Les dessous de la révolution colorée en Iran

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Les dessous de la révolution colorée en Iran

Message par papylou le Jeu 25 Jan 2018 - 7:37

Toujours ces satanés américains voulant régenter le monde! Je vous passe cet analyse tout à fait pertinente de Jean Terrien, que je ne connais pas. Pour suivre de près ce qui se passe en Iran, ces réflexions me semblent tout à fait intéressantes!
Per C.S.P.B.
Papylou



A voir absolument +Iran


https://www.youtube.com/watch?v=Us6paB420Ro





Les dessous de la révolution coloré, en Iran







DEPUIS le mois de décembre 2017, l'Iran connaît des manifestations contre l'inflation et le chômage qui résultent, il faut le souligner, des sanctions économiques mais aussi de la politique libérale du gouvernement Rohani, laquelle est critiquée par le Guide suprême. Les manifestations, qui avaient touché la région du Khorasan, se sont étendues au Nord et à l'Ouest du pays.        
              En 2009, l'Iran avait été touché par une tentative de révolution colorée durant l'élection présidentielle pour empêcher la réélection de Mahmoud Ahmadinejad face à l'agent des Etats-Unis, Mir-Hossein Mousavi. Mais pour l'édition 2017-2018 de la révolution colorée, les Américains ne cachent pas leur soutien aux manifestants. Le président Donald Trump a écrit dans un tweet du 1er janvier 2018 : « Le grand peuple iranien est oppressé depuis de nombreuses années, ils ont faim de nourriture et de liberté. En plus des droits de l'homme, la santé de l'Iran a été confisquée. C'EST LE MOMENT DU CHANGEMENT ! »
              Le 3 janvier, il a promis aux manifestants iraniens dans un autre tweet : « Vous aurez un grand soutien de la part des Etats-Unis le moment venu ! ».        
              Donald Trump a au moins le mérite de jouer carte sur table et de révéler publiquement les plans censés rester secrets...      
              Le Guide Suprême de la République islamique d'Iran, l'Ayatollah Khamenei, a déclaré, quant à lui, que « les manifestations sont soutenues par les ennemis de l'Iran, et leurs ressources, armes, politiques et appareil sécuritaire »
              Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, déclara dans une vidéo publié sur Twitter : « Lorsque ce régime (le gouvernement iranien) tombera enfin, et un jour il tombera, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. » Tout comme nous en avons eu la preuve a posteriori concernant le Printemps arabe et les révolutions colorées en Europe de l'Est, ces manifestations, si elles peuvent avoir – dans un premier temps – des motivations légitimes, n'ont rien de spontané.      
              Il s'agira ici de remonter aux origines et aux commanditaires de la déstabilisation de l'Iran.



AUX ORIGINES DE LA DÉSTABILISATION DE L'IRAN



              Lorsque Netanyahou dit que les Iraniens et les Israéliens pourront « redevenir amis », il fait référence à l'époque précédant la Révolution de l'Imam Khomeini (1902-1989). Israël et l'Iran du Chah entretenaient de bonnes relations dès les années 1950. A l'époque, Tel-Aviv et Téhéran, opposés au nationalisme arabe (tout particulièrement à l'Irak et à l'Égypte), avaient un pacte stratégique qui se transforma en coopération militaire – le Chah avait envoyé ses généraux en Israël pour s'inspirer de leurs méthodes d'instruction et pour discuter des modalités d'un soutien militaire israélien à l'Iran. D'ailleurs, la police politique du Chah, la SAVAK, a été créée en 1957 sous les auspices du Mossad.
              La coopération entre Israël et l'Iran du Chah s'est poursuivie jusque dans les années 1970. En 1978, le géopolitologue israébo-britannico-américain Bernard Lewis et Zbigniew Brzezinski (de 1977 à 1981, Bernard Lewis sera le conseiller du Conseil national de sécurité américain que préside alors Zbigrnew Brzezinski), élaborent une stratégie – appelée la théorie de l'Arc de crise (Crescent of Crisis) – de morcellement du Proche-Orient, incluant l'Iran.
              Pourquoi ce revirement vis-à-vis du Chah, allié d'Israël et des puissances occidentales ? Le souverain iranien, qui désirait émanciper l'Iran des puissances étrangères, remit en cause les privilèges des groupes pétroliers anglo-américains dans son pays.  
              Les Américains ont alors planifié sa destitution et son remplacement à la tête de l'Iran par un homme à leur main, qu'ils voyaient en la personne de l'Ayatollah Khomeini. Mais une fois la Révolution terminée, les États-Uniens ont pu constater que ce dernier n'était pas le pantin qu'ils espéraient... En aidant les religieux chiites à renverser le Chah, les stratèges américains avaient, déjà à l'époque, l'intention de déclencher une guerre confessionnelle dans la région. Un document de l'époque précisait : « Les Chiites se dresseront contre les Sunnites et les musulmans modérés contre les groupes fondamentalistes ; des mouvements séparatistes et des entités régionales propres comme le Kurdistan et le Baloutchistan (région iranienne) verront le jour. »  
              Le projet de morcellement ayant été compromis, les Américains et les Israéliens poussèrent Saddam Hussein à attaquer l'Iran afin que ces deux puissances régionales se détruisent mutuellement.



