Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

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Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Dim 13 Mai 2018 - 22:26




Le Courrier royaliste
SANS LIBERTÉ DE BLÂMER, IL N'EST POINT D'ÉLOGE FLATTEUR



Entretien avec Pierre de Laubier

Pierre de Laubier

Pierre de Laubier a passé neuf mois comme professeur de l'enseignement catholique dit libre. Il porte un jugement sans nuances  sur la direction de l'enseignement... N'hésitez pas à lui poser toutes vos questions durant cet entretien ouvert à tous !

Courrier Royaliste :
Pierre de Laubier, merci beaucoup d'avoir accepté d'accorder cet entretien au Courrier royaliste.
Pourriez-vous tout d'abord vous présenter en quelques mots et nous donner plus de détails sur votre combat ?




©️ Méphi.


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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mar 15 Mai 2018 - 19:41

Je ne suis devenu professeur (de français et latin) qu'en 2013, et je ne le suis pas resté parce qu'une institution de style soviétique dite "commission de préaccord" de l'enseignement catholique m'en a jugé indigne.
C'est ce qui m'a poussé à m'interroger sur la nature et la légitimité de cette administration appelée "enseignement catholique". J'en ai conclu qu'elle était devenue une entreprise de style mafieux, et qui conduisait à une apostasie de fait car les contrats sont incompatibles avec le caractère catholique de l'école.
Il ne s'agit pas d'une manque de bonne volonté : les bonnes volonté ne manquent pas ; ce qui manque, c'est une réflexion sur l'organisation. Or, cette organisation est vicieuse.
L'organisation de l'enseignement, en France, est liberticide. Cette liberté perdue, les parents doivent la reprendre : on ne leur en fera pas cadeau.
Tout  "indigne" que j'aie été jugé, je suis aujourd'hui professeur (d'histoire) dans trois collèges hors contrats. La défense du hors contrat n'était pas mon combat premier. Mais je considère désormais que l'enseignement public et sous contrat ne sont plus guère réformables. Ouvrir de nouvelles écoles vraiment libres, ou soutenir celles qui existent,  ou encore inciter les écoles catholiques existantes à dénoncer les contrats qui les ligotent, est indispensable. C'est le combat prioritaire.
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Message par FLF_BZH le Mar 15 Mai 2018 - 20:06

Bonjour et bienvenu,

@Pierre de Laubier a écrit:je ne le suis pas resté parce qu'une institution de style soviétique dite "commission de préaccord" de l'enseignement catholique m'en a jugé indigne.

J'ai déjà entendu parler de cela. C'est après le concours et avec un directeur d'établissement, c'est cela ?
J'ai toujours cru que c'était, si c'est bien ça, plus ou moins une simple formalité. Par contre, je n'ai jamais compris une chose: à quoi sert-elle vraiment et en quoi ça consiste concrètement ?
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Message par Pierre de Laubier le Mar 15 Mai 2018 - 20:38

Le concours du privé sous contrat (CAFEP) et celui du public (CAPES) sont identiques. Mais le second est un concours de recrutement, tandis que le premier est un concours d'aptitude. Il retient plus de lauréats que de postes, afin que les directeurs puissent choisir : s'il y avait cent candidats pour cent postes, le dernier à choisir n'aurait plus de choix. Il y a donc des lauréats en plus, qui perdent le bénéfice du concours si personne ne les recrute.
Ce choix qui revient (selon la loi) aux directeurs était fait pour permettre d'écarter les lauréats dont les idées ou les moeurs sont incompatibles avec le catholicisme. Or, les directeurs diocésains ont instauré une "commission de préaccord" qui élimine à l'avance les lauréats surnuméraires. Le choix des directeurs est donc confisqué par la direction diocésaine.
En principe, ce préaccord vérifie l'accord du candidat avec le catholicisme. En pratique (comme dans mon cas), on avance des arguments de compétence, compétence qui, légalement, est garantie par le succès au concours. Dans certains cas, ce préaccord (illégal) sert à écarter des candidats "trop" catholiques : militants contre le mariage homosexuel, anciens élèves du hors contrat, etc.
Dans ce cas, c'est la direction diocésaine qui confisque la liberté accordée aux établissements par la loi.
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Message par Pierre de Laubier le Mar 15 Mai 2018 - 20:40

Il faut préciser que ce "préaccord" accordé dans un diocèse particulier est valable à vie et pour tous les diocèses. C'est contraire à l'organisation de l'Eglise : chaque évêque est maître chez lui et ne répond de ses actes qu'au pape.
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Message par Clemens Romanus le Mer 16 Mai 2018 - 11:52

Bonjour Monsieur de Laubier,

J’ai plusieurs questions qui concernent les écoles hors-contrat :

- Dans quels établissements exercez-vous en tant que professeur d’histoire ?
- Est-ce que l’histoire est séparée de la géographie ?
- Comment le recrutement des enseignants s’effectue ?
- Quel genre de pédagogie est adopté ?
- Le salaire des professeurs leur permettent-ils de vivre décemment ?

Je vous remercie.

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« On aurait donc bien tort de croire que l’Ancien Régime fut un temps de servilité et de dépendance. Il y régnait beaucoup plus de liberté que de nos jours ».

Alexis de Tocqueville, L’Ancien Régime et la Révolution, 1856.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Mer 16 Mai 2018 - 12:02

Bonjour cher Monsieur de Laubier,

Merci pour votre témoignage et le temps que vous acceptez d'accorder à notre forum.  Very Happy  L'école est un enjeu politique depuis très longtemps... Cela date de la Révolution et de cette volonté de s'accaparer la consciences des enfants pour les déchristianiser. Le principal problème étant la transmission de l'histoire, et de la manière dont elle est transmise... Je dis souvent qu'à l'école de la république, on fabrique des ""républicains", mais pas des "français". Pour apprendre une histoire pas trop déformée sur les guerres de Vendée (par exemple), il n'y a effectivement que l'enseignement catholique hors-contrat. Dans nos cercles légitimistes, nous parlons aussi beaucoup de l'histoire, c'est aussi un moyen actuel de transmission.

Que pensez vous de la résistance entamée par les partis de le droite conservatrice sur la question de l'enseignement, et qu'elle conclusion tirez vous de ces expériences ?

