L'Eglise de la Révolution de 1789

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L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Jeu 25 Jan 2018 - 3:37

Tout d'abord, j'aimerais aborder la situation du clergé de France au moment de la Révolution.

A la veille de la Révolution, le clergé comprenait environ 135.000 personnes, dont 70.000 religieux. Les autres formaient le clergé séculier divisé en haut et bas clergé.

Le haut clergé appartenait généralement à la noblesse et souffrait d'une certaine décadence. Les prélats de cette époque étaient plus souvent à la cour que dans leurs diocèses. Mêlés aux affaires du monde, ils laissaient à d'autres le soin spirituel de leur troupeau. A noter que souvent dans les salons, ils n'avaient pas le courage de condamner les publications et les auteurs qui attaquaient ouvertement la religion. Aussi, dans la défense de leur troupeau contre l'impiété insolente du XVIIIe siècle, les évêques étaient nettement au-dessous de leur tâche.

Le bas clergé, au contraire, était généralement à la hauteur de sa tâche. Depuis les décrets du Concile de Trente, il avait été formé dans les séminaires et son niveau intellectuel et moral s'en était grandement amélioré. Curés de villes et de campagnes, desservants et vicaires, se composait en tout d'environ 63.000 personnes en 1789. Ils ont été les véritables gardiens de la religion en France. Ils ont communiqué au peuple au milieu duquel ils vivaient, leur foi qui était robuste, et lui ont forgé des habitudes qui sauront résister à la tourmente qui se préparait. Ce sont eux qui avaient doté 25.000 paroisses sur 37.000 de ces petites écoles, si florissantes à la veille de la Révolution.

Plus encore que leur origine, ce qui séparait ces deux clergés, c'est l'inégalité de leur condition. Entre la situation modeste, parfois précaire, du bas clergé et la richesse des hauts dignitaires ecclésiastiques, il y avait un contraste frappant. Les véritables ouvriers de l'Evangile étaient réduits aux revenus incertains de la dîme tandis que le haut clergé était plus chargé de titres que de besogne spirituelle, doté de revenus rivalisant parfois avec ceux des plus grands seigneurs du royaume.

C'est de cette différence trop marquée que naîtra, dans le clergé des campagnes, un esprit de révolution sociale qui se traduira par les Cahiers de doléances de 1789 et contribuera, pour une large part, au succès de la Révolution à ses débuts. A noter que si le Tiers Etat a réussi à faire triompher ses revendications, c'est parce que 208 curés de campagne, c'est-à-dire la masse des députés du clergé, sont venus se joindre à lui pour former l'Assemblée Nationale Constituante.
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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Ven 26 Jan 2018 - 3:19

Les Etats généraux sont convoqués pour le 5 mai 1789. Le peuple de France s'attelle à la rédaction des cahiers de doléances à la demande de Louis XVI.

Ces cahiers rassemblent les plaintes des Français, c'est l'occasion pour chaque habitant du royaume de France, d'exprimer ses plaintes directement au Roi. Dans chaque paroisse, on rédige un cahier pour la noblesse, un cahier pour le clergé et un cahier pour le tiers état. Chaque ordre procède à l'élection de représentants qui sont envoyés à Paris, pour y présenter leurs doléances aux états généraux.

Les cahiers de la noblesse qui sont pour la plupart d'inspiration libérale, montrent que les nobles sont prêts à abandonner certains de leurs privilèges fiscaux. La petite noblesse est sensible aux idées des Lumières, lesquelles ont pénétré ses milieux, à travers les clubs et les salons.

Les cahiers du clergé sont composés de revendications envers l'ordre établi. Le bas clergé demande que les évêques ne détiennent pas plus d'un évêché, et que des ecclésiastiques non nobles puissent prétendre à cette charge. Ces cahiers montrent également une ouverture fiscale, le désir d'abandonner une partie des privilèges fiscaux de l'Eglise.

