L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

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L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Message par Excalibur le Sam 6 Oct 2018 - 11:05



L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Ce chapitre du site Theudericus a pour objet un des objets les plus sacrés de l'Histoire de France : L'Epée de Jeanne d'Arc. L'histoire de cette Epée sera abordée dans les paragraphes suivants, ainsi que les légendes qui sont censées révéler ce qu'est devenu cette Epée.



Histoire de l'Epée de Jeanne d'Arc :

La découverte de l'Epée :

L'Epée de Sainte Jeanne d'Arc est une des arme des plus renommées de l'Histoire Sacrée de France.

Comparable à Durandal, l'épée de Roland, Joyeuse, celle de Charlemagne, Hauteclaire, l'épée d'Olivier le Preux, Courtain l'épée tronquée d'Ogier le Danois, l'Epée de Jeanne qui "bouta les Anglois hors du Royaume de France" participe de la mystique guerrière du Royaume.


Cette Epée qui fut l'arme par excellence de la Pucelle d'Orléans pendant toutes ses batailles et ses faits d'arme fut découverte sur son indication sous les dalles de l'église de Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire).

Jean Chartier, dans son "Journal du Siège et Chronique de la Pucelle", mentionne l'Epée et les circonstances de son acquisition par Jeanne d'Arc : le Dauphin Charles ayant voulu lui fournir une épée, Jeanne demanda une épée particulière, celle qui devait provenir de l'église de Sainte-Catherine de Fierbois.

Jeanne d'Arc, partie de Vaucouleurs le 23 Février 1429, était parvenue à Sainte-Catherine-de-Fierbois, en Touraine, le 4 Mars et avait prié pour le succès de sa mission dans la chapelle dédiée à Sainte Catherine d'Alexandrie.

Les Voix de Jeanne lui avait indiqué que l'Epée qui lui était destinée était présente dans la chapelle de Sainte-Catherine-de-Fierbois. Les Voix de ses Saints lui avaient précisé que la garde de l'Epée était ornée de cinq croix.

Ces cinq croix symbolisaient les cinq plaies du Christ : Celles des deux mains et des deux pieds de Jésus de Nazareth crucifié et cloué sur la Croix, et de sa plaie au flanc droit faite par le centurion Longin avec son javelot, pour constater sa mort.

A propos de cette Epée, Jean Chartier précise : "on lui demanda si elle (Jeanne) l'avoit oncques veue, et elle dit que non.".

Un forgeron, fonction magique par excellence, fut alors envoyé depuis Tours et découvrit l'Epée parmi plusieurs ex-voto déposés là, apparemment dans un coffre derrière l'autel. Selon d'autres sources, l'Epée était ensevelie près de l'autel de la chapelle. Quoiqu'il en soit, tous les récits concordent sur le fait que l'Epée fut formellement identifiée par les cinq croix.

L'Epée de Charles Martel :
Cette Epée était de facture très ancienne : La légende veut que Charles Martel, après avoir repoussé les Sarrasins des portes de Tours et les avoir battus sur la route de Poitiers le 25 Octobre 732, exterminât les dernières troupes musulmanes dans les bois qui avoisinaient alors Sainte-Maure.

Pour remercier Dieu de cette victoire décisive sur les Maures, Charles-Martel fit construire en ce lieu sauvage appelé Fierbois ("Ferus bocus") une petite chapelle, dédiée à sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des soldats. En ex-voto, il y déposa, derrière l'autel, son épée qui avait sauver la Chrétienté.

Dès lors, Jeanne portât cette Epée en toute occasion et cette Epée fut l'arme de tous les sièges et de toutes les exploits de Jeanne (Orléans, Jargeau, Donnery, Meung, Beaugency, Patay)

Mais la Providence sembla quitter La Pucelle, quand Jeanne, selon le duc d'Alençon, brisa à Saint-Denis son Epée sur le dos d'une prostituée, vraisemblablement après la tentative manquée contre Paris en Septembre 1429.

