Besoin de l'autorité spirituelle

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Besoin de l'autorité spirituelle

Message par Henryk le Ven 2 Mar 2018 - 10:46

De là, voyez quelle fut la folie de ces fameux hérésiarques, parmi tant d'autres depuis le début de l'Eglise, du quinzième et du seizième siècle, Wiclef, Luther et Calvin, qui prétendaient qu'on pouvait impunément résister à l'Église, qui osaient même soutenir que le chrétien affranchi de toute loi ecclésiastique et divine en vertu de la liberté qu'il acquiert par le baptême, n'a dans l'ordre religieux, et bientôt quelques sectes ajoutèrent même dans l'ordre et l'esprit politique, d'autre supérieur que Jésus-Christ.

Brisons tout frein, s'écriaient-ils avec un orgueil inconcevable, secouons tout joug, soyons à nous-mêmes nos maîtres et nos guides.

Mais alors que deviendrait L'Église ?
L'Évangile nous la représente sous divers symboles, tantôt comme un royaume, tantôt comme une famille, tantôt comme un troupeau. Or, un troupeau sans pasteur ne serait-il pas bientôt dispersé? Une famille pourrait-elle subsister sans la sujétion des enfants à l'autorité paternelle? Un État, où il n'y aurait point de chef pour gouverner, ne tomberait-il pas bientôt dans la plus horrible confusion ?

Dans toute société bien constituée, il faut un pouvoir législatif et administratif, pour faire les lois et les appliquer. Et l'Église, cette société immense, composée de tous les chrétiens répandus dans l'univers, n'aurait pas ce double pouvoir et chacun de ses enfants pourrait expliquer la loi à sa guise, en tirer les conséquences qu'il voudrait, et agir sans autre règle que ses passions, ses intérêts, ou ses caprices Et Jésus-Christ aurait établi son Église sur un fondement si ruineux, elle qu'il appelle cependant sa bien-aimée, son unique, sa colombe Il l'aurait abandonnée au trouble, à l'anarchie Où serait alors la sagesse divine?

Reconnaissons donc qu'il faut à l'Église des chefs, des magistrats spirituels pour la gouverner, et c'est cette subordination et ces différents degrés d'autorité et de puissance, qui forment l'harmonie de l'Église c'est ce qui faisait dire à un prophète « Que vos tentes sont belles, ô Israël que vos pavillons sont magnifiques, ô Jacob.

C'est ce qui vous rend, ô Église de mon Dieu, forte et terrible comme une armée rangée en bataille; et l'hérésie, qui conteste vos droits et qui attaque votre hiérarchie, s'efforce, autant qu'il est en elle, de vous détruire et de vous anéantir.

Ainsi, quoi qu'il puisse arriver, malgré les vicissitudes des choses humaines, malgré les difficultés des temps, malgré les clameurs de l'impiété, Pierre et les apôtres ne perdront jamais le droit qu'ils ont de paître les agneaux et les brebis, c'est-à-dire de gouverner spirituellement l'Église. Voyez-les dès les quatre premiers siècles, ils exercent leur autorité en hommes qui sentent bien qu'ils la tiennent de Dieu. S'agit-il de remplacer l'infâme Judas, d'élire des diacres, de terminer le différend sur l'observation des cérémonies légales, ils s'assemblent, ils prononcent, et donnent leur décision comme l'oracle même du Saint-Esprit.

Depuis la naissance du christianisme jusqu'à nos jours, toute l'histoire fait foi que l'Église a toujours exercé la même autorité nous la voyons, selon les circonstances et les besoins des fidèles, faire des règlements nouveaux, confirmer ou développer les lois antérieures.

Nous la voyons prononcer avec une autorité souveraine sur les matières de la foi et les règles des mœurs, fixer la liturgie et les cérémonies sacrées, faire des canons ou règles de discipline, en dispenser en certaines circonstances, ou même les abroger si le bien de la religion le demande, établir des pasteurs, limiter ou révoquer leur juridiction, corriger ses enfants en leur imposant des pénitences salutaires, ou même les retrancher de son corps lorsqu'ils sont incorrigibles et que leur exemple pourrait corrompre les autres voilà les droits essentiels de l'Église, et personne ne les lui a jamais contestés, sauf les incrédules et les hérétiques.
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Henryk
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Re: Besoin de l'autorité spirituelle

Message par Henryk le Sam 3 Mar 2018 - 23:23

Voyez l'Église aux jours de ses opprobres et de ses humiliations, comme aux jours de sa liberté et de sa gloire elle enseigne, non pas toujours avec le même succès, mais toujours avec la même force, et elle exige notre soumission et nos hommages. Elle sait que c'est entre ses mains que Jésus-Christ a remis son Testament, et qu'elle à seule le droit de nous en faire connaître les dispositions, de l'interpréter, de le faire exécuter. Et avec quel zèle elle s'est appliquée, dans tous les temps, à faire luire la vérité aux yeux des peuples et à préserver la foi des atteintes de toute dangereuse nouveauté Remontez aux beaux jours du christianisme, au siècle des apôtres il s'élève une grande contestation au sujet des observances de la loi mosaïque; les apôtres se réunissent en concile; Pierre parle le premier; Paul, Barnabé et Jacques donnent leur avis, l'Église enseignante prononce, et tout dissentiment cesse, l'assemblée des fidèles se soumet sans résistance et reçoit la décision comme un oracle du SaintEsprit.

Voilà l'unique manière de décider péremptoirement toutes les contestations, qui pourront s'élever touchant la doctrine. C'est toujours Pierre uni aux apôtres c'est toujours le Pape uni aux évêques, soit réunis dans la même enceinte, soit disséminés dans les diverses parties du monde chrétien, qui tranchent les difficultés, qui parlent au nom de Dieu, et auxquels est due une entière adhésion d'esprit et de coeur. Ainsi l'ont cru tous les siècles. Toutes les fois qu'il s'est élevé des différends sur la foi, la discipline et les mœurs, c'est le témoignage de l'Église, c'est l'autorité des premiers pasteurs qu'on a invoquée; c'est à ce tribunal sacré des juges de la foi qu'on a déféré toutes les questions; et, aussitôt que ce tribunal a prononcé, on se soumet avec une extrême promptitude et une extrême docilité. Rome a parlé, disent les anciens Pères, c'est assez de controverses et de discussions; la cause est terminée.


Or, cette autorité, autrefois si vénérée par tous les fidèles, si vénérée par les hérétiques eux-mêmes qui et par une étrange aberration d'esprit, regardaient toutes les hérésies comme légitimement condamnées, sauf la leur, cette autorité, si nécessaire à l'Église, serait-elle maintenant anéantie? Qui oserait le dire, après la parole expresse de Jésus-Christ, qui a promis d'être avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles? Aujourd'hui donc, comme hier, comme toujours, il faut obéir aux prêtres qui sont dans l'Église, à ceux, comme le dit saint Irénée, qui tirent leur succession des apôtres, et qui, avec cette succession d'épiscopat, ont reçu le don certain de la vérité selon le bon plaisir du Père céleste.

Sans cette autorité suprême qui décide de la foi, sans cette obligation stricte, rigoureuse, imposée à tous les fidèles de se soumettre aux jugements qui en émanent, que deviendrait l'Église? Mériterait-elle ces beaux titres de maison de Dieu, de royaume de la paix, que les saintes Écritures lui donnent? Et ne devrait-on pas plutôt l'appeler une terre de discorde, un champ de bataille, où l'on ne voit que haine, trouble et confusion ?

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