Vous préconisez que les parents doivent s'organiser eux mêmes dans la création d'écoles catholiques hors-contrat. Avez vous des modèles déjà existants à recommander aux membres utilisateurs de notre site ?

Merci pour vos réponses !

Vive le roy

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Message par Pierre de Laubier le Mer 16 Mai 2018 - 14:08

@Clemens Romanus a écrit:Bonjour Monsieur de Laubier,

J’ai plusieurs questions qui concernent les écoles hors-contrat :

- Dans quels établissements exercez-vous en tant que professeur d’histoire ?
- Est-ce que l’histoire est séparée de la géographie ?
- Comment le recrutement des enseignants s’effectue ?
- Quel genre de pédagogie est adopté ?
- Le salaire des professeurs leur permettent-ils de vivre décemment ?

Je vous remercie.
- J'exerce à Saint-Joseph des Lys (Versailles), à Saint-Dominique (Le Pecq) et à Charles de Foucauld (Versailles).
- L'histoire n'est pas séparée de la géographie... Ce n'est pas une évidence à première vue mais finalement les deux matières se répondent, si bien qu'on peut faire en sorte que les cours de fassent écho.
- Le recrutement se fait comme dans n'importe quelle entreprise (même si la plupart de ces écoles sont des associations), par entretien avec le directeur et l'équipe dirigeante, avec un contrat de droit privé comprenant une période d'essai.
- La pédagogie est en général traditionnelle, axée sur les fondamentaux : en histoire, la chronologie est à l'honneur.
- Le salaire des professeurs est moindre que dans le public et l'enseignement sous contrat... Ce n'est donc pas le Pérou, mais tout dépend de vos besoins... et du nombre d'heures de cours : quand les établissements sont petits, il est difficile d'avoir un plein temps. Mais certains combinent plusieurs établissements, y compris dans le sous-contrat.
Je parle ici des établissements catholiques. Mais il existe du hors-contrat laïc de grande qualité. Par exemple l'école Diagonale, à Paris, paie les professeurs mieux que dans le public.
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Message par Emmanuel Colbrant le Mer 16 Mai 2018 - 17:56

En Belgique c'est bien simple, l'enseignement catholique n'a plus que de nom catholique...  En effet ces écoles catholiques Belges sont envahies par des écoliers musulmans et donc le professeur de religion catholique enseigne une religion "du vivre ensemble" qui enseigne que le dieu des musulmans est le même que le Dieu des chrétiens, que les musulmans et chrétiens sont frères et soeurs etc... à la cantine de l'école catholique et bien du coup on  sert que des repas halal.  Les crucifix ont été retiré des classes depuis bien longtemps, bref nos écoles catholiques Belges sont aussi neutre que les lycées .

Petite anecdote: un jour je suis passé devant une école catholique de ma ville et à ma surprise au pied du mur de celle-ci, qu'est-ce que je vois ??? une 30 aines de crucifix et des statues de Jésus, Marie et autres Saints brisées en milles morceaux dont une ou deux avaient échappées au massacre... Je vois qqun par la fenêtre et l'interroge sur le pourquoi, on me répond: on retire tout symbole religieux de l'école, si vous voulez vous pouvez tout prendre ce qu'il y a sur le trottoir (ce que j'ai fait).
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mer 16 Mai 2018 - 18:07

Malheureusement cela arrive aussi en France... Ce n'est pas uniquement dû au fait que les écoles catholiques soient sous contrat mais cela joue un rôle. Je le répète : ce n'est pas seulement une question de bonne volonté mais d'organisation. En effet, le "vivre ensemble" promu par les gouvernements fait partie des programmes que les écoles sous contrat doivent suivre. Mais, de plus, la "pastorale" est souvent prise en mains par des laïcs pas toujours bien formés. Enfin, pour complaire au ministère qui subventionne les écoles, on en rajoute dans ce sens ! L'approbation précipitée de la réforme Vallaud-Belkacem par le secrétariat général de l'enseignement catholique illustre cette tendance.
Beaucoup de directeurs d'établissements catholiques font ce qu'ils ont à faire pour assurer les fidélité à l'Eglise, mais comme le recrutement des professeurs est centralisé par des directions diocésaines inféodées au secrétariat général, ils ne sont pas libres de choisir leurs professeurs et, finalement, on leur met des bâtons dans les roues. Car le secrétariat général sait que la plupart des parents se contrefichent de l'enseignement religieux. Ils choisissent cette école bien qu'elle soit catholique, et non parce qu'elle est catholique. Trop de catholicisme risquerait de les faire fuir, et c'est ce qu'on ne veut pas. Ce ne serait pas bon pour les affaires...
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Mer 16 Mai 2018 - 19:23

@Pierre de Laubier a écrit:Ce n'est pas uniquement dû au fait que les écoles catholiques soient sous contrat mais cela joue un rôle. Je le répète : ce n'est pas seulement une question de bonne volonté mais d'organisation. En effet, le "vivre ensemble" promu par les gouvernements fait partie des programmes que les écoles sous contrat doivent suivre.

Les traditionalistes ont rapidement compris que la Foi ne peut pas facilement être conservée en dehors d'un environnement propice. Les écoles de la FSSPX fonctionnent bien et ont de très bons résultats.

Après c'est aussi une question de finance et d'accessibilité, il n'y en a pas partout... Ce qui me semble important c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient pas pollués par l'athéisme ambiant, et surtout de conserver et de transmettre la Foi dans nos maisons. L'éducation chrétienne de notre jeunesse est un des objectifs prioritaires, l'Eglise devrait vraiment se retrousser les manches et se recentrer sur cette donnée essentielle. Mais on sent bien cet esprit de démission et le piège se refermer sur les vieux compromis avec l'état. Dans la sphère politique l'abandon de la Monarchie est fatal à la chrétienté. Il est urgent que l'Eglise retrouve cette connexion avec son meilleur allié temporel (son bras séculier).

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Prince de Talmont le Mer 16 Mai 2018 - 19:24

Bonjour à vous,

j'avais été choqué de voir dans des écoles privées des publicités de plus ou moins bon gout dans les salles de classe. C'était pour avoir une source de financement m'a-t-on dit.

Je pense que le caractère catholique des écoles privés est de plus en plus passé à la trappe. Il s'agit surtout d'avoir des établissements permettant d'éviter la mixité avec la délinquance (même pas avec l'islam puisque les musulmans bourgeois mettent leurs enfants dans ces écoles, s'ils n'ont pas la possibilité d'accéder à une école privée musulmane).