[color=#ffff00]LA SUBVERSION DE L'IRAN : UN PROJET ISRAÉLIEN



              Après la fin de la guerre Iran-Irak (1980-1988), les États-Unis n'étaient pas, jusqu'en 1993, partisans d'une politique agressive envers l'Iran. C'est principalement sous l'influence de l'État hébreu que les Etats-Unis ont pris ce tournant anti-iranien. Au début de l'année 1993, alors que Clinton arrive au pouvoir, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et son ministre des Affaires étrangères Shimon Pérès commencent à défendre l'idée que l'Iran constitue une menace pour Israël et les États-Unis. À la mi-mars 1993, David Hoffman rapportait dans le Washington Post : « Quelle que soit leur sensibilité politique, les responsables israéliens estiment qu'il est nécessaire de convaincre l'opinion et les dirigeants américains de l'urgence de mesures visant à contenir l'Iran, et que les Etats-Unis sont la seule puissance mondiale capable de prendre de telles mesures ».              
              Les États-Unis se plièrent aux exigences israéliennes en pratiquant une politique de contention de l'Iran en cernant le pays par des bases militaires. Robert Pelletreau, qui était secrétaire d'État adjoint en charge du Proche-Orient, déclara que cette politique était pour l'essentiel la copie conforme d'une proposition israélienne.
              Le projet de « changement de régime » a été porté dès les années 1990 par les Israéliens.              
              Fin mai 2003, l'Inter Press Service (une agence de presse internationale) rapportait que « les efforts des néo-conservateurs pour attirer l'attention de Washington sur la nécessité d'un changement de régime en Iran se sont intensifiés depuis mai et ont déjà en partie porté leurs fruits ».  
              Début juin 2003, le journal de la communauté juive new-yorkaise Forward notait : « les néo-conservateurs, qu'ils soient ou non membres de l'Administration, exhortent la Maison-Blanche à se mobiliser activement pour promouvoir un changement de régime à Téhéran. Au cours des dernières semaines, l'éventualité d'actions clandestines a été de plus en plus fréquemment évoquée ».          
              Le 19 mai 2003, le sénateur Sam Brownback annonça qu'il allait présenter un projet de loi visant à financer les groupes d'opposition et promouvoir la "démocratie" en Iran. Ce projet, appelé Iran Democracy Act, était bien évidemment fortement soutenu par le lobby pro-israélien AIPAC ainsi que par l'Institution juive JINSA (Institut juif pour la sécurité nationale). La Coalition for Democracy in Iran est alors créée par Morris Amitay (un israélite membre de l'AIPAC et de JINSA). Le projet de loi fut présenté par le démocrate californien pro-israélien Brad Sherman à la Chambre des représentants. Fin juillet 2003, le projet fut adopté par les deux Chambres. Tout ceci six ans avant la tentative de Révolution verte de 2009 en Iran.            
              Celle-ci a certes échoué, mais les ennemis de l'Iran n'ont pas abandonné le projet. La revue bimensuelle Faits & Documents rapportait en juillet 2017 que les faucons de Washington s'activaient pour organiser à nouveau un « printemps iranien » pour renverser la République islamique. Subversion politique contenue dans un mémorandum de sept pages transmis au Conseil de sécurité nationale par la Foundation for Defense of Democracies (FDD), un groupe de pression néo-conservateur dirigé par Mark Dubowitz (qui a fait une partie de ses études en Israël).      
              Faits & Documents rapporte en outre que la FDD dispose de liens étroits avec de nombreux fonctionnaires clefs dans l'Administration Trump, et qu'elle établit les leviers d'organisation de troubles populaires dans le but d'établir « un gouvernement tolérant qui respecte les normes mondiales ». Le rapport recommande à Donald Trump de s'inspirer de l'action de Donald Reagan en Pologne dans les années 1980 en utilisant « les syndicats, des organisations d'étudiants et le clergé dissident ».              
              Dans l'entourage de Trump, le secrétaire d'État Rex Tillerson a évoqué une « transition pacifique ». Mike Pompeo, l'actuel directeur de la CIA, avait, en 2016, appelé à une action pour « changer le régime iranien ». Ezra Cohen-Watnick, directeur du renseignement au Conseil de sécurité nationale, s'est dit favorable à cette opération coordonnée depuis l'été 2017 par Michael D'Andrea (vétéran de la CIA passé par l'Afrique et le monde arabe) qui a été nommé, le 2 juin 2017, à la tête de l'Agency's Iran Mission Center nouvellement créé.            
              Les manifestations qui se déroulent actuellement en Iran ont débuté avec des slogans contre le chômage et l'inflation, puis soudainement, dans la foule, émergèrent des slogans tournés contre le président Rohani et le Guide suprême, Ali Khamenei, scandant « mort au dictateur ». Mais aussi – et c'est plus curieux encore – contre le rôle que joue l'Iran dans le conflit régional. Lors d'une manifestation, un petit groupe de cinquante personnes, au milieu de centaines, a lancé des slogans comme « laissez tomber la Palestine », « Ni pour Gaza, ni pour le Liban, je ne donnerai ma vie que pour l'Iran ».
              La stratégie américaine pour faire tomber la République islamique d'Iran est de combiner un affaiblissement du gouvernement par des sanctions économiques massives et miner le pays de l'intérieur en utilisant des groupes d'activistes iraniens « pro-démocratie » comme le Conseil National de la Résistance de l'Iran ou des mouvements ethniques séparatistes (comme le proposait Bernard Lewis en 1978).
              Mais une bonne partie de la population iranienne soutient la République islamique. Si la situation s'aggrave, l'Iran pourrait bien sombrer dans une guerre civile opposant la bourgeoisie occidentalisée et le reste de la population attachée à la stabilité de l'État.



Jean TERRIEN.

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Re: Les dessous de la révolution colorée en Iran

Message par REQUETE CARLISTE le Sam 24 Fév 2018 - 22:29

La pseudo révolte (manipulée et amplifiée par les médias occidentaux) en Iran semble avoir fait pchiit.
Encore une machination visant à déstabiliser un peu plus la région.

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