Il semble que la Pucelle d'Orléans ait pris l'habitude de frapper avec cette Epée sur le dos des filles de joie qu'elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnés à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page, Louis de Coutes, en l'étape de Château-Thierry.

Charles VII se montra très mécontent du bris de l'Epée. Celle-ci avait en effet pris des allures d'arme magique parmi les compagnons de Jeanne, et sa destruction passa pour un mauvais présage.

Ici s'arrête l'histoire "officielle" de l'Epée de la Pucelle d'Orléans. Les chroniques de l'èpoque ne firent plus mention de l'Epée miraculeuse de Jeanne, ni des ses fragments éventuels.

Les légendes sur Histoire de l'Epée de Jeanne d'Arc :
Des nombreux érudits se sont poser des questions sur le bris de l'Epée de Jeanne d'Arc. L'auteur de ces lignes, lui-même s'interroge sur le fait plutôt curieux que Jeanne ait frappé des prostituées avec une arme autant chargée de sens symbolique et sacrée.

De plus, cet estoc qui fut manié gaillardement au cours de tant de batailles, semble bien fragile pour s'être rompu sur le dos d'une catin.

Nous pensons que cette histoire de bris et de prostituée a été inventée, de manière à ce que cette Epée soit définitivement oubliée, de manière à la mettre en lieu sur et à ce que personne ne cherche à la retouver.

Cette mention de prostituée, si incongrue et surprenante, présente une telle opposition avec la symbolique de l'Epée, que cette anecdote est plus que certainement un signe permettant auw Initiés de chercher une explication plus plausible quant au devenir de l'Epée.

De fait plusieurs légendes mentionnent le fait que l'Epée de Jeanne d'Arc a été préservée et a été dissimulée aux yeux des profanes. Dans ce paragraphe, nous aborderons les légendes de Wandonne, de Lagny, et de Donnery, afférentes à l'Epée de Jeanne d'Arc.

La légende de Wandonne :
Suivant une légende du comté de Flandres, l'Epée de Jeanne d'Arc fut récupérée et conservée par un certain Lyonnel de Wandonne. Wandonne est une petite ville du pas de Calais, (qui s'appelait autrefois Audincthun.)

En effet, le 23 mai 1430 c'est l'écuyer Lyonnel de Wandonne, appelé couramment par les historiens "le Bâtard de Wandonne ", qui eu le triste honneur de capturer Jeannne d'Arc. Celle-ci fut remise au Comte Jean de Luxembourg contre une forte rançon.

La légende dit que l'écuyer avait gardé par devant lui, la fameuse Epée et qu'il l'emmura derrière l'autel de l'église de Wandonne. De nombreuses fouilles et recherches, pour localiser l'Epée furent menées en pure perte dans cette église.

De fait, bon nombre d'historiens et même d'érudits locaux pensent que Wandonne, ne serait pas le véritable lieu ou seraient conservés les reliques de l'Epée de Charles Martel. (Cette petite ville du Pas-de-Calais ne représentant rien dans l'épopée Johannique). Cependant, le lecteur verra plus avant que la récit de Wandonne donne des indications précieuses quant au veritable lieu où pourrait se trouver l'Epée.



La légende de Lagny :
Une autre légende prétend que l'Epée de Jeanne d'Arc serait cachée de l'église Notre-Dame-des-Ardents, à Lagny-sur-Marne, depuis presque six siècles.

La légende prend forme vers en 1430, lors du second passage de Jeanne d'Arc à Lagny-sur-Marne vers la fin Avril. Aux alentours de Lagny, la Pucelle d'Orléans apprend qu'une troupe de Bourguignons, alliés de l'Angleterre, est stationnée à quelques kilomètres de la ville, dans la plaine de Vaires.

A la tête d'une armée, Jeanne engage le combat et fait prisonnier le chef des ennemis, Franquet d'Arras. Elle s'empare de son épée, et revient à Lagny-sur-Marne avec deux armes.