Je suis aussi assez pessimiste sur les écoles hors contrat même si la démarche est éminemment louable. L'état républicain fera tout pour leur mettre des bâtons dans les roues.
De toutes façon un enseignement vraiment catholique enfreint effectivement les "lois" républicaines (concernant l'homosexualisation par exemple).

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Jeu 17 Mai 2018 - 19:09

@Mavendorf a écrit:L'école est un enjeu politique depuis très longtemps... Cela date de la Révolution et de cette volonté de s'accaparer la consciences des enfants pour les déchristianiser.

Vive le roy
En effet, avant la révolution le pouvoir ne décrète pas ce qu'on doit apprendre à l'école. Quelques écoles comme la maison de Saint-Cyr ou les collèges militaires (La Flèche, Brienne) sont des cas particuliers. Elles sont réservées à la noblesse : le roi forme ses officiers.
C'est la révolution qui fait en sorte de former ses propres élites. Polytechnique et l'école Normale supérieure sont fondées par la Convention, sous Robespierre. On y prête "serment de haine à la royauté". Le drame, c'est qu'elles sont aujourd'hui encore la matrice de notre système éducatif. Même l'école de Jules Ferry (faite pour fabriquer des républicains et des soldats) obéit à la même logique.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Henryk le Jeu 17 Mai 2018 - 19:40

Vous écrivez: Même l'école de Jules Ferry (faite pour fabriquer des républicains et des soldats)

Vous êtes sur pour les soldats?

C'est qui est intéressant c'est voir l'évolution de l’instrumentalisation pédagogique républicaine depuis 1870, de la comparer avec l'évolution de la pédagogie catholique...

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Jeu 17 Mai 2018 - 19:46

@Mavendorf a écrit:
Que pensez vous de la résistance entamée par les partis de le droite conservatrice sur la question de l'enseignement, et qu'elle conclusion tirez vous de ces expériences ?

Vive le roy
Le monopole universitaire (c'est-à-dire scolaire) a été décrété par Napoléon. Mais la vérité oblige à dire qu'à la restauration, le roi a refusé de l'abolir. C'est d'ailleurs ce refus qui a été la première fracture entre les catholiques l'idée royaliste. Aujourd'hui encore, le caractère "constitutionnel" de la liberté scolaire est fragile : cette liberté n'est pas inscrite noir sur blanc dans la constitution.
Je ne fais aucune confiance aux gouvernements, quels qu'ils soient, pour garantir cette liberté ni aucune autre. C'est l'action des gouvernements, de droite comme de gauche, mais peut-être surtout de droite (le plan Langevin-Wallon imposé par De Gaulle et Pompidou, le collège unique sous Giscard) qui a conduit l'école là où elle est. Le "socle commun", qui s'impose aujourd'hui même au hors contrat, a pour auteur Fillon et non pas Mme Vallaud-Belkacem. Or, il compte plus de trente pages et forme un véritable programme détaillé où la propagande est reine.
Je vois mal un gouvernement se défaire, de son propre mouvement, d'un instrument de propagande et d'embrigadement tel que le système scolaire tel qu'il existe en France. Et la propagande de droite ne me convient pas plus que la propagande de gauche.
De plus, la droite est obsédée par l'idée de sélection à l'école. Mais l'école n'est pas un lieu de sélection. C'est un lieu de savoir, de formation. Quelle formation donnent ces "grandes écoles" où l'on entre au bout de deux ou trois ans d'un bachotage abêtissant dans ce qu'on appelle les "classes préparatoires" ? Mais à quoi se prépare-t-on ? Ces écoles ne forment que des moutons et, de plus, des moutons qui se prennent pour des loups. Pas des hommes libres.
La tendance naturelle des gouvernements est d'étendre leur pouvoir. Ils ne font jamais cadeau de la liberté. Il faut la prendre, en fondant ses propres écoles.
La seule mesure qu'on pourrait espérer d'un gouvernement est l'instauration du chèque scolaire. Mais si des documents tels que ce "socle commun" restent en vigueur, et qu'il reste obligatoire de préparer à des examens aussi stupides et bancals que le brevet des collèges ou même le baccalauréat, la liberté restera incomplète et le système gardera ses vices. Or, dans les partis politiques, je ne vois aucune réflexion là-dessus. D'ailleurs, ceux qui réfléchissent ou plutôt pérorent sur le sujet sont quasiment tous des agrégés, et fiers de l'être, qui sont incapables de remettre en cause le sujet et ne s'émeuvent que quand on s'attaque au latin ou à l'allemand première langue. C'est lamentable.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Jeu 17 Mai 2018 - 19:52

@Henryk a écrit:Vous écrivez: Même l'école de Jules Ferry (faite pour fabriquer des républicains et des soldats)

Vous êtes sur pour les soldats?

C'est qui est intéressant c'est voir l'évolution de l’instrumentalisation pédagogique républicaine depuis 1870, de la comparer avec l'évolution de la pédagogie catholique...
C'est Paul Bert qui a inventé vers 1880 les bataillons scolaires dont vous verrez quelques images par exemple ici : http://laretraitedejacky.com/histoire-meconnue-des-bataillons-scolaires/
D'autre part, dans chaque salle de classe figurait une carte de France avec les "provinces perdues" indiquées en violet... Que dirait-on s'il en était de même en Allemagne, à qui on a aussi confisqué des territoires en 1945 ?
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Jeu 17 Mai 2018 - 19:57

@Prince de Talmont a écrit:

Je pense que le caractère catholique des écoles privés est de plus en plus passé à la trappe. Il s'agit surtout d'avoir des établissements permettant d'éviter la mixité avec la délinquance (même pas avec l'islam puisque les musulmans bourgeois mettent leurs enfants dans ces écoles, s'ils n'ont pas la possibilité d'accéder à une école privée musulmane).

