Il n’y a plus que peu de temps à attendre

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Il n’y a plus que peu de temps à attendre

Message par Chasseur le Lun 28 Oct - 22:20



Il est clair pour tout observateur averti que le pouvoir politique actuel est en perdition et, plus significatif encore, le régime lui-même à l'agonie. Un peu, toutes choses égales par ailleurs, comme en 1958 lorsque les évènements d'Algérie ajoutés au pourrissement des structures de l'Etat précipitèrent la fin de la Quatrième République. Il en résulte, ainsi que nous l'avons connu lors des élections de 1956, une profonde désaffection pour les partis dits "de gouvernement". Ainsi est-il licite de s'interroger sur les bouleversements sociaux et politiques que la France pourrait connaître dans un avenir que tout laisse penser proche.

Chacun voit bien aujourd'hui que les conditions d'une guerre civile sont déjà en place même si l'on ne peut encore décrire  avec précision le scénario de son explosion. L'Histoire nous a appris combien elle peut réserver de surprises, qui surviennent en général, au moment et de la façon que l'on n'attend pas. Ainsi, qui peut dire ce qu'il adviendra si, comme tout le laisse à penser, le Front national devenait effectivement le premier parti politique de France ? Le pays ne risque-t-il pas de devenir ingouvernable eu égard au discrédit total de la classe politique aux affaires depuis un demi siècle mais aux résistances culturelles, sociales et finalement politiques que le FN ne manquera pas de rencontrer ? Quel serait alors le risque d'une réaction violente et éventuellement militarisée d'une partie de la société ? Un brutal épisode de type Bonapartiste est-il formellement exclu ?

Autant de questions d'importance et qui...ne manqueront pas de se poser sans que nous sachions quelle sera l'étincelle qui mettra le feu aux poudre. Mais quoi qu'il arrive, les institutions seront nécessairement remises en cause comme elle ne l'ont pas été depuis que, à une voix près, la République fut instaurée en janvier 1875. C'est alors que se posera la question de la personnalité providentielle capable de porter la lourde charge du pouvoir. Guillaume Bernard* en a récemment tracé le portrait :

" Trois éléments semblent devoir être réunis pour qu’un homme (ou une femme) s’impose et apparaisse « providentiel » : une personnalité dotée d’un charisme (lui permettant de forcer le destin et non de se laisser porter par les événements), un principe susceptible d’entraîner le corps social et que la personnalité incarne mieux que tout autre (l’ordre, la révolution, l’indépendance nationale, etc.) et, enfin, une situation de crise, c’est-à-dire un moment de bascule (une personne n’est providentielle que relativement à certaines circonstances). Ainsi, Bonaparte a-t-il pris le risque de ruiner sa carrière d’officier pour faire un coup d’Etat, incarnait le retour à l’ordre  et répondait à la nécessité d’un retour de la puissance de l’Exécutif . Et faut-il évoquer le cas de Jeanne d’Arc ? Alors qu’elle avait libéré Orléans et permis le sacre de Charles VII, elle fut ensuite abandonnée par le roi, capturée par les Bourguignons, jugée et condamnée par un tribunal d’inquisition et, enfin, exécutée par la puissance séculière occupante, en l’occurrence anglaise. Ce n’est donc qu’avec le procès en réhabilitation quelques années après sa mort (et sa canonisation plusieurs siècles plus tard), puis le travail des historiens (notamment républicains) que son rôle éminent a été finalement reconnu et connu de tous. Sur le moment, dans le feu de l’action, des personnes peuvent enthousiasmer mais finalement décevoir (le général Georges Boulanger par exemple) ou, à l’inverse, apparaître en retrait voire anodines et se révéler, par la suite, avoir eu un rôle fondamental dans l’évolution des sociétés. Il est difficile, au cœur même des événements, de savoir qui est vraiment la personne centrale, celle dont l’apport sera finalement décisif dans l’histoire des hommes. En tout cas, l’histoire enseigne que, vraies ou fausses, les personnes providentielles peuvent percer d’une manière fulgurante. Si aucun homme politique n’apparaît, aujourd’hui, indiscutablement de taille face aux multiples crises qui frappent la société, rien ne dit qu’une personne ayant l’envergure nécessaire ne puisse apparaître (dès) demain. Rien ne dit non plus qu’elle ne soit pas devant nos yeux et que nous ne la voyons pas (encore)."

Cette personne d'envergure dont nous parle Guillaume Bernard a un nom. C'est le Roi. Il est déjà devant les yeux des Français qui ne le voient pas (encore). Mais n'en doutons pas, la République ne tardera plus à les déciller.

Le 28 octobre 2013.

Jean-Yves Pons, pour le Conseil dans l'Espérance du Roi.

* Guillaume Bernard est maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures). Il a enseigné ou enseigne dans les établissements suivants : Institut Catholique de Paris, Sciences Po Paris, l’IPC, la FACO… Il a rédigé ou codirigé un certain nombre d’ouvrages dont : Les forces politiques françaises (PUF, 2007), Les forces syndicales françaises (PUF, 2010), le Dictionnaire de la politique et de l’administration (PUF, 2011) ou encore une Introduction à l’histoire du droit et des institutions (Studyrama, 2e éd., 2011).
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