Début Mai, Jeanne d'Arc quitte Lagny, sauf que les témoins disent que Jeanne ne repart qu'avec une seule épée. Quelques jours plus tard, Jeanne d'Arc est arrêtée à Compiègne. Lors de son procès, en février 1431, elle est interrogée sur ses armes. La Pucelle d'Orléans explique que si elle a conservé jusqu'à Compiègne la lame prise à Franquet d'Arras, elle en a offert une première à l'abbaye de Lagny-sur-Marne. Personne ne précise allors si l'épée confiée à l'abbaye est bien celle de Charles Martel.

Depuis, l'épée serait cachée dans l'église Notre-Dame-des-Ardents, dans un mystérieux souterrain, une éventuelle crypte ou dans un pilier.

Cependant les érudits sont très prudent avec cette légende de Lagny. En effet, des historiens précise qu'un frère de Jeanne d'Arc, chargé de veiller sur ses biens, aurait été en possession de cette fameuse Epée, et ce après la mort de sa soeur Jeanne.


La légende de Donnery :
Une troisième légende fait état de la conservation de l'Epée de Jeanne d'Arc. Celle ci concerne le village de Donnery, situé dans le Duché d'Orléans.

Cette nouvelle légende Orléanaise, fait pendant à la légende de Wandonne. En effet, des historiens ont fait appel à la Science Sacrée de l'Héraldique, afin de retrouver ésotériquement le véritable lieu où seraient cachées les reliques.

Des rapprochements héraldiques et onomastiques troublant laissent à penser que les reliques de l'Epée de Jeanne d'Arc, l'Epée de Charles Martel ont regagnés les centres spirituels de la forêt des Carnutes et de l'ancienne Gaule.

En effet la région comprise entre Donnery, Jargeau et Saint-Benoit-sur Loire, correspond à un "Triangle Sacré" de l'épopée Johannique. Tout naturellement, certains auteurs ont recherché des indices permettant d'affirmer que l'Epée de France serait cachée dans ce triangle géographique immémorial.

Par delà la délivrance d'Orléans, qui fut la plus grande défaite des Anglais depuis le commencement de la Guerre de Cent ans, l'exploit le plus miraculeux de la Pucelle, envoyée par Dieu pour délivrer la France, fut le couronnement du Dauphin Charles à Reims. Ce couronnement prouvait au peuple de France et d'Angleterre, que Charles VII était le véritable Roi de France désigné par Dieu, et le Roi d'Angleterre un usurpateur.

Après avoir délivré l'Orléanais en Mai 1429, Jeanne d'Arc partit le 1er Juillet avec le Dauphin sur la route de Reims. Son point de départ fut l'abbaye de Sully sur Loire. Il est donc tout à fait naturel que l'Epée qui permis possible un tel miracle, regagne, à la fin de l'épopée Johannique les Lieux les plus Saints du Royaume de France, dans le triangles sacré de l'Orléanais.

En se basant sur les règles du Blason, des historiens ont rattaché le blason d'Audincthun, à celui de Donnery et celui de la famille des seigneurs de Donnery, pour conclure que les restes de l'Epée auraient été déposés dans l'Omphalos de la Forêt des Carnutes, le Dun Rix.

Les deux armoiries de la ville d'Adincthun, et de Donnery ainsi que celle de la famille Foyal de Donnery, non seulement se ressemblent étonnament selon le règles Héraldqies, mais se complétent par le nombre de pièces honatables (chevrons et de chevronnels), dessinés sur les armoiries de ces villes.




Plus d'info: ICI

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Re: L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Message par Mavendorf le Sam 6 Oct 2018 - 13:18

Je vois mal comment cette épée aurait pu se briser, comme il a été rapporté selon les approximations de l'histoire. Son origine reste également un mystère, elle aurait appartenu à Charles Martel pourquoi pas. Ce qui me semble improbable, c'est sa disparition, elle doit bien exister encore. Very Happy


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Re: L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Message par Française le Sam 6 Oct 2018 - 13:24

On a bien retrouvé la bague ... Very Happy

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Re: L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Message par Mavendorf le Sam 6 Oct 2018 - 14:41

@Française a écrit:On a bien retrouvé la bague ... Very Happy

Nous avons donc toutes les bonnes raisons d'espérer. Wink

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Re: L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Message par Henryk le Sam 6 Oct 2018 - 16:05

L'épée de Jeanne s'il n'y en a qu'une seule, a pu:
- être cachée par elle avant son arrestation
- récupérée par les bourguignons.
- récupérée par les anglais comme sa bannière et doit se trouver quelques pas à Londres, comme d'autres reliques.