Je suis aussi assez pessimiste sur les écoles hors contrat même si la démarche est éminemment louable. L'état républicain fera tout pour leur mettre des bâtons dans les roues.
De toutes façon un enseignement vraiment catholique enfreint effectivement les "lois" républicaines (concernant l'homosexualisation par exemple).
Je suis d'accord avec tout ce que je lis ici. Même les écoles hors contrat sont contraintes de s'insérer dans un système dont l'inspiration est totalitaire. Reste que l'air qu'on y respire est éminemment différent... Elles sont donc un énorme progrès, et il faut qu'elles se développent de manière qu'il devienne difficile de les supprimer.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Ven 18 Mai 2018 - 20:15

En découvrant le royalisme, de nombreuses personnes se considèrent comme les victimes de l'enseignement public. C'est la première chose sur le plan historique (et politique), mais il est lié au plan spirituel, car là aussi beaucoup de personnes qui retrouvent la foi estiment avoir été retardé dans leur conversion en raison de cet enseignement républicain.

Dans les écoles de la république, on ne se contente pas de ne pas enseigner la religion, on apprend aussi à la détester, c'est évident... pale

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Henryk le Ven 18 Mai 2018 - 21:19

C'est logique avec la guerre de 1870.

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par FLF_BZH le Sam 19 Mai 2018 - 4:10

@Pierre de Laubier a écrit:Le concours du privé sous contrat (CAFEP) et celui du public (CAPES) sont identiques. Mais le second est un concours de recrutement, tandis que le premier est un concours d'aptitude. Il retient plus de lauréats que de postes, afin que les directeurs puissent choisir : s'il y avait cent candidats pour cent postes, le dernier à choisir n'aurait plus de choix. Il y a donc des lauréats en plus, qui perdent le bénéfice du concours si personne ne les recrute.
Ce choix qui revient (selon la loi) aux directeurs était fait pour permettre d'écarter les lauréats dont les idées ou les moeurs sont incompatibles avec le catholicisme. Or, les directeurs diocésains ont instauré une "commission de préaccord" qui élimine à l'avance les lauréats surnuméraires. Le choix des directeurs est donc confisqué par la direction diocésaine.
En principe, ce préaccord vérifie l'accord du candidat avec le catholicisme. En pratique (comme dans mon cas), on avance des arguments de compétence, compétence qui, légalement, est garantie par le succès au concours. Dans certains cas, ce préaccord (illégal) sert à écarter des candidats "trop" catholiques : militants contre le mariage homosexuel, anciens élèves du hors contrat, etc.
Dans ce cas, c'est la direction diocésaine qui confisque la liberté accordée aux établissements par la loi.

D'accord, merci pour cette réponse. Donc c'est encore plus absurde que ce que je pensais. Une absurdité de plus.

J'ai une autre question ici: que pensez-vous de manière générale de la modalité du concours pour accéder à l'enseignement ?

@Pierre de Laubier a écrit:L'histoire n'est pas séparée de la géographie... Ce n'est pas une évidence à première vue mais finalement les deux matières se répondent, si bien qu'on peut faire en sorte que les cours de fassent écho.

Oui, mais on pourrait dire également que l'histoire peut avoir un lien avec beaucoup d'autres disciplines. J'ai trouvé toujours là aussi absurde cette bivalence obligatoire et systémique. Je suis très loin d'être opposé aux bivalences (et même plus), mais cela ne mériterait-il pas d'être plus souple ?
Quand on pense qu'en plus pour rester sur cette bivalence précise que la géographie est parfois peut-être malmenée, que peut-être 80 % des professeurs d'histoire-et-géographie sont des historiens de formation, et de plus la géographie ressemble beaucoup à de l'économie (en tout cas d'après mon vécu au lycée).
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Henryk le Sam 19 Mai 2018 - 9:05

@FLF_BZH a écrit:Quand on pense qu'en plus pour rester sur cette bivalence précise que la géographie est parfois peut-être malmenée, que peut-être 80 % des professeurs d'histoire-et-géographie sont des historiens de formation, et de plus la géographie ressemble beaucoup à de l'économie (en tout cas d'après mon vécu au lycée).

Vous pouvez développer, même si je vois les tenants et aboutissants de cette géopolitique économique minable et très actuelle.

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Héloise le Dim 20 Mai 2018 - 22:42

Bonjour et bienvenue, M. de Laubier. Merci de vos informations concernant l'enseignement. Il existait bien une "troisième voie" dans l'éducation proposée aux parents, la connaissez-vous et pouvez-vous dire ce que vous en pensez ? Il s'agit d'une école privée "l'Ecole de Croly" sa méthode consistait à "attendre" que les élèves, selon leurs capacités, et pour les mieux adapter à l'enseignement, aient atteint le niveau voulu ; si l'un d'entre eux n'avait besoin que de six mois pour atteindre le niveau de la classe intégrée il passait au niveau supérieur au bout de six mois, pour celui qui était plus lent, on attendait, neuf ou douze mois. Et bien qu'il n'y ait guère de génies en maternelle les résultats étaient probants... Trop ? peut être ? faute de moyens cette méthode et son école ont été abandonnées.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mar 22 Mai 2018 - 1:24

@Mavendorf a écrit:En découvrant le royalisme, de nombreuses personnes se considèrent comme les victimes de l'enseignement public. C'est la première chose sur le plan historique (et politique), mais il est lié au plan spirituel, car là aussi beaucoup de personnes qui retrouvent la foi estiment avoir été retardé dans leur conversion en raison de cet enseignement républicain.

Dans les écoles de la république, on ne se contente pas de ne pas enseigner la religion, on apprend aussi à la détester, c'est évident... pale
Je dirais aussi qu'il y a, dans le fait d'enseigner (et en dehors de l'instruction religieuse proprement dite) quelque chose de profondément religieux. Car Dieu ne se découvre que dans la pleine liberté. D'ailleurs, dans la religion catholique, l'éducation appartient tout entière aux parents. Elle est à la fois un droit et un devoir "premier" des parents, qui est d'ailleurs rappelé lors du sacrement du baptême. En matière d'éducation, c'est la famille qui est la première Eglise.
Cela ne veut pas dire que les enfants "appartiennent" aux parents. Au contraire, le sacrement du baptême est un acte par lequel les parents placent leur enfant dans l'Eglise universelle, et reconnaissent qu'ils sont appelés à se séparer d'eux. Cela correspond aux deux pôles de la vie chrétienne : l'homme est appelé à une relation personnelle avec le Christ ; mais on n'est pas chrétien tout seul...
L'enseignement catholique doit être ecclésial, et non pas clérical. Mais quand c'est l'état qui instrumentalise l'école en vue de former de "bons" citoyens, on peut craindre le pire. Car l'Etat, qui prétend parler au nom de la nation, n'est pas plus un absolu que la nation elle-même.
Dans presque toutes les civilisations, je crois, la religion et l'enseignement sont associés. Autrefois, les écoles ressemblaient à des couvents. Ensuite, quand on a fit de la nation un absolu, on les a fait ressembler à des casernes ! Et aujourd'hui certaines ne ressemblent plus à rien, ce qui semble indiquer que c'est le relativisme qui est devenu un absolu.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mar 22 Mai 2018 - 1:29

