Le retour en fanfare des Têtes brûlées

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Message par Mabblavet le Ven 19 Oct 2018 - 21:28

Vu dans Le Point

Le feuilleton consacré à l'escadrille de « Pappy » Boyington ressort en coffret DVD. L'occasion de redécouvrir un monument télévisuel des seventies.

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L'escadrille américaine VMF 214, plus connue sous son surnom de Black Sheep squadron ( l'escadron des moutons noirs ou plutôt des brebis galeuses en anglais), est entrée dans la légende pendant la Seconde Guerre mondiale en détruisant plus de 200 avions japonais, dont 97 en combats aériens. Un tableau de chasse d'autant plus remarquable que les 27 membres de cette unité, anciens repris de justice pour la plupart, n'avaient jamais piloté d'avion lorsqu'ils furent recrutés. Dix d'entre eux perdront d'ailleurs leur vie pendant la bataille du Pacifique.

À leur tête figurait le lieutenant Gregory Boyington qui les forma, en moins de trois mois, à l'art du pilotage et de la chasse. Cet ancien engagé volontaire au sein des « Tigres volants », un groupe de mercenaires ayant combattu en Chine contre l'armée japonaise dès 1940, était lui-même une sacrée gâchette. Il enregistra ainsi, à lui seul, 27 victoires aériennes et se vit honoré d'une medal of honor, la plus haute distinction américaine, après que son avion se fut crashé et qu'il eut été porté disparu en mer. Capturé par les Japonais, il ne fut libéré que 20 mois plus tard, après la capitulation de l'empire nippon.

C'est en lisant les mémoires de Boyington et après y avoir découvert les exploits de son improbable escadrille que Stephen J. Cannell eut l'idée de consacrer une série télévisée à cette page méconnue de l'histoire militaire. Après des débuts comme scénariste sur les séries Columbo et L'Homme de fer, Cannell venait de rencontrer un premier succès en créant, en 1974, pour la chaîne NBC, la série 200 dollars plus les frais (The Rockford Files) où James Garner interprète le rôle d'un détective privé au lourd passé carcéral. Il était parvenu à vendre aux directeurs de cette même chaîne, le concept d'une série historique sur les Black Sheep (Les Têtes brûlées en VF) en promettant à ses diffuseurs un budget d'autant plus réduit qu'il réutiliserait des plans tirés de divers films de guerre mais aussi d'archives filmées pour reconstituer les séquences de combats aériens.

Né le 1er mars 1935, Robert Conrad, ancien boxeur « poids plume » (il mesure 1,67 m) avait été révélé plus de dix ans auparavant par la série Les Mystères de l'Ouest.

Pour incarner Boyington, rebaptisé Pappy par ses hommes en raison de son âge relativement avancé (30 ans en 1942) par rapport à ses hommes, Cannell eut l'idée d'embaucher Robert Conrad qui avait incarné à la télévision américaine le rôle de James West, dans Les Mystères de l'Ouest, entre 1965 et 1969. Alors âgé de plus de 40 ans, le comédien végétait dans une semi-retraite. Il fit, grâce à cette série, un come-back tonitruant, épaulé par une belle galerie de personnages. À commencer par Gregory Boyington, lui-même, qui incarne le personnage du général Kenlay dans trois épisodes !

Le casting de la série comporte ainsi une belle brochette d'acteurs, abonnés au petit écran. Tels Simon Oakland (tête d'affiche de la première série produite par Cannell : Toma), mais aussi Dana Elcar (acolyte de Richard Dean Anderson dans MacGyver). Tels encore Dirk Blocker, qui avait fait ses premières armes dans La Petite Maison dans la prairie. Ou W.K. Stratton, qui a ensuite embarqué tour à tour sur La Croisière s'amuse puis Starsky et Hutch avant de retrouver Jeff MacKay, Larry Manetti et James Whitmore Junior au sein de la bande de copains qui entoure Magnum. Les spectateurs les plus observateurs auront, enfin, reconnu Robert Ginty dans Arnold & Willy, John Larroquette dans Dallas puis Remington Steele (avant de faire des apparitions dans Dr House). Sans oublier Joey Aresco, devenu par la suite un "pilier" de soap-opéra. Il est l'un des rares comédiens a avoir réussi l'exploit de jouer dans le tiercé gagnant : Dallas, Santa Barbara et Dynastie.
Deux saisons et puis s'en vont

Au terme de deux saisons, la NBC ne commanda pas de suite au producteur. On le regrette d'autant plus que les aventures des pilotes particulièrement indisciplinés de cette escadrille aéronavale (dont les avions décollaient des porte-avions USS Sicily et USS Boxer) affichent un charme indéniable. Éclipsé par le succès outre-Atlantique de la série MASH, qui connut 11 saisons entre 1972 et 1983 sur la chaîne CBS, Les Têtes brûlées s'arrêtèrent après un ultime épisode diffusé le 6 avril 1978.

Si les connaisseurs en matière d'aéronautique moqueront les erreurs de la série (les avions japonais ne sont pas des Zéros mais des T6 américains maquillés et les manœuvres décrites ne sont pas toujours « réglementaires »), les autres retrouveront avec plaisir la silhouette trapue des Corsair et leur inoubliable voilure pliable en W. Les fans, que l'on compte principalement dans la génération née dans les années 1970, dont l'enfance a été bercée par les nombreuses rediffusions de ses épisodes sur les chaînes françaises, passeront la manière caricaturale dont sont traités les pilotes japonais et fermeront les yeux sur les redondances des scénarios comme la répétition des mêmes plans lors des duels aériens.

Le thème musical du générique, composé par Mike Post et Pete Carpenter, mérite à lui seul qu'on se penche sur cette série. Il rappellera aux spectateurs celui de L'Agence tous risques, également signé par Post et Carpenter. Une fois n'est pas coutume, on recommandera chaudement la version française des Têtes brûlées... pour les intonations gouailleuses de Jacques Thébaut qui prête sa voix à Robert Conrad. Mais aussi et surtout le timbre grave de Jacques Deschamps qui double l'ombrageux colonel Lard (campé par Dana Elcar). Descamps que l'on retrouve également au générique de la VF des Incorruptibles (il est la voix française de Robert Starck/Eliott Ness) mais aussi de Clint Eastwood dans la Triloge du dollar de Sergio Leone, actuellement à l'honneur de la Cinémathèque.

Les 8 DVD du coffret sont accompagnés d'un livret sur l'histoire de la série signé par Didier Liardet. Ainsi que d'un documentaire de Pierre Grumberg.

Les Têtes brûlées , feuilletons réalisés par Russ Mayberry, Lawrence Doheny, Walter Doniger, John Peyser, Jackie Cooper, Alex Beaton, Ivan Dixon, Jeannot Szwarc, William Wiard, Barry Shear, Edward Dein, Dana Elcar, Philip DeGuere Jr et Robert Conrad. Éléphant Films, 70,99

SOURCE : Le Point
Mabblavet

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