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Re: L'épée de Sainte Jeanne d'Arc.

Message par Héloise le Sam 6 Oct 2018 - 18:08

'Epée de Fierbois
L'épée de Jeanne a toujours interpellé, du moins celle dite de Fierbois...
Un bref résumé de la légende johannique s'impose !

Jeanne demande à Robert de Baudricourt de lui donner une escorte afin de la conduire à Chinon pour y rencontrer le dauphin, mandatée en cela par les divers saintes et archange qui lui sont apparus dans le jardin de son père, juste à côté de sa maison natale, vers la droite, à partir de ses treize ans, et à maintes reprises ensuite...
Baudricourt accède à sa demande après moult tergiversations et lui octroie donc plusieurs cavaliers qui vont l'accompagner jusqu'à Chinon, via Fierbois dont elle va visiter la chapelle et y assister à plusieurs offices.
Arrivée peu de temps après à Chinon, le terme de son voyage, elle envoie des clercs quérir cette fameuse épée, dont les " historiens " traditionalistes estiment qu'elle a appartenu à Charles Martel, qui en a fait don à ce lieu de culte, et a été enterrée derrière l'autel après sa fameuse victoire de Poitiers en 732 sur les Arabes.



Charles Martel à la bataille de Poitiers.

Dès sa découverte, la rouille qui recouvrait cette arme légendaire s'est décollée au passage d'un simple coup de chiffon !
Cet objet, qui avait acquis un statut d'épée magique auprès des troupes de Jeanne, finit plus prosaïquement brisée sur le dos d'une des ribaudes qui suivaient l'armée, au grand déplaisir du Roi dit-on !



Jeanne chasse les filles de l'armée...

Voilà pour la Légende Dorée...

Mais qu'en est-il dans la réalité ?
En fait, dès le début, nous sommes forcés de contredire cette belle " histoire " : déjà, ce n'est pas Jeanne qui a l'initiative du départ vers Chinon, mais bien le messager royal Collet de Vienne qui vient la quérir auprès de Baudricourt ! rappelons au passage qu'un " chevaucheur royal " comme l'est ce chevalier est en fait un messager du roi, revêtu d'un tabard aux armes de son souverain, ce qui lui assure une totale impunité lors de ses missions, ne l'oublions pas.

Hormis donner le départ de la mission de la Pucelle, on ne voit d'ailleurs pas trop ce que serait venu faire ce personnage dans un coin aussi reculé que Vaucouleurs...



L'arrivée de Jeanne avec son escorte à Chinon.

Jeanne et son escorte vont donc bien passer par Fierbois, et la Pucelle va y rester deux jours.

Ce qui accessoirement signifie qu'elle ne semble pas très pressée de rejoindre Chinon tout proche, ou bien alors qu'elle demeure en ce lieu pour y chercher quelque chose ! et précisément donc dans la chapelle, où on a pu remarquer qu'elle assiste à plusieurs offices, ce qui doit lui prendre un certain temps, et lui laisser tout loisir d'inspecter les lieux !
Mais il semble qu'il lui manque alors certaines informations, et c'est donc depuis Chinon, l'étape finale, qu'elle devra envoyer des messagers rechercher la fameuse épée.



L'église Sainte Catherine de Fierbois

Et Jeanne précise elle-même que lors de son passage à Fierbois, elle pense qu'on ne l'aurait pas autorisée à la prendre... Il lui fallait donc un sésame qu'elle ne possédait pas avant son arrivée à Chinon ! on peut donc s'interroger là encore. Qui l'a donc informée au sujet de cette arme ? seraient-ce les graffiti de la tour du Coudray..?

Voici ce que l'on peut lire à ce propos dans les minutes de son procès :

« …Tandis que j'étais à Tours, j'envoyai chercher une épée qui se trouvait dans l'église Sainte-Catherine-de-Fierbois derrière l'autel.
— Comment saviez-vous que cette épée fût là ?
— Cette épée était en terre, toute rouillée et la garde était ornée de cinq croix. Je sus qu'elle se trouvait là par mes voix, et l'homme qui l'alla chercher ne l'avait jamais vue. J'écrivis aux ecclésiastiques dudit lieu qu'ils voulussent bien m'envoyer cette épée, et ils me l’envoyèrent. Elle n'était pas trop enfoncée en terre, derrière l'autel comme il me semble.
Aussitôt après que l'épée eût été trouvée, les ecclésiastiques dudit lieu la frottèrent, et aussitôt la rouille tomba sans difficulté. Ce fut l'armurier de Tours qui l'alla chercher. Les prêtres de Fierbois me firent don d'un fourreau, et les habitants de Tours d'un autre. On fit donc faire deux fourreaux, l'un de velours vermeil, et l'autre de drap d'or. Et moi j'en fis faire un troisième de cuir solide… »

Notons tout d'abord la contradiction dans ce texte : d'abord, il est dit qu'on lui envoie l'épée, et quelques lignes plus loin, que c'est l'armurier de Tours qui viens la chercher... Curieux !
On va donc lui rapporter une épée ornée de cinq signes sur chaque face, dont on ne sait s'ils représentent cinq croix, ou bien cinq fleurs de lys...ou un mélange des deux !
Cela dit, il est assez difficile de distinguer une fleur de lys d'une croix à cette échelle...


Nous évoquons l'origine de cette arme dans un précédent article, et écrivons que celle-ci a été transmise par la veuve du connétable Bertrand du Guesclin au duc Louis d'Orléans, et qu'à la mort de ce dernier en 1407, sa veuve l'a léguée à Pierre " Clignet " de Brebant qui la fera placer en ex-voto sur sa propre tombe dans la chapelle de Fierbois.

Notons au passage que l'épée est placée en ex-voto, ce qui signifie clairement qu'elle n'est point enterrée !

Ce qui explique la quasi-absence de corrosion constatée sur la lame, car son dernier détenteur, Amiral de France, est mort en 1428.



Pierre, dit Clignet, de Brébant, Amiral de France.



Passage tiré de !'article "Le rôle armorié du combat de Montendre" par Jean-Bernard de Vaivre, dans Journal des savants / année 1973/2/p99-125

Comme on peut le constater à la lecture de l'article supra, le sire de Brabant n'est pas un quelconque nobliau, mais bien un personnage de premier plan... Lieutenant du roi en Champagne ! seigneur de Maconcourt, village proche de Domremy... Quel rôle occulte a-t-il pu exercer dans l'affaire " Jeanne d'Arc " ?

Quant à la légende qui fait attribuer la première propriété de l'arme à Charles Martel, il est facile de la contredire.

- D'une part, de l'acier forgé aux environs de 730 n'aurait pas passé près de 700 ans dans le sol sans autre dommage qu'une légère corrosion qui cède au passage d'un chiffon.

- Et d'autre part, argument décisif, la chapelle de Fierbois où Charles Martel l'aurait déposée n'existait point en 732 !

"Pour remercier Dieu de cette victoire décisive sur les Maures, Charles-Martel aurait fait construire en ce lieu sauvage appelé Fierbois ( ferus bocus ) une petite chapelle, dédicacée à sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des soldats. En ex-voto de purification, il y déposa, derrière l'autel, son épée. Cette histoire de dépôt n’apparaît en fait qu’après l’épopée de Jeanne d'Arc..".
Suzanne Citron, Le mythe national : l’histoire de France en question, Paris : coédition Les Éditions ouvrières/ Édition et documentation internationale, 1991.En savoir dvantage sur l'historienne.

En effet, il est bien évident que si Charles Martel doit faire bâtir la chapelle de Fierbois, cela a dû prendre un certain temps... Il n'a donc pu y déposer son épée à la fin de la bataille... Et Suzanne Citron explicite là encore la fabrication du mythe...

Mais cette histoire perdure, qui va dans le sens d'une héroïne ultra nationaliste : Charles Martel est le héros qui a arrêté l'envahisseur à la fois étranger, et musulman !

Une question demeure :
L'épée était-elle bien visible, ou en partie masquée (par son fourreau ?) lors du passage de la Pucelle ? nous ne saurions trancher entre ces deux hypothèses :

- L'épée est visible, mais Jeanne ne la reconnait pas. ( Peut-être même ne la connait-elle pas du tout ! )
- Elle est cachée ( ou noyée au milieu d'un fatras d'autres ex-voto ), donc invisible aux yeux de Jeanne, et le fait de l'envoyer quérir quelques jours plus tard confortera la légende de l'héroïne à travers le caractère miraculeux de cette découverte ! mais si ce sont ses "voix" qui ont informé Jeanne, pourquoi ne l'ont-elles pas fait quelques jours auparavant, lors du séjour en cette chapelle ?
On voit à la lumière de ces informations que l'épée a un rôle très symbolique !
Quel message transmet-elle ? et surtout, d'où provient-elle ?

Notons d'ailleurs que Charles VII va donner des armes à Jeanne par brevet d'armoiries du 2 juin 1429. L'épée qui y figure est celle découverte à Fierbois quelques mois auparavant !

Et si cette épée marquée sur la lame de cinq signes (croix ou lys ?) était simplement l'arme de Godefroid de Bouillon, " premier " croisé à pénétrer dans Jérusalem ?
Celui-ci, pressenti pour devenir le premier monarque des " Lieux Saints " déclina l'offre, expliquant qu'il ne saurait porter une couronne d'or là où Jésus avait porté une couronne d'épines ! il se contentera du titre d'Avoué du Saint Sépulcre... Ce qui revenait au même !

Il devenait ainsi le souverain de Jérusalem !


Et de ce fait, le vraisemblable initiateur, sinon fondateur, de l'Ordre du Temple... d'autant qu'on le dit également descendant de la lignée des Mérovingiens !

Bouillon, localité belge, ne se situe guère loin de Stenay, dans la Meuse, ville qui vit l'assassinat de Dagobert II.

Une remarque que nous font souvent nos lecteurs : que ce soient Godefroid de Bouillon, les fondateurs du Temple, et même Jeanne, tous ont résidé dans le même secteur géographique....
Et ces cinq signes sur sa lame symbolisaient donc les plaies du Christ !

De multiples témoignages, notamment celui de Chateaubriand, lors de son séjour à Jérusalem, en 1806, relatent que par le passé, des visiteurs de qualité étaient adoubés "chevaliers du Saint-Sépulcre par le supérieur des Franciscains chargés de la garde des Lieux Saints :
"On tira du trésor du Saint-Sépulcre les éperons et l'épée de Godefroy de Bouillon. L'officiant me chaussa les éperons, me frappa trois fois avec l'épée .
Mais que l'on songe que j'étais à Jérusalem, dans l'église du calvaire, à douze pas du Tombeau de Jésus-Christ, à trente pas du tombeau de Godefroy de Bouillon ; que je venais de chausser l'éperon du libérateur du Saint-Sépulcre, de toucher cette longue et large épée de fer ".
L'ancienneté de cette pratique rituelle que relate Chateaubriand n'est guère contestée.
Ainsi conserve-t-on, dans les collections, des pièces d'armement ancien qui portent gravées postérieurement la croix potencée accompagnée à quatre croisettes, qui permet d'établir que leurs possesseurs avaient accompli le voyage aux Lieux saints.
La Colombière, dans son Vray théâtre d'Honneur et de Chevalerie (1648), rapporte que "les cinq croix rouges sont mémoires des cinq plaies du Christ (et que le nouveau chevalier est adoubé) avec l'épée bénie de Godefroy de Bouillon".