L'histoire a en effet des liens avec toutes les matières, et d'ailleurs toutes les matières ont des liens en elles. "Tout est dans tout", a dit Pascal. Pour ma part, il m'arrive souvent de sortir de ma spécialité quand l'occasion se présente.
D'autre part, c'est volontairement, en ce qui me concerne, que j'oriente la géographie vers l'économie car je considère que c'est une discipline trop négligée et pourtant fondamentale, parce que l'économie étudie les échanges, et que l'homme est fondamentalement un être qui d'échanges...des biens, des services, des sentiments et des idées. Parler d'économie, ce n'est pas d'abord parler d'argent, c'est d'abord parler de l'échange.
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Message par Pierre de Laubier le Mar 22 Mai 2018 - 1:39

@Mavendorf a écrit:Les traditionalistes ont rapidement compris que la Foi ne peut pas facilement être conservée en dehors d'un environnement propice. Les écoles de la FSSPX fonctionnent bien et ont de très bons résultats.

Après c'est aussi une question de finance et d'accessibilité, il n'y en a pas partout... Ce qui me semble important c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient pas pollués par l'athéisme ambiant, et surtout de conserver et de transmettre la Foi dans nos maisons. L'éducation chrétienne de notre jeunesse est un des objectifs prioritaires, l'Eglise devrait vraiment se retrousser les manches et se recentrer sur cette donnée essentielle. Mais on sent bien cet esprit de démission et le piège se refermer sur les vieux compromis avec l'état. Dans la sphère politique l'abandon de la Monarchie est fatal à la chrétienté. Il est urgent que l'Eglise retrouve cette connexion avec son meilleur allié temporel (son bras séculier).

Vous avez raison de dire que le compromis avec l'Etat a été un piège (dans lequel certaines personnes mal intentionnées ont fait tomber volontairement l'enseignement sous contrat en abusant de la naïveté de la plupart). Je crois qu'aujourd'hui beaucoup de catholiques, y compris les ecclésiastiques, ont compris l'importance du sujet. J'espère donc que la réorganisation de l'enseignement catholique conformément au bon sens et aussi à la saine doctrine catholique se produira bientôt.
Vus avez aussi raison de souligner le rôle pionnier des fraternités traditionalistes et de leurs écoles. Mais il faut qu'il y en ait d'autres, en lien avec les paroisses. Car si ces écoles son trop peu nombreuses elles risquent de rester fermées sur elles-mêmes. Or, il peut être risqué d'élever les enfants dans l'idée que le catholicisme est encore une évidence : dans la société actuelles, il est minoritaire, il il faut aussi préparer les enfants à vitre dans un univers où la foi catholique mais aussi les comportements et les valeurs qui en découlent n'ont rien d'évident, et sont souvent mal considérées.
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Message par Pierre de Laubier le Mar 22 Mai 2018 - 2:04

@Héloise a écrit:Merci de vos informations concernant l'enseignement. Il existait bien une "troisième voie" dans l'éducation proposée aux parents, la connaissez-vous et pouvez-vous dire ce que vous en pensez ? Il s'agit d'une école privée "l'Ecole de Croly" sa méthode consistait à "attendre" que les élèves, selon leurs capacités, et pour les mieux adapter à l'enseignement, aient atteint le niveau voulu ; si l'un d'entre eux n'avait besoin que de six mois pour atteindre le niveau de la classe intégrée il passait au niveau supérieur au bout de six mois, pour celui qui était plus lent, on attendait, neuf ou douze mois. Et bien qu'il n'y ait guère de génies en maternelle les résultats étaient probants... Trop ? peut être ? faute de moyens cette méthode et son école ont été abandonnées.
Je ne connais pas spécialement la méthode Decroly mais je crois qu'il existe un établissement (public) de ce genre près de Paris. Je suis loin d'être un expert des méthodes comme Montessori, mais j'ai beaucoup de sympathie pour toutes les méthodes qui tiennent compte de la diversité des élèves. Il faut des établissements et des filières les plus divers possibles. Les simples mots "collège unique" me hérissent le poil !
Je trouve qu'il faut aussi saisir toutes les occasions pour les enfants de se servir de leurs mains, pour écrire bien sûr, aussi pour manipuler. Ainsi que pour faire des ponts entre les disciplines. Mais je me hâte de préciser qu'il ne faut jamais perdre de vue que l'école est faite pour acquérir des savoirs et du savoir-faire. L'école primaire a pour mission de faire acquérir les connaissances fondamentales. Mais ensuite, il est vrai qu'il faut aussi "apprendre à apprendre". Il est vraiment dommage que les délires pédagogiques ministériels aient abusé de ces notions car je ne suis pas du tout nostalgique d'une école où, pendant des années, on farcit la tête des élèves d'innombrables connaissances à l'utilité douteuse, qui ne servent qu'à passer des concours mais donnent lieu à d'interminables années de bachotage peu formateur, à mon avis.
Malheureusement, tout l'édifice de l'enseignement public a été conçu dans cet esprit de bachotage, qui donne d'ailleurs aux concepteurs des programmes d'excellentes occasion d'endoctriner les élèves !
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Héloise le Mar 22 Mai 2018 - 10:00

