De l’universalisme de la légitimité

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De l’universalisme de la légitimité

Message par Mabblavet le Sam 29 Sep 2018 - 18:37


On rencontre des légitimistes dans tous les peuples et dans toutes les religions. En France, des protestants, des musulmans, des juifs — et même des athées — nous contactent pour affirmer leur attachement à la légitimité dans une époque pourtant hostile. Cet engagement, qui dépasse largement le cadre dynastique, revêt donc un caractère plus universel, et amène à une question essentielle : qu’est ce que la légitimité ? Une piste de réponse consiste à partir de ce qui différencie le légal du légitime. Est légal ce qui est conforme à la loi. Est légitime ce qui est conforme à la loi juste. Il y a donc dans le qualificatif légitime une dimension morale non présente dans le terme légal. Mais qu’est ce que la loi juste, et de quelle loi parle-t-on ?

Les lois de nature

Les espèces vivantes sont différenciées, entre-autres, par des attributs et des comportements qui leurs sont propres.
Les attributs sont adaptés à un environnement donné et induisent des besoins spécifiques. Les feuilles d’une plante constituent un attribut qui lui permet de se nourrir en synthétisant de la matière organique en présence de soleil, d’eau et de gaz carbonique. Supprimer de son environnement un de ces trois éléments provoque la mort de la plante.
Attributs, environnement et comportements sont étroitement liés dans une espèce. Grâce à un attribut spécifique (son groin) le cochon retourne la terre pour y trouver sa nourriture, et il passe naturellement ses journées à fouir. On comprend alors combien les élevages modernes qui empêchent ce comportement — en parquant les porcs sur des dalles de béton nu percées —, violentent leur nature d’animaux fouisseurs. Notons tout de suite que la suppression de l’attribut n’entraîne pas pour autant celle du comportement associé. En effet, modifier génétiquement le cochon pour lui enlever ou pour raccourcir son groin ne changera pas son besoin impératif de fouir inscrit dans sa nature, mais la violence infligée sera pire que le changement d’environnement, car sans solution de retour.
Il est à noter d’autre part, que l’on ne peut impunément contrarier les comportements sociaux propres à chaque espèce sans générer du désordre. Un maître sait bien que lorsqu’il promène son chien en laisse et croise un autre chien, il doit laisser le temps aux animaux de se renifler, de se « saluer ». Abréger ce comportement social du chien conduit les bêtes à l’agressivité.

Examinons à présent les lois de nature chez l’être humain qui est aussi un animal.
Les lois de nature chez l’homme, ou loi naturelle

L’homme est un animal rationnel]

L’homme se distingue des autres animaux par un attribut majeur : la raison. Aussi les anciens donnaient-ils de l’homme cette définition dans l’ordre de l’être :
   L’homme est un animal rationnel [1].
Deux facultés indissociables composent la raison :
- l’intelligence est cette faculté qui permet de lire le monde, d’extraire l’universel dans le particulier, d’identifier le beau, le vrai, le bien… (le mot intelligence vient du latin inter-ligere qui signifie « entre-lier », « relier », autrement-dit : relier les choses ou classer les êtres par delà leurs différences apparentes, mais aussi relier les effets à leurs causes.)
- la volonté est la faculté qui permet de choisir l’action appropriée à telle situation à la lumière des connaissances de l’intelligence. Elle donne aussi le ressort pour réaliser cette action.

Par l’attribut raison, l’être humain s’affranchit en partie du déterminisme de l’instinct qui conditionne le comportement des autres animaux. C’est pourquoi il n’y a de libre que l’homme raisonnable (on dit aussi « vertueux [2] »), qui dompte ses passions pour s’efforcer de suivre, par delà les difficultés, la boussole du beau, du vrai et du bien.

La morale est la science du comportement qui classe les vertus et les vices correspondants, soit par défaut, soit par excès ; par exemple : le défaut de la vertu de courage est la lâcheté, et son excès – néfaste lui-aussi —, est la témérité… Ceux-là même qui nient l’existence de la morale y recourent pourtant, comme tout un chacun, à longueur de journée. En effet, nous connaissons tous cette petite rengaine qui revient dans la plupart des discussions : « ce n’est pas normal qu’Untel (mon père, mon chef, mon enfant, ma collègue, cette vendeuse, ce fonctionnaire…) agisse comme cela ! » La loi morale est précisément cette normalité invoquée quand nous nous plaisons à dénoncer chez autrui les manquements au bon comportement — qui, quand ils sont volontaires, constituent autant de péchés —, alors qu’en même temps, nous cherchons à dissimuler les nôtres.

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Re: De l’universalisme de la légitimité

Message par Henryk le Dim 30 Sep 2018 - 0:14

Ce droit naturel lié au bien commun, est la colonne vertébrale de toute cité, dans les cas de cités les plus évoluées, les royaumes.

Cet œcuménisme royal, non lié aux hommes par leur raisons, mais tenant de Dieu dans ces formes plus ou moins avancées des états, permet d'élever les humbles, et de fléchir les riches.

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