Cette arme va se transmettre au fil des âges à travers l'Ordre du Temple, certainement de Grand Maître en Grand Maître, jusqu'à échoir un jour au connétable Bertrand du Guesclin, lui-même représentant l'Ordre, et l'on connait la suite...

Sur la gravure présentée ci-dessous, on remarque les fleurs de lys sur le fourreau de l'épée, ainsi que le costume porté par Du Guesclin, tout de noir vêtu, comme Jeanne lors de son arrivée à Chinon !


Le connétable Bertrand Du Guesclin reçoit l'épée des mains du Roi

Jeanne entrera donc en sa possession quelques temps après son arrivée à Chinon. Du moins en sera-t-elle la dépositaire...

Et de ce fait deviendra la " continuatrice ", la représentante d'un ordre prestigieux !

La tour du Coudray
N'oublions point d'ailleurs qu'elle fut logée à la Tour du Coudray, dans ce lieu même où furent retenus prisonniers en 1308 les derniers grands dignitaires du Temple, dont Jacques de Molay...

Ne doit-on voir là qu'un hasard, ou bien peut-on s'imaginer qu'il s'agit d'un symbole fort de la continuité du Temple ? ou justement de son renouveau, au grand jour...

Pour parodier une formule célèbre, " le Temple est mort, vive le Temple ! "

On sait par ailleurs que subsistent dans la Tour du Coudray de curieux graffiti, maintes fois analysés, mais jamais décryptés par les nombreux historiens qui se sont attelés à cette tâche.



Une partie des "graffiti" de la tour du Coudray

Il est bien évident que le dauphin eût pu loger Jeanne en un autre endroit de ce château qui comportait plusieurs milliers de mètres carrés de surface habitable, mais ce fut précisément dans cette tour que Jeanne fut logée.



Les vestiges de la tour du Coudray

Ce ne peut être un hasard... D'autant que le lieu pouvait être affublé d'une connotation pour le moins négative :

On loge l'envoyée ( la fille ? ) de Dieu dans l'appartement qui avait abrité ceux là mêmes qui auraient gravement offensé Jésus un siècle auparavant... Curieux non ?

La malédiction
Et souvenons-nous bien de la terrible malédiction qu'aurait proférée le Grand Maître Jacques de Molay sur son bûcher le 18 Mars 1314 !



Le bûcher de Jacques de Molay

Celle-là même qui maudissait le Pape et le Roi de France jusqu'à la treizième génération de leur race...

"Pape Clément, et toi Philippe, avant un an je vous cite à comparaitre au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits, maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !"

On sait d'ailleurs ce qui advint à la suite de cette malédiction :

Le pape Clément V mourut le 20 avril 1314,

Le roi Philippe le Bel mourut le 29 novembre 1314

( et Guillaume de Nogaret le 27 avril 1314 )

Nous rappelons à nos lecteurs que cette malédiction court toujours à l'époque de Jeanne, qui lors de l'entrevue ( confidentielle ) de Chinon, la rappelle au Dauphin. ( voir : la révélation )

Si Charles n'est pas un descendant direct de Philippe le Bel, le Roi d'Angleterre l'est par contre, et de ce fait, il est maudit !

L'Ordre du Temple, qui s'est maintenu, dans la clandestinité ou à travers d'autres obédiences, pourra donc soutenir le Dauphin, financièrement à l'aide de son trésor préservé, et techniquement grâce à ses nombreux combattants, essentiellement constitués de régiments écossais.

C'était là la teneur de l'entrevue de Chinon, qui voit le falot Charles de Ponthieu transfiguré par la révélation de Jeanne !

Une épée ou un symbole ?
Donc Jeanne a fini son initiation !

Elle a reçu une éducation militaire et politique, après avoir appris le secret de ses origines. Elle a fait ses preuves devant le Duc de Lorraine, est passée dans le donjon du Coudray, et a récupéré la fameuse épée !

Jeanne cherchait-elle à Nancy un sésame templier ? souvenons-nous que les Chevaliers du temple n'avaient quasiment pas été inquiétés dans le Saint Empire, et que la lorraine appartenait précisément à cette entité territoriale.