Les cahiers du tiers état sont rédigés principalement par la bourgeoisie qui s'attaque surtout aux privilèges fiscaux de la noblesse et du clergé. Ils demandent une meilleure représentation du tiers état. Ils demandent également l'abolition des droits seigneuriaux, de la dime versée au clergé, des taxes et impôts royaux.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Henryk le Ven 26 Jan 2018 - 19:58

La police des grains détruite,par les physiocrates et les engagistes, une autre forme de combat contre la royauté, apparait vingt ans plus tard, par ce tamdem consultatif-législatif soutenu par des élus locaux à Paris.

Je me demande qui a pu écrire les doléances, à la vue de votre dernière phrase? Des catholiques qui râlent contre la dîme versée au Clergé, j'en doute fort... puisque c'était de la Charité, et non du Social...

Lire de Daniel Rops:
L’Ère des grands craquements.
L'Eglise des Révolutions. (un peu libéral, mais beaucoup de référence)
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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Ven 26 Jan 2018 - 23:42

Henryk, les cahiers de doléances du tiers état furent rédigés par des bourgeois pas nécessairement catholiques. Rédigés par la bourgeoisie et pour la bourgeoisie. Pas étonnant que leurs attaquent s'adressaient principalement aux privilèges de la noblesse et du clergé. Dans leur demande d'abolition des droits seigneuriaux, ils voulaient en finir avec les droits de chasse, de pêche, les corvées et autres. J'ai mentionné la dime mais ils demandaient aussi l'abolition des taxes et impôts royaux, comme par exemple, la taille, la capitation, traites, aides et vingtièmes.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Dim 28 Jan 2018 - 14:11

Le 20 juin 1789,dans la salle du Jeu de Paume, ls membres des Etats généraux firent le serment de ne pas se séparer avant de donner une constitution à la France. Conformément aux principes des philosophes et des encyclopédistes, ils décidèrent de faire précéder cette constitution, d'une déclaration de principes dont elle réaliserait l'application. Les Constituants décidèrent d'une déclaration d'une portée vaste et humaine, la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Un membre de l'Assemblée, l'abbé Grégoire proposa de rédiger une déclaration des devoirs mais l'Assemblée s'y refusa.

On sent déjà ici l'influence des idées de Rousseau. Le principe nouveau sur lequel la société doit désormais se gouverner c'est celui de la souverainté populaire. Des lacunes existent dans cette déclaration, comme par exemple de ne pas proclamer la liberté religieuse. Ses imprécisions sur certains points, constituent un véritable danger politique ; son esprit essentiellement rationaliste constitue, pour la France catholique, une menace et un danger. Cette liberté qui est définie comme << le pouvoir de faire ce qui ne nuit pas à autrui >> limite la liberté de chacun et implique même la notion du respect de la liberté des autres. D'autre part la liberté, droit naturel et imprescriptible, peut aller jusqu'à la résistance à l'oppression, autre droit naturel, phrase qui légitime toutes les révoltes. L'imprécision est dangereuse.

Le principe fondamental de la souverainté populaire, transposant l'autorité et la responsabilité d'un seul chef, le souverain, sur une collectivité anonyme, contient en germe toutes les intrigues et les combinaisons électorales, la lutte des partis politiques entre eux, si néfaste à la vie d'un peuple. Rousseau lui-même avait dit que si elle était l'idéal théorique des gouvernements on ne pourrait pratiquement l'appliquer que dans de petits états comme la Corse ou la République de Genève.

Au point de vue catholique la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen ne peut être reconnue comme une charte de principes immuables pour le gouvernement des peuples. L'Etre Suprême sous les auspices duquel le placent ses auteurs, est ce dieu reconnu par les philosophes, dieu lointain, abstrait et impersonnel, qui se confond avec la nature et ne s'occupe pas des hommes. Il est clair que cette déclaration veut ignorer les droits de Dieu, tels que les définissent les dogmes de la religion catholique qui, depuis le baptême de Clovis, était celle de la France. L'adhésion formelle de l'Assemblée à la religion catholique, demandée par Monseigneur de Bonal, fut refusée par les Constituants, comme plus tard, sera repoussée la motion du Chartreux Dom Gerle, pour faire reconnaître le catholicisme religion d'Etat. La déclaration proclamait la bonté de toutes les religions sans distinction.