Merci de votre obligeante réponse. La constatation primordiale est bien celle de l'échec de l'enseignement dispensé par l'éducation nationale. Pardonnez-moi d'évoquer des souvenirs personnels à propos de l'école de Jules Ferry (qui pourtant dispensait encore quelques valeurs traditionnelles comme le travail bien fait, les tableaux d'honneur pour les bons élèves, le souci des autres élèves, etc...) ; l'enseignement quel qu'il soit ne peut être dispensé tout d'abord que par des "maîtres" et non des enseignants fonctionnaires. J'ai le souvenir cuisant d'un professeur de maths, athée virulente qui nous tapait sur trois doigts réunis avec une règle en métal en nous demandant de dissimuler la croix que nous avions reçue lors de notre communion. Par contre dans le même collège j'ai eu le bonheur d'avoir une professeur (je n'ajouterai pas le "e" de modernité que j'exècre !) d'histoire, géographie et français qui nous enseignait qu'un homme était indissociable de la langue de ses aïeux, elle-même liée à la géographie et à l'histoire de son pays. Il semble pourtant nécessaire de rappeler à nos contemporains que "l'Education" fut l'une des missions importantes de l'Eglise et que des hommes tels que le Père de Rhodes pour l'Asie, Suger à Saint-Denis et de nombreux autres ont largement contribué à éclairer de leur savoir tous les peuples de bien des pays. Il est vrai et j'oserai le citer ici -Jean Rostand a écrit : "la science a fait de nous des dieux avant même que nous soyons dignes d'être des hommes"...
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Jean-Pierre Aussant le Mar 22 Mai 2018 - 11:07

Bonjour Monsieur de Laubier, vous avez bien évidemment raison. En toute dernière analyse, l’enseignement libre catholique est dans le domaine éducatif, l’ultime rempart face à la fausse historiographie issue du coup d’état jacobin de 1793 dont le but, rappelons-le, est l’éradication totale de la Sainte Église Catholique (Si c’était possible). Cette fausse historiographie infeste en gros toutes les démocraties occidentales. Pour la dictature culturelle, qui de maçonnique s’est transformée au cours du temps en  « féministo-maçonnique-LGBT », il est intolérable qu’il puisse y avoir des voix discordantes qui refusent la soumission (Surtout dans le domaine de l’éthique de la vie comme le meurtre des « enfants à naître » et le mariage "contre Dieu et nature"d’abomination homosexuel). C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre cet acharnement quasi pathologique du politiquement correct à vouloir éliminer toutes formes de résistances sérieuses. Dans les faits, les éducations nationales (je dis « les » car dans les autres démocraties, le problème est identique) exigent que l’enseignement libre catholique, s’il veut survivre, se prostitue à la pensée unique. Ce qui d’une façon détournée signifierait aussi sa disparition. Plus que jamais, l’heure est au combat.
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Message par Pierre de Laubier le Mar 22 Mai 2018 - 22:44

@Héloise a écrit:Pardonnez-moi d'évoquer des souvenirs personnels à propos de l'école de Jules Ferry (qui pourtant dispensait encore quelques valeurs traditionnelles comme le travail bien fait, les tableaux d'honneur pour les bons élèves, le souci des autres élèves, etc...) ; l'enseignement quel qu'il soit ne peut être dispensé tout d'abord que par des "maîtres" et non des enseignants fonctionnaires.
Vous avez mille fois raison car les fonctionnaires sont les instruments passifs de l'Etat. Bien entendu, l'école de Jules Ferry a véhiculé des valeurs traditionnelles tant que l'idéologie que cette école véhiculait en avait besoin. Il s'agissait alors d'embrigader. On orientait les pensées et les sentiments des enfants dans un certain sens.
Aujourd'hui, l'idéologie dominante étant un relativisme absolu, l'école travaille à détruire les repères.
Mais, dans les deux cas, il y a usurpation des droits et des devoirs des parents, puisque c'est la puissance publique qui définit ce qu'il faut apprendre et tâche de former de "bons" citoyens, autrefois dociles, aujourd'hui passifs. Tout cela découle de l'idéologie de Rousseau et funeste concept de la "volonté générale" qui se substitue, au terme d'un processus électoral quasi magique, au libre arbitre individuel.
Ce libre arbitre permet à chacun de chercher la vérité. Dès lors que la vérité, dès lors que le bien et le mal sont décidés par des majorités (dûment "éclairées" par qui vous savez...), à quoi sert le libre arbitre ? A rien. Il devient même dangereux pour l'Etat.
Voilà pourquoi les fondateurs d'écoles libres sont tenus en suspicion...
Je note que la démocratie tend à se prendre elle-même pour un absolu, et que sa propension à tendre vers le totalitarisme sont très grandes, car, au nom de cette fameuse "volonté générale" certains démocrates ne conçoivent plus, comme critère du bien et du mal, que les décisions de la majorité !
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mar 22 Mai 2018 - 22:50

@Jean-Pierre Aussant a écrit:Bonjour Monsieur de Laubier, vous avez bien évidemment raison. En toute dernière analyse, l’enseignement libre catholique est dans le domaine éducatif, l’ultime rempart face à la fausse historiographie issue du coup d’état jacobin de 1793 dont le but, rappelons-le, est l’éradication totale de la Sainte Église Catholique (Si c’était possible). Cette fausse historiographie infeste en gros toutes les démocraties occidentales. Pour la dictature culturelle, qui de maçonnique s’est transformée au cours du temps en  « féministo-maçonnique-LGBT », il est intolérable qu’il puisse y avoir des voix discordantes qui refusent la soumission (Surtout dans le domaine de l’éthique de la vie comme le meurtre des « enfants à naître » et le mariage "contre Dieu et nature"d’abomination homosexuel). C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre cet acharnement quasi pathologique du politiquement correct à vouloir éliminer toutes formes de résistances sérieuses. Dans les faits, les éducations nationales (je dis « les » car dans les autres démocraties, le problème est identique) exigent que l’enseignement libre catholique, s’il veut survivre, se prostitue à la pensée unique. Ce qui d’une façon détournée signifierait aussi sa disparition. Plus que jamais, l’heure est au combat.
Vous avez raison de souligner ce paradoxe que ce qui autrefois pouvait être toléré en matière de morale et de moeurs doit être aujourd'hui, sous peine d'anathème, considéré comme absolument neutre moralement. Chacun est sommé, sous peine d'amende, voire de prison, de ne plus voir aucun mal dans les atteintes à la vie dès lors qu'elles sont permises par la loi. On arrive à cette situation folle que le relativisme, qui devrait rejeter tout dogme, est lui-même devenu un dogme, un impératif, une norme.
Voilà pourquoi la lecture des programmes scolaires, quand on en cherche les fondements philosophiques, donnent bel et bien une impression de folie furieuse ! L'école n'est pas seulement malade, elle est aliénée, à tous les sens du terme.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Mer 23 Mai 2018 - 21:43

@Pierre de Laubier a écrit:Vus avez aussi raison de souligner le rôle pionnier des fraternités traditionalistes et de leurs écoles. Mais il faut qu'il y en ait d'autres, en lien avec les paroisses. Car si ces écoles son trop peu nombreuses elles risquent de rester fermées sur elles-mêmes. Or, il peut être risqué d'élever les enfants dans l'idée que le catholicisme est encore une évidence : dans la société actuelles, il est minoritaire, il il faut aussi préparer les enfants à vitre dans un univers où la foi catholique mais aussi les comportements et les valeurs qui en découlent n'ont rien d'évident, et sont souvent mal considérées.

C'est à dire que nous sommes partagés entre deux paramètres, celui de préserver nos enfants contre les dangers de la société actuelle. Et en même temps leur transmettre le devoir d'apporter à d'autres un jour la lumière du Christ. Les parents doivent agir pour que les enfants à l'âge adulte soient préparés à affronter le monde, là où ils se trouvent, dans le pays et le siècle où ils sont nés.

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Mer 30 Mai 2018 - 12:06

Bonjour Monsieur de Laubier,

Que pensez vous du livre de Monsieur Jean de Viguerie : "Les pédagogues" ? L'avez vous lu ?



On déplore aujourd'hui en France et dans bien d'autres pays la faillite de l'éducation officielle. Jean de Viguerie, dans cet essai, éclaire parents et professeurs sur les origines du désastre. Les principaux responsables sont les pédagogues. Les innombrables réformes de l'enseignement, accomplies par les pouvoirs publics depuis un demi-siècle, ne représentent que la cause immédiate. Les pédagogues contemporains bien connus, Freinet, Ferrière, Piaget, Meirieu, se réfèrent toujours à ceux des siècles passés, comme Érasme, Comenius et Jean-Jacques Rousseau. Le système utopiste, mis au point au cours du temps, est devenu aujourd'hui doctrine d'État et réglemente l'enseignement dans une grande partie du monde. On doit en démasquer le mensonge. L'utopie pédagogique annonce la « réussite de tous » mais, en même temps, elle proscrit les véritables moyens d'apprendre et dévalue le savoir. Elle se targue de placer l'enfant au cœur du système scolaire — l'enfant « sujet » et non « objet » — mais en même temps elle lui refuse l'intelligence innée, la mémoire et l'appétit de savoir. Elle s'empare de lui, le façonne et le manipule. Toute la faillite vient de là. Libérons l'enfant de sa tutelle oppressive en en dénonçant l'utopie.

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mer 30 Mai 2018 - 20:32

@Mavendorf a écrit:Bonjour Monsieur de Laubier,

Que pensez vous du livre de Monsieur Jean de Viguerie : "Les pédagogues" ? L'avez vous lu ?



M. de Viguerie est un excellent historien et analyse à merveille comment les pédagogues ont transformé l'instruction en endoctrinement. Quand l'enseignement se donne un but "social", il faut toujours se méfier. C'est, à un moment ou à un autre, la liberté de l'individu qui est atteinte. "Qu'il croie toujours être le maître, et que ce soit toujours vous qui le soyez", a écrit Rousseau. On ne peut mieux résumer le pédagogisme. Les premiers pédagogues voulaient séparer l'homme de l'Eglise. Mais pour mieux l'assujettir à leurs propres doctrines !
L'enseignement se veut aujourd'hui riant, attrayant, vivant. Et il est vrai que l'école ne doit pas être une caserne. Mais il y a dans l'enseignement quelque chose d'austère qui est indispensable. Il faut former des gens libres, capables de s'appuyer sur de vraies connaissances, d'analyser. Aujourd'hui, on prend les choses à l'envers. La méthode de l'analyse de document, fort prisée aujourd'hui, est perverse car elle prend les choses à l'envers. On va du tout à la partie, et non de la partie au tout. Un "document" bien choisi impose sa conclusion en douceur, car les élèves du collège n'ont pas assez de connaissance et d'esprit d'analyse pour le critiquer avec fruit.
Au xixe siècle, on a de même inventé "l'histoire de France", comme si la France avait été identique à elle-même au cours des siècles. "Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule..." disait-on. Rien n'est plus faux. La France a beaucoup changé au cours du temps. La considérer comme une entité stable, une sorte de personnage dont on raconte le "roman national", conduit à interpréter de manière fausse la plupart des événements, et à ne pas comprendre l'état d'esprit et les motifs de ceux qui nous ont précédés.
Pour raconter l'histoire de France, on part de ce qu'elle est aujourd'hui, pour ne retenir dans son histoire que ce qui a contribué à en faire une nation "une et indivisible" qu'elle n'a en fait pas été souvent, sinon jamais. Et qu'en tout état de cause elle n'était pas fatalement destinée à devenir, contrairement à ce qu'une histoire bizarrement "providentielle" voudrait faire croire.
Les pédagogues s'appuient sur des idéologies relativistes. Mais ils font pire que cela : ils mettent l'absolu là où il n'est pas, dans la nation qui n'est qu'une forme d'organisation politique parmi d'autres, ou dans la république laïque qui n'est qu'un régime politique parmi d'autres. On ne veut plus d'allégeance à d'autre morale, à d'autre croyance, à d'autre autorité qu'à celles qui "émanent expressément de la nation", comme le dit la constitution. Si bien qu'au bout du compte, toute valeur, toute morale, toute référence peut être édictée par une majorité au nom de la fumeuse "volonté générale" de Rousseau ; et ceux qui s'y opposent sont séditieux. La démocratie n'est plus simplement un mode d'élection des dirigeants, elle se veut la source de toute morale et de tout droit. Cette prétention est le commencement d'un totalitarisme "démocratique" aussi redoutable que n'importe quel totalitarisme.
Je n'ai pas plus de sympathie pour la démocratie absolue... que pour la monarchie absolue ! Mais, au moins, la monarchie absolue se référait-elle à des valeurs vraiment absolues, et non pas relatives.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Ven 1 Juin 2018 - 19:07

L'enseignement était avant tout du ressort de l'Église, les gens ne le savent pas ou ne le savent plus. La république a longuement travaillé les consciences dans ce sens, au point que de nombreux français sont persuadés que l'école est une invention, que nous devons à la "révolution". Crying or Very sad

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Sam 2 Juin 2018 - 3:27

@Mavendorf a écrit:L'enseignement était avant tout du ressort de l'Église, les gens ne le savent pas ou ne le savent plus. La république a longuement travaillé les consciences dans ce sens, au point que de nombreux français sont persuadés que l'école est une invention, que nous devons à la "révolution". Crying or Very sad
L'enseignement est du ressort de l'Eglise... Oui et non ! En réalité, l'éducation est confiée entièrement aux parents par le mariage et le baptême. En la matière, l'Eglise n'est pas le clergé mais la famille. Il est vrai que l'Eglise a fondé de très nombreuses écoles, mais nul n'est obligé d'y envoyer ses enfants. Nul n'est d'ailleurs tenu d'envoyer ses enfants à l'école, religieuse ou non. Même le catéchisme peut être assuré par les parents.
La mainmise excessive de l'Eglise sur l'enseignement peut même être un danger si elle déresponsabilise les parents. A mes yeux, l'excès de cléricalisme a été un élément de l'effondrement du catholicisme au xxe siècle. Dans des pays comme le Canada ou la Belgique, le clergé avait pris en main l'enseignement mais aussi les loisirs, à un point tel que quand le clergé est entré en crise... les parents ont tout lâché car on les avait déresponsabilisé. Cela a été le cas en France dans une moindre mesure.
De même, l'excès de cléricalisme est une des grandes causes de la crise de l'enseignement catholique en France. La centralisation de l'enseignement catholique a été voulue par le clergé. Jusqu'en 1970, les écoles étaient regroupées sous l'égide de l'UNAEP dont le président était statutairement le président de l'Apel. Autrement dit, le premier interlocuteur du ministre était le représentant des parents. Aujourd'hui, il s'agit du secrétaire général, nommé par la conférence des évêques de France (ce qui à mon avis contrevient au droit canon). Les tout premiers secrétaires généraux après la loi Debré de 1959 étaient même des ecclésiastiques. Ce qui est bizarre car l'Eglise n'a pas à définir comment on enseigne les mathématiques, le français ou la menuiserie !
De ce fait, les parents ont été marginalisés. C'est une des raisons pour lesquelles je pense qu'ils ont intérêt à se tourner vers les écoles vraiment libres, et qu'ils doivent en tout cas s'impliquer dans les questions qui concernent l'école.
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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Mavendorf le Dim 3 Juin 2018 - 9:47

@Pierre de Laubier a écrit:L'enseignement est du ressort de l'Eglise... Oui et non ! En réalité, l'éducation est confiée entièrement aux parents par le mariage et le baptême. En la matière, l'Eglise n'est pas le clergé mais la famille. Il est vrai que l'Eglise a fondé de très nombreuses écoles, mais nul n'est obligé d'y envoyer ses enfants. Nul n'est d'ailleurs tenu d'envoyer ses enfants à l'école, religieuse ou non. Même le catéchisme peut être assuré par les parents.
La mainmise excessive de l'Eglise sur l'enseignement peut même être un danger si elle déresponsabilise les parents. A mes yeux, l'excès de cléricalisme a été un élément de l'effondrement du catholicisme au xxe siècle. Dans des pays comme le Canada ou la Belgique, le clergé avait pris en main l'enseignement mais aussi les loisirs, à un point tel que quand le clergé est entré en crise... les parents ont tout lâché car on les avait déresponsabilisé. Cela a été le cas en France dans une moindre mesure.
De même, l'excès de cléricalisme est une des grandes causes de la crise de l'enseignement catholique en France.

Je comprends ce que vous voulez dire, et vous voulez mettre l'accent sur la responsabilité des parents elle même. Il a des choses de base évidemment, qui sont enseignés par les parents dès le plus jeune âge, comme la politesse, le respect du à des personnes plus âgées, le rapport de soi à l’autre. Cela vaut aussi pour les valeurs morales, la probité, le courage, inculquer le sens des responsabilités. C'est la construction d'une personnalité à condition que cette éducation ne se limite pas à des discours, et qu'elle doit se traduire par l'exemple que les parents donnent eux mêmes... C'est important..

Après c'est certain que dans des matières connexes, il faut faire appel à des spécialistes, comme pour les mathématiques par exemple ou autres. C'est tout de même après dans la société, et par la société que l'individu se perfectionne.

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Re: Entretien avec Pierre de Laubier, débat sur l'école

Message par Pierre de Laubier le Mar 5 Juin 2018 - 17:59

@Mavendorf a écrit:Vous voulez mettre l'accent sur la responsabilité des parents elle même. Il a des choses de base évidemment, qui sont enseignés par les parents dès le plus jeune âge, comme la politesse, le respect du à des personnes plus âgées, le rapport de soi à l’autre. Cela vaut aussi pour les valeurs morales, la probité, le courage, inculquer le sens des responsabilités. C'est la construction d'une personnalité à condition que cette éducation ne se limite pas à des discours, et qu'elle doit se traduire par l'exemple que les parents donnent eux mêmes... C'est important..

Après c'est certain que dans des matières connexes, il faut faire appel à des spécialistes, comme pour les mathématiques par exemple ou autres. C'est tout de même après dans la société, et par la société que l'individu se perfectionne.
Tout cela est vrai. Les parents ne savent pas tout. Mais le choix de l'école, des matières enseignées, des personnes, doit revenir à la famille. L'Etat présente toujours la famille comme une entité close sur elle-même. Mais c'est le contraire ! Les familles passent leur temps à s'allier entre elles... par le mariage. C'est la condition de leur survie. Et les enfants, en grandissant, quittent leur famille pour vivre leur vie indépendante, et pour en fonder de nouvelles.
L'Etat est au contraire une entité à laquelle on ne peut pas facilement se soustraire (ni soustraire ses économies...). Ce sont les Etats qui sont totalitaires, pas les familles. Ce sont les Etats qui veulent embrigader les enfants, pas les familles. Ce sont les Etats qui veulent maintenir les peuples à l'état d'enfance toute leur vie, pas les familles. Quand l'Etat prétend "libérer" les enfants de l'emprise familiale, cela prête à rire. Ils s'en libèrent eux-mêmes en devenant adultes ! Mais ce que veut le gouvernement, c'est justifier l'entreprise de propagande qu'est l'école publique (relayée entre autres par l'audiovisuel public).
Comme lieu d'éducation, la famille n'est pas seulement la seule institution légitime. Elle est aussi la seule efficace.
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