Et c'est bien là qu'il faut voir dans cette arme uniquement un symbole, un bâton de commandement en quelque sorte. Car en effet, il faut bien comprendre qu'une arme, forgée au XIe siècle, ne doit pas présenter les mêmes qualités de résistance qu'une arme forgée quatre siècles plus tard !

Il est bien évident que la technologie a évolué... et que des gravures, par définition en creux, doivent constituer, en supprimant de la matière, des amorces de rupture !

L'épée n'est plus d'actualité pour un véritable combat, elle se briserait au moindre choc lors d'un duel...

On va d'ailleurs la faire figurer dans le brevet d'armoiries que l'on délivre à notre héroïne, comme le symbole ( phallique ) de Louis d'Orléans empalant la couronne royale, plus prosaïquement, Isabeau de Bavière, la Reine culbutée ! (voir l'article complet : le blason)


Et également rapprochons-nous du retable des " Trois Rois Mages ", qui met en scène Jeanne et que l'on a tenté d'analyser dans un autre chapitre. ( le retable )


On peut y constater que Jeanne porte bien une épée sur le côté gauche, dans un fourreau. Et d'ailleurs une arme quelque peu spéciale, puisqu'il s'agit d'un " Messer "...

Et qu'elle arbore l'épée-symbole comme son compagnon présente son sceptre, de la main gauche et sur l'épaule gauche !

Il est à noter que ce type d'arme, le Messer, n'est jamais ( à notre connaissance ) représenté dans l'iconographie johannique classique... Ce qui nous incite à croire à la véracité de cette représentation de notre héroïne...On peut apercevoir sur l'image présentée ci-dessous la poignée bien caractéristique de cette épée, aisément reconnaissable sur la hanche de Jeanne !



Mais qu'est devenue l'épée dite de Fierbois ?
L'histoire officielle nous conte que Jeanne s'en servit sur une " ribaude ", une de ces filles qui suivent les armées. Et que l'épée se brisa lors du coup que Jeanne porta sur le dos de la dame...

Ce qui parait difficile à croire ! une épée destinée à frapper des objets métalliques du genre armures et écus qui se briserait lors d'un coup porté sur un corps humain sans défense ?



Jeanne chasse les ribaudes de l'armée - Vigiles de Charles VII

Mais une autre histoire, tout aussi conventionnelle, expose quant à elle que Jeanne abandonna cette arme intacte en l'église de Lagny sur Marne (dans laquelle elle reste par ailleurs introuvable).

Alors qu'en est-il réellement ?

Résumons !

Jeanne récupère l'épée ( déposée en ex-voto, ou cachée ) dans la chapelle qui abrite la tombe de Pierre Clignet de Bréban, ce dernier la tenant de la veuve de Louis d'Orléans, qui lui même l'avait reçue de la veuve de Du Guesclin...

Et cette épée que possédait le connétable était donc celle qui avait appartenu à Godefroid de Bouillon...

Donc Jeanne avait en sa possession, ou du moins en prêt, l'épée de " l'Avoué du Saint Sépulcre ", le mythique souverain de Jérusalem... Godefroid de Bouillon.



Godefroid de Bouillon.

Mais il semble aussi évident que Jeanne n'était que le dépositaire de ce symbole, et qu'on ne pouvait risquer sa perte, par destruction ou prise par l'ennemi. Aussi est-il plus que vraisemblable que l'on a " récupéré " l'épée pour la (re)mettre en lieu sûr, certainement pour la transmettre au Grand Maitre suivant.

Et c'est là que la version de l'église de Lagny devient ( relativement ) plausible ! Jeanne fera en effet trois passages dans cette même bourgade... Il est probable d'ailleurs que cette église se trouvait alors sous la coupe d'un affidé du mouvement franciscain...

Or cette arme, qui a appartenu rappelons-le à Godefroid de Bouillon, existe toujours, conservée par une communauté franciscaine en l'église du Saint Sépulcre de Jérusalem...


Il serait très intéressant de connaitre le périple qu'a pu effectuer cette épée, de Jérusalem à ... Jérusalem !
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Héloise
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