Tout l'effort civilisateur séculaire de la religion catholique, toute l'oeuvre de l'Eglise de France jusque-là intimement liée depuis quinze cents ans à son histoire, se trouvent intentionnellement méconnus dans la Déclaration, où les Droits naturels et imprescriptibles de l'homme pssent au premier plan.

Cependant les membres du clergé présents à l'Assemblée, souscrivirent tous à la Déclaration des droits de l'homme sans discerner les périls qu'elle contenait et confiants dans leur application qui, pensaient-ils, ménagerait les droits de Dieu. Les évènements allaient bientôt déjouer les illusions du clergé français.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Mar 30 Jan 2018 - 14:02

Pour comprendre les rapports de l'Eglise de France avec les différentes assemblées nées de la Révolution, il est nécessaire de préciser la situation de l'Eglise de France en 1789.

L'Eglise de France était très riche. Elle détenait de vastes domaines fonciers et des valeurs immobilières considérables, constituées par les dîmes d'une part et par les dons innombrables reçus, depuis des siècles, en hommage et en retour des services rendus. Les ordres religieux possèdaient des propriétés d'une étendue immense. Toutes ces richesses servaient non seulement à l'entretien du clergé et aux frais du culte, mais encore à toutes les oeuvres d'assistance, de bienfaisance, d'enseignement dont l'Eglise assumait seule la charge.

La grande faute de ce clergé de France fut de laisser trop s'accuser la différence qui séparait le haut du bas clergé. En 1789, la France comptait cent trente-cinq évêchés dont les titulaires portaient tous des noms illustres. Les cadets des familles nobles fournissaient le recrutement de l'épiscopat. Nés grands seigneurs, ils continuaient à mener une vie brillante et luxueuse qu'ils croyaient d'ailleurs nécessaire à leur rang social. Attirés à la cour, depuis Louis XIV, bon nombre d'entre eux avaient perdu l'habitude de la résidence et laissaient à un auxiliaire le soin de s'occuper de l'administration diocésaine. L'influence épiscopale diminuait en bien des endroits et une sourde hostilité s'élevait contre ce haut clergé, détenteur de bénéfices considérables, mais dédaigneux de remplir les devoirs de la charge pastorale.

Dans l'ensemble très généreux, ces évêques pratiquaient pour leur diocèse le grand devoir de charité. Certes, ils dotaient leur résidence d'un superbe palais épiscopal, mais ils s'occupaient aussi d'édifier des hôpitaux et d'organiser des oeuvres sociales, distribuant largement les aumônes. Mais ils étaient pour la plupart, trop distants de leur clergé, de ce bas clergé chargé de l'évangelisation des campagnes. Un clergé humble et pauvre, qui modestement, remplissait à merveille son devoir, sans recevoir aucune compensation. Contraste énorme avec les grands dignitaires ecclésiastiques de l'Eglise, qui eux, se reposaient dans le luxe de leurs palais somptueux.

Dans les cahiers de doléances, on suppliera Louis XVI d'ordonner à tous les évêques et archevêques, de resider dans le lieu de leur bénéfice, sans pouvoir s'absenter un temps considérable. Les cahiers mentionnaient la médiocrité des revenus des curés de campagnes lesquels étaient réduits à une subsistance précaire. Des prêtres tellement pauvres qu'ils ne pouvaient même pas venir au secours des indigents qui réclamaient d'eux la charité.

Telle était donc la situation du clergé de France à la veille de la Révolution. Son influence moral était en décroissance, et l'esprit libertin avait si profondément pénétré le siècle que les vocations religieuses se raréfiaient. Déjà à cet époque, les monastères si nombreux en France, au Moyen Âge, diminuaient en moines. Comment l'Assemblée allait-elle entreprendre la réforme de l'Eglise de France ? Cette question se posait dès le 20 juin 1789.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Jeu 1 Fév 2018 - 22:52

La Constituante aurait pu se montrer reconnaissante au clergé, pour l'appui précieux qu'il lui apportait. Il n'en fut rien et bientôt les membres du clergé qui avaient souscrit d'entousiasme à la Déclaration es droits de l'homme, allaient perdre leurs illusions sur le respect par les Constituants, des droits de Dieu et de l'Eglise.

Tout d'abord, L'Assemblée décréta la suppression des ordres jugés inutiles malgré leurs services rendus. Sous prétexte du besoin d'alimenter les caisses de l'Etat, les biens de l'Eglise firent les frais de cette opération. Les biens ecclésiastiques furent déclarés biens nationaux et vendus, le plus souvent à vil prix. En réalité, les Constituants voulaient supprimer au clergé toute influence politique, toute sa puissance terrienne, faire de lui un corps salarié, créancier de la nation, intimememnt associé a elle et intéressé à la Révolution. Ainsi fut dépouillé de sa propriété séculaire le clergé de France, contrairement à la Déclaration des droits de l'homme, qui proclamait inviolable le droit de propriété.

Dans l'esprit des Constituants, il fallait subordonner l'Eglise à l'Etat. La Constitution fut rédigée sous l'influence de jansénistes, dans le dessein d'établir une église nationale. Les prêtres allaient devenir des fonctionnaires payés par l'Etat. Les évêques et les curés ne seraient plus nommés par le roi, mais par des élections où pouvaient prendre part même les non catholiques. La Constitution jugeait inutile de demander au Pape confirmation des nouveaux évêques titulaires. Telles furent quelques-unes des dispositions de la Constitution civile du clergé.

La spoliation du clergé n'était qu'un combat d'avant-garde dans la lutte contre l'Eglise. Le véritable assaut fut la Constitution civile du clergé qui ne laissait d'autre choix au clergé que la servitude ou la révolte. Cette Constitution civile, rédigée en dehors du Pape et des lois de l'Eglise, ne fut acceptée ni du Pape ni du clergé en général. Sous prétexte de revenir aux traditions de l'Eglise primitive, c'était tout simplement la résurrection de la vieille doctrine gallicane de la mainmise de l'Etat sur l'Eglise. Un certain nombre de prélats et beaucoup de curés s'y laissèrent prendre.

Louis XVI entraîné par les évènements, sanctionna les mesures prises par l'Assemblée et les rendit obligatoires. Evêques et curés devaient sans tarder prêter serment de fidélité à la nation, sous peine d'être déchus de leurs fonctions et du titre de citoyen français. Les deux tiers des simples prêtres refusèrent de prêter serment. Tous avaient les yeux tournés vers Rome et attendaient le jugement du Pape. Qu'allait être l'attitude de Rome ?

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Sam 3 Fév 2018 - 14:50

Le Pape Pie VII qui était très au courant des évènements qui se déroulaient au sein de la "Fille aînée de l'Eglise", était confiant dans les traditions de NOTRE pays et de son roi très-chrètien. Louis XVI n'avait-il pas déclaré au Souverain Pontife << qu'il veillerait avec l'attention d'un chrétien et d'un fils aîné de l'Eglise à empêcher que le culte de ses pères, l'union avec l'Eglise romaine et le respect dù aux ministres de la religion ne souffrissent aucune atteinte >>. Le Pape reprenait confiance malgré les appréhensions que lui donnaient la Déclaration des droits de l'homme.

Mais devant la suppression des annates, le pape s'inquiéta tandis que sur la question de la suppression des voeux monastiques, ainsi que la sécularisation des biens du clergé, le pape s'émut. Dans un consistoire secret, il condamna tous les décrets votés contre l'Eglise par l'Assemblée Constituante.

Les évêques qui siégeaient à l'Assemblée demandèrent au Souverain Pontife le moyen d'éviter un schisme à l'Eglise de France. Louis XVI écrivit en hâte au Pape, le conjurant de lui donner la réponse la plus prompte et la plus satisfaisante possible. Le pape fit dire qu'il ajournait sa décision, mais que le roi en approuvant la Constitution civile, encourrait la désapprobation de l'Eglise.

Le temps pressait car dans les provinces de France, on élisait déjà des curés et des évêques, sans attendre l'avis de Rome. Louis XVI angoissé par les évènements et mal conseillé, donna son adhésion à la Constitution civile. La réponse officielle du Pape fut la condamnation de la Constitution civle, le 4 janvier 1791.

La France religieuse était désormais divisée en deux camps : les assermentés et les réfractaires. Un bon tiers des prêtres assermentés persévérèrent dans la voie de l'Eglise constitutionnelle mais en beaucoup d'endroits de France, les populations firent le vide autour des prêtres jureurs. Les prêtres réfractaires à la loi du serment, se réfugièrent dans le maquis ou dans une maison amie afin d'y administrer clandestinement les sacrements.

Le schisme était consommé, la lutte religieuse déchaînée. Des désordres éclatèrent un peu partout dans NOTRE pays, et Paris, fut le témoin de scènes douloureuses dans les églises, entre prêtres constitutionnels et prêtres réfractaires. C'est de cette lutte entre deux partis, au sein de l'Eglise catholique, qu'allait naître un parti anticlérical, partisan d'une séparation entre l'Eglise et l'Etat.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Mer 7 Fév 2018 - 21:34

La Constituante avait pratiquement fermé les yeux sur le ministère des prêtres fidèles. La Législative va les traquer et les traîner en prison.

Pendant sa courte durée, l'assemblée Législative compte parmi ses membres 27 prêtres constitutionnels et dix évêques. L'influence des clubs y domine et détermine les partis qui composent cette assemblée. La droite veut l'application des lois de l'assemblée Constituante, la gauche qui est composée de 150 Jacobins, se méfie de la monarchie dont elle veut annuler l'autorité voire la supprimer. La Législative accomplit une oeuvre antireligieuse. Ce sont ses membres qui ont exécuté la vente des biens ecclésiastiques.

Menacée de toutes parts, par la guerre étrangère et la guerre de Vendée, la Révolution s'affole : Elle déclare ennemis de l'intérieur les nobles et les prêtres. Le 27 mai, elle vote un décret ordonnant la déportation de tous les prêtres non assermentés. Les prêtres fidèles futrent déportes en masse en Angleterre, en Suisse, en Allemagne.

Devant l'attitude hésitante de la Législative, la Commune de Paris prit le pouvoir : sous prétexte de de commerce avec l'ennemi dont les armées envahissaient la France, les chefs usurpateurs du pouvoir remplirent de suspects les prisons de Paris.

En présence de ces odieuses mesures, Louis XVI se révolte. Usant de son droit de veto, il refuse de sanctionner les décrets contre la religion catholique et déchaîne ainsi, contre lui, la fureur de la population excitée par Danton. Ce furent alors les journées révolutionnaires du juin et celle du 10 août 1792, qui fut la dernière de la royauté.

Sur ces entrefaites, les armèes de la coalition franchissent notre frontière et s'avancent sur la route de Paris. Tous les émeutiers de la capitale, responsables de tous les crimes et pillages qui avaient été commis, se sentent menacés. Marat lance à ses complices cette sinistre consigne : << Avant de disparaître, supprimez vous ennemis..., visitez les prisons, massacrez les nobles, les prêtres, les riches. Achevez vos victimes, ne laissez derrière vous que du sang et des cadavres.. >>

Le canon tonne sur le Pont-Neuf tandis que le drapeau noir est hissé à l'Hotel de Ville. Ce fut le signal des massacres des suspects et des réfractaires qui vont être immolés sans jugement. Nous sommes le 2 septembre 1792, pendant cinq jours, trois cents égorgeurs tirés des bas-fonds de la société, se répandent dans les prisons de Paris et s'y livrent à un carnage épouvantable. Partout le sang coule à flots. Quatre cents prêtres et un millier de laïques, parmi les plus grands noms de France, furent massacrés.

J'ai mentionné le nom de Marat dans cette tuerie méthodiquement organisée. Mais c'est Danton, le véritable détenteur du pouvoir, qui organisa ces massacres et protégea Marat. Danton pensait devoir effrayer les peuples de l'Europe.


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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Lun 12 Fév 2018 - 19:09

L'assemblée Législative avait fait preuve d'un esprit d'hostilité contre l'Eglise catholique. Mais la haine contre la religion traditionnelle treize fois séculaire, établie sous Clovis, organisée sous Charlemagne et pratiquée par les Capétiens dont l'un d'entre eux, saint Louis, l'incarna durant tout son règne, atteingnit son paroxysme durant les trois ans où les Conventionnels gouvernèrent la France, de septembre 1792 à octobre 1795, surtout du 16 avril 1793 au 27 juillet 1794, sous le gouvernement de la Terreur, organisé par la commune de Paris, auquel mis fin la chute de Robespierre, le 9 Thermidor 1794.

Après l'abolition de la royauté, un des premiers actes de la Convention fut de condamner à mort Louis XVI en invoquant le motif de complot contre la sûreté de l'Etat. Mais en réalité, on allait assassiner le Roi pour son attachement à sa foi et à l'Eglise. Puis la Reine Marie-Antoinette tomba à son tour.

Après ce double assassinat, les membres de la Convention crurent fait table rase de toutes les institutions de l'Ancien régime. Pour eux, la religion catholique, dite religion d'Etat, avait vécu. Aussi, il fut décidé d'en effacer tous les vestiges : plus de calendrier liturgique, plus de fêtes religieuses chômées, plus de saints traditionnels, plus de dimanche rappelant le repose du Dieu, après les six jours de la création. La Convention s'acharna à effacer tous les vestiges qui pouvaient rappeler au peuple de France la tradition chrétienne. A travers NOTRE pays, les cathédrales, les basiliques, les églises, les abbayes, les oratoires, furent systématiquement pillés. Ce fut un temps douloureux où des groupes de vandales, détruisaient sans compter des chefs-d'oeuvre de la foi chrétienne, dédiés à la France. Rien qu'à Paris on transforma les croix en troncs d'arbres et les ailes des anges en omoplates. A Notre-Dame, on brisait à la façade, 90 précieuses statues tandis que la flêche de la Sainte Chapelle fut découronnée, ls boiseries mutilées. Ce fut une véritable folie de destruction.

Enfin, après avoir ainsi tenté de déchristianiser la France, la Commune de Paris décida la fermeture de toutes les églises et temples de toutes les religions et de tous les cultes qui existaient à Paris. La religion catholique officiellement supprimée, fut remplacée par le culte de la raison. On livra la cathédrale de Paris, désaffectée, aux pires profanations. La << ci-devant église >> Notre-Dame de Paris devint le Temple de la Raison. Les fêtes de la raison ne tardèrent pas à se transformer en orgies.

A ce culte de la raison, succéda, lors de la prise de pouvoir pqr Robespierre celui de l'Etre Suprême, inspiré du déisme de Rousseau. La Convention alla encore plus loin. Après avoir demandé aux prêtres de se révolter contre le Pape, elle exalta l'apostasie. Les prêtres réfractaires au serment à la Constituion civile, furent traqués jusqu'au fond des campagnes. Un grand nombre de ces prêtres assez courageux pour rester en France, une fois découverts, furent aussitôt embarqués pour la Guyane. Tous ces martyrs furent dignes des martyrs des premiers siècles du christianisme. Tel fut le résultat de l'oeuvre systématique de déchristianisation entreprise par la Convention.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Jyme le Mar 13 Fév 2018 - 12:41

J'ai lu l'ensemble de votre sujet. C'est un éclairage très intéressant ; quelles sources vous ont-elles appuyé pour la rédaction ?

