L'Église et la dignité du travail au Moyen-Âge

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L'Église et la dignité du travail au Moyen-Âge

Message par Chevalier du Temple le Mar 23 Jan 2018 - 2:23

Au Moyen-Âge, surtout aux XIIe et XIIIe siècles, les hommes se regroupèrent, à travailler au coude à coude. L'homme du médiéval éprouvait en abondance, qu'il avait des devoirs envers la communauté. Le travail lui apparaissait comme une activité comportant une valeur en soi, créatrice de vertus. Ce travail, l'Eglise le respectait et enseignait à l'estimer. N'avait-elle pas fait des saints parmi les travailleurs ?

A cet époque, la formule de saint Paul << Qui ne travaille pas ne doit pas manger ! >> était dans toutes les mémoires. Le mépris du travail manuel n'existait pas au temps des cathédrales. Le travail était une forme de la vertu chrétienne, l'organisation même de la classe laborieuse portait la marque du Christianisme. L'Eglise appuya la naissance des associations de travail et son influence demeura grande parmi le monde du travail. Le célèbre "Compagnonnage" naquit sur le chantier des cathédrales. Cet Ordre véritable regroupait tous ceux qui avaient le sens des croyances profondes de leur métier. Les origines des compagnons indiquent clairement quils eurent des notions chrétiennes.

Les travailleurs, en défendant à la fois la qualité d'âme, la grandeur morale, et les conditions matérielles de leur vie, eurent des résultats heureux. Sans intervention de l'Etat, le peuple chrétien fit surgir de son âme collective, une législation du travail et un code de production dont les règlements modernes ne possèdent pas l'efficacité. La foi jouait un rôle d'animation et de contrôle dans un temps où elle imposait à l'homme ses principes.


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Re: L'Église et la dignité du travail au Moyen-Âge

Message par Chevalier du Temple le Mer 24 Jan 2018 - 20:48

A l'édification de la cathédrale que de corporations de métiers ont travaillé !

Architectes, macons, charpentiers, sculpteurs, peintres, imagiers, orfèvres, verriers se sont surpassés pour offrir à Dieu une maison digne de Lui.

Quand il n'y avait plus d'argent dans la ville, il en fallait beaucoup pour construire une cathédrale, on sollicitait le diocèse voisin. Le clergé organisait des collectes, des processions de reliques ; ou bien l'évêque accordait force indulgences à ceux qui, par une contribution si minime fût elle, participeraient à la construction. Parfois une corporation entière, un grand seigneur, offrait un vitrail ou la décoration d'un portrait. On reconnaît ainsi à Chartres, dans les vitraux qu'elle avaient offerts, chacune des corporations de la ville avec son insigne : tonnelier clouant un tonneau, boucher assommant un boeuf, charron cerclant une roue, menuisier à son établi, charpentier sur un échafaudage, tailleur de pierre, sculpteur, maréchal-ferrant, boulanger, drapier, chacun occupé dans l'exercice de sa profession.
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Re: L'Église et la dignité du travail au Moyen-Âge

Message par Chevalier du Temple le Mar 30 Jan 2018 - 2:49

Au Moyen Âge, le travail devait à la fois faire progresser l'homme individuel et servir à la communauté entière. Dans cette conception de la vie, face à l'argent, l'Eglise maintient ses principes et met l'argent à sa place. Devant la tentation du gain énorme, l'Eglise n'a pas cessé de condamner les abus de l'argent et de se prosterner devant la richesse. Il n'était pas question que l'argent devienne maître avant Dieu. Le principe économique sur lequel la société reposait n'était pas le célèbre "Enrichissez-vous" mais celui de la béatitude "Bienheureux les pauvres en esprit".

Les notions de propriété, de travail et de gain, n'étaient pas définies comme elles le sont aujourd'hui d'un strict point de vue économique, mais en fonction des services rendus. La propriété foncière n'appartenait pas à un homme parce qu'il l'avait reçue ou achetée. Au Moyen Âge, si un seigneur criblé de dettes ne pouvait en aucun cas être dessaisi de son domaine, par contre il se le voyait confisqué s'il était indigne de sa charge ou félon à son serment ; le principe moral primait le principe économique.

Il en allait de même dans l'ordre du travail. De nos jours l'argent est la mesure du labeur ; les rapports d'homme à homme se ramènent essentiellement au principe du salaire. L'homme du Moyen Âge fondait les rapports et justifiait des services sur des notions entièrement différentes, de fidélité, de dévouement, de protection, de charité, dominées par la notion de bien commun. Les principes demeuraient moraux et non économiques.

Ce qu'a été le rôle de l'Eglise en ces domaines, on le voit dans la fameuse question du prêt à intérêt, ou, comme le disaient les théologiens, de l'usure. Le mot désignait tout intérêt perçu à l'occasion d'un prêt d'argent. L'Eglise, dès ses débuts, avait pris position contre l'usure. Il paraissait abominable qu'un frère prêtât de l'argent à un frère dans le besoin en en tirant bénéfice. On menaçait les usuriers de destitution voