courante. Par exemple, la situation, qui fait le fond d'Andromaque ou de Bérénice, est de celles que l'on rencontre dans la vie courante. Il fait usage de l'histoire et ressuscite le passé dans sa couleur véritable : il nous présente Néron criminel et attaché à la vertu, Phèdre incestueuse et repentante, Pyrrhus généreux et brutal, Mithridate sublime et méprisable. Son style est un instrument d'émotion adapte à son but. Les passions qu'il nous présente ont quelque chose d'universel et de permanent, l'homme de tous les temps et de tous les pays peut se retrouver dans ses personnages. Il nous montre les déboires, les hontes, les tortures et les catastrophes que la passion apporte. L'art de Racine est le plus achevé que la France ait connu, trouble et inquiétant.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 23 Nov 2018 - 17:07

Louis XIV était très amoureux des spectacles, il ne cessa de favoriser les auteurs, pour sa plus grande gloire. Son amour de la danse et sa fascination pour la mise en scène grandiose des ballets étaient considérables. Le Roi qui était un grand amateur de ballets, d'opéra et de théâtre adorait assister aux spectacles. Il protègeait la troupe des Comédiens Italiens qui devint la troupe des Comédiens ordinaires du Roi. Selon les historiens, mille deux cents tragédies et comédies furent jouées pour la cour sous le règne de Louis XIV.

Molière et Louis XIV avaient un amour et une passion commune pour le théâtre. Le Roi qui n'avait pas pour habitude de laisser critiquer son pouvoir, aimait les traits d'esprit de Molière qui charmait son intellectuel et le faisait rire. Dans le cadre enchanteur des jardins de Versailles, Molière devint un grand metteur en scène. Il mit en place tout un univers qui captiva le Roi et sa cour. Grâce au support financier et à la protection du Roi, Molière se consacra pleinement à l'écriture et à l'élaboration de ses oeuvres théâtrales.

Malgré l'Eglise qui voyait d'un mauvais oeil les comédiens, Louis XIV prit toujours leur défense et leur allouait parfois des bourses et des salles où ils pouvaient se produire.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 24 Nov 2018 - 18:45

En ce temps-là, la plupart des comédiens étaient des nomades qui avaient une vie difficile. Il fallait vraiment qu'ils rivalisent d'astuce et de débrouillardise pour vivre de leur talent. Le pain manquait souvent.

La charrette attelée de boeufs ou de chevaux maigres, était la maison nomade des acteurs. Cette charrette était pleine de coffres et de malles ainsi que de grossiers décors de toiles peintes. Les comédiens vêtus d'habits pauvres de mine, marchaient à côté de la charrette. L'entrée de la troupe en ville était presque toujours un joyeux évènement pour la populace. Souvent, les gens étaient tellement pressés de voir un spectacle, qu'ils demandaient aux comédiens de performer sur l'heure. En général, la troupe avait plus de dettes que de revenus. Afin de ne pas manquer de ressources, il était nécessaire de rassembler le plus de spectateurs possible et jouer la pièce plusieurs fois. C'était la seule façon de se tirer d'affaire.

Ce n'était pas une petite affaire d'être comédien car ils avaient une mauvaise réputation, le métier de comédien étant considéré comme une offense à la bonne moralité. Ce n'était pas toujours facile à un comédien de subir sa mauvaise réputation, de faire face à la fois à des soucis moraux, de sérieuses difficultés matérielles, aux critiques de l'Eglise et des nobles. Les contraintes étaient multiples et dans certaines villes, ils obtenaient difficilement une salle adéquat pour jouer. Ce qui explique que souvent, le théâtre était joué dans les rues, de manière précaire.

Certains comédiens avaient la chance que leur troupe soit protégée par un noble ou un bourgeois, suffisamment riche pour se permettre de financer le théâtre et de nourrir et loger la troupe entière.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Lun 26 Nov 2018 - 4:52

Au début du XVIIe siècle, le théâtre à la française était construit sur le modèle des Jeux de paumes, lesquels étaient des salles de sport où l'on pratiquait un jeu de balle similaire au tennis. Plus tard, au cours du XVIIe siècle, le théâtre à l'italienne s'est imposé dans toute l'Europe. il s'agissait d'une salle conçue en arc de cercle, qui permettait d'accueillir davantage de spectateurs.

Les spectateurs s'installaient dans le théâtre selon leur rang social. Les loges et les galeries étaient pour les nobles et les riches, les courtisans, les grands bourgeois. Les moins fortunés se tenaient debout sur le parterre. Le théâtre était un moyen de se divertir et de se distraire car à cette époque très peu de gens savaient lire. C'était plus qu'un lieu de culture, on allait au théâtre pour se montrer et faire des rencontres. Pour certains, c'était aussi une manière élégante de se réunir et de vanter son esprit auprès de la noblesse afin de monter les échelons de la société et de se faire une place à la cour.

Le théâtre était un lieu vivant et agité, très bruyant et turbulent à l'extrême. Les spectateurs sifflaient, hurlaient, raillaient et se moquaient des comédiens. Parfois, la représentation était interrompue par des bagarres.

A la cour, l'une des principales contraintes était de plaire au roi. Si certaines idées étaient trop extravagantes, elles étaient censurés impitoyablement. Certaines pièces de théâtre qui ne plaisaient pas au roi connurent ce sort. Par exemple, la scène 2 de l'acte III du << Don Juan >> de Molière fut presque entièrement supprimé, pour atteinte aux bonnes moeurs. Dans cette scène, Molière faisait proposer à Don Juan un marché à un pauvre : si celui acceptait de jurer contre le ciel, son héros lui donnerait un louis d'or. Le roi très chrétien ne pouvait souffrir que l'on pu jurer contre le ciel pour de l'argent.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Mar 27 Nov 2018 - 13:38

Au début du XVIIIe siècle, les comédiens italiens chassés par Louis XIV son de retour, les grands dramaturges du siècle passé sont toujours bien vivants sur les scènes parisiennes tandis que la comédie de Molière est prolongée par l'auteur Jean-François Regnard.

Après 1750, le théâtre passe sous la domination de l'encyclopédie et devient un instrument de propagande philosophique. La tragédie s'éloigne de la matière historique et se rapproche de la réalité contemporaine, de la bourgeoisie et du peuple. Quant à la comédie elle évolue en sens contraire ; elle se détache de la farce et de la plaisanterie. Elle recherche les sujets sérieux, en se préoccupant de toucher et d'instruire.

Le théâtre du XVIIIe siècle est marqué par des genres nouveaux, comme la comédie larmoyante et le drame bourgeois, qui est une rencontre entre la tragédie et la comédie. Il s'agit de mettre en avant des situations pathétiques dans le contexte réaliste de situations dramatiques qui touchent des familles bourgeoises.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Ven 30 Nov 2018 - 17:47

Nous sommes maintenant dans un siècle où l'on voit se produire la décadence de la tragédie ainsi qu'une transformation de la comédie.

En effet, la tragédie n'est représentée par aucun chef-d'oeuvre au dix-huitième siècle. Le plus souvent on se borne à imiter la formule que Racine avait portée à la perfection. La tragédie classique semble épuisée et finit par lasser. Voltaire va s'appliquer à renouveler la tragédie classique, en traitant des sujets nationaux et non plus seulement des sujets antiques. Voltaire qui était tout entier à la lutte philosophique, chercha des sujets capables de porter des leçons, au lieu de créer des personnages vivants. Il s'est servit de ses héros comme porte-voix de ses idées. Malheureusement pour lui, ces tragédies manquaient de génie.

La Comédie de Molière, surtout les éléments comiques, avait toujours un grand succès auprès du public. Les auteurs comiques de ce siècle s'efforcèrent de rajeunir Molière en faisant usage de la satire sociale qui était à la mode. Comme au temps de Molière, on avait aucune indulgence pour les bourgeois que l'on raillait, sous les huées des spectateurs. On s'attaquait également à une classe d'hommes particulièrement détestés : les financiers. Pour le public, ces personnages avaient tous les vices et tous les ridicules. Souvent le rire faisait place à l'indignation. Il n'était pas rare que certains spectateurs excités, se lancent sur la scène pour tabasser le comédien qui jouait le rôle du vilain.

Des changements se produisaient à cette époque, des modifications profondes s'opéraient dans les façons de vivre, de penser et de sentir des Français.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Sam 1 Déc 2018 - 18:35

Marivaux va donner une orientation différente à la comédie. Il va apporter de l'originalité avec l'analyse minutieuse des sentiments et des ridicules les plus subtils. C'est un homme qui savait regarder et voir les âmes, il le porta au théâtre. Il s'est plu à peindre l'éveil du coeur et des sentiments chez les jeunes gens. La pièce la plus célèbre de Marivaux est "Le Jeu de l'Amour et du Hasard". Ce genre était tellement original qu'on créa le mot de << marivaudage >> pour caractériser son dialogue.

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Re: Le théâtre occidental

Message par Chevalier du Temple le Dim 2 Déc 2018 - 13:38

Ce n'est pas du tout mon intention de faire la promotion et l'éloge de Voltaire sur ce forum Royaliste. Mais étant donné que Voltaire fut un auteur dramatique, que toute sa vie il a écrit pour le théâtre, que partout où il s'est trouvé il a organisé un théâtre, qu'il a fait jouer et joué lui-même ses pièces, il me semble qu'il est incontournable. J'espère que vous en conviendrez.

Après un bon séjour à la Bastille pour avoir écrit des vers effrontés qui firent du bruit, Voltaire veut conquérir la gloire par une tragédie. Il fait jouer << Oedipe >> au Théâtre Français en 1718. Le succès de cette pièce est vif et afin de consacrer sa réputation, il entreprend d'écrire une épopée, << La Henriade >>. Quand elle paraît en 1723, Voltaire est sacré grand homme. On le trouve, maintenant, à la Cour où il plaît à la reine. Il fait beaucoup de bruit en compagnie des grands seigneurs, et bien vite, il va apprendre à ses dépens que le fils du greffier Arouet, n'est pas l'égal des ducs. Le chevalier de Rohan, qu'il avait bousculé sur les bancs du théâtre, le fait bâtonner copieusement, publiquement. Et comme Voltaire criait un peu trop fort, le chevalier le fit enfermer à la Bastille. Voltaire ne put se sortir de cette situation qu'en promettant de passer en Angleterre.

Voltaire a alors trente-deux ans, ses idées sont arrêtées, il a un irrespect fondamental pour tous les principes. Pendant son séjour de deux ans en Angleterre, il va étudier les hommes, les moeurs et les institutions. A son retour, il est plus audacieux que jamais, il crie très haut ce qu'il insinuait autrefois. Rentré à Paris, il donne au théâtre << Brutus et Zaîre >>. Puis il rédige ses << Lettres anglaises >> qui soulevèrent un grand tumulte car il y raillait le clergé, les institutions et la monarchie. Les Lettres anglaises furent brûlées par la main du bourreau et Voltaire jugea prudent de quitter Paris. Il passa quelques années près de la frontière de Lorraine au château de Cirey où la marquise du Châtelet lui avait offert un asile. Occasionnellement, il se montrait à Paris où il se sentait suspect et s'occupait de théâtre.

Voltaire reste fidèle au théâtre, sa grande passion. Désireux et impatient de renouveler la tragédie, il cherche des sujets nouveaux. Il emprunte à l'histoire de France du moyen âge avec << Adélaïde du Guesclin >>. Il attaque le fanatisme dans << Mahomet >>, écrit une tragédie << Mérope >>. Il écrit << L'Orphelin et la Chine > puis << Tancrède >>. Pris entièrement par la lutte philosophique, Voltaire fait du théâtre une tribune, il traite de la tolérance et de la royauté. Il délaisse la psychologie et fait de la tragédie un spectacle. Il veut frapper l'imagination, et émouvoir le sensibilités par l'émotion et les scènes touchantes. Il fait également appel aux passions religieuses et politiques. Tout cela est nouveau, inquiétant et assez froid.

Donc Voltaire qui est engagé dans la lutte philosophique, fit de la tragédie une tribune. Ses pièces de théâtre, comme par exemple Mahomet, Les Guèdres et Dom Pèdre sont des pièces de combat. La tragédie se transformait, elle touchait à l'actualité. En devenant familière, le vieux cadre classique qu'elle conservait apparaissait chaque jour plus désuet et plus inadapté.


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