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Mar 13 Fév 2018 - 14:35

@Jyme a écrit:J'ai lu l'ensemble de votre sujet. C'est un éclairage très intéressant ; quelles sources vous ont-elles appuyé pour la rédaction ?

Dans ma jeunesse nous n'avions pas d'ordinateurs pour supporter nos études. Nous avions pour habitude d'étudier à la bibliothèque municipale. J'ai gardé de nombreuses notes que j'utilise de temps en temps. Bien sûr, il y a aussi la mémoire des cours universitaires avec des professeurs chrétiens ainsi que les lectures volumineuses sur le sujet.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Jyme le Mar 13 Fév 2018 - 15:46

D'accord,

Merci d'avoir partagé la synthèse de vos recherches en ce cas.

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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Chevalier du Temple le Mer 14 Fév 2018 - 21:37

La mort de Louis XVI ayant provoqué de tous côtés des insurrections royalistes et catholiques, la Convention ordonna la levée en masse et délégua tous ses pouvoirs à une dictature de douze membres, appelée le Comité de Salut public. Danton fut son directeur puis l'infâme Robespierre qui inaugura le régime de la Terreur. 

Pendant  quatorze mois, le Tribunal révolutionnaire envoya à la mort des milliers de victimes appartenant à la religion catholique. Pour augmenter le nombre des victimes, la Convention fit voter la loi des suspects qui permettait d'envoyer à la mort tous ceux qu'on dénonçait comme hostiles à la Révolution. En 1794, plus de quatre cent mille détenus remplissaient les prisons de France.

En province, des persécuteurs comme  Fouché à Nevers, Lebon à Arras, Carrier à Nantes,  Collot d'Herbois à Lyon, rivalisèrent de cruauté avec ceux de Paris. Ce fut partout une orgie de massacres. Partout la Révolution bourgeoise s'est ainsi déshonorée aux yeux du monde civilisé. 

En Vendée, les vendéens auraient pu tenir longtemps en échec les armées de la Convention, surtout s'ils avaient pu conquérir un port sur l'Atlantique, pour être en relations avec l'Angleterre. Malheureusement les rivalités de leurs chefs amenèrent leur perte. 

On ne peut se faire qu'une faible idée des débordements de haine et de vengeance qui déterminèrent les Conventionnels à se repaître de tels spectacles.
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Re: L'Eglise de la Révolution de 1789

Message par Mavendorf le Ven 16 Fév 2018 - 18:00

@Chevalier du Temple a écrit:Le haut clergé appartenait généralement à la noblesse et souffrait d'une certaine décadence. Les prélats de cette époque étaient plus souvent à la cour que dans leurs diocèses. Mêlés aux affaires du monde, ils laissaient à d'autres le soin spirituel de leur troupeau. A noter que souvent dans les salons, ils n'avaient pas le courage de condamner les publications et les auteurs qui attaquaient ouvertement la religion. Aussi, dans la défense de leur troupeau contre l'impiété insolente du XVIIIe siècle, les évêques étaient nettement au-dessous de leur tâche.

C'est vrai, on peut dire que parmi le clergé constitutionnel, nombreux je pense avaient carrément apostasié... J'évoquais justement le cas de Talleyrand dans la rubrique internationale du forum, il participait aux sociétés secrètes, il était proche de Mirabeau, alors qu'il était devenu évêque d'Autun.

Il y a cette histoire de la messe du 14 juillet 1790 à la Fête de la Fédération qui marque le premier anniversaire de la "prise de la Bastille". C'est lui qui l'a célèbre en tant qu’évêque, et en présence de Louis XVI... « Par pitié, ne me faites pas rire ! » aurait-il au jeune général de La Fayette à ce moment là. Je ne sais pas si c'est une légende, mais on retrouve ça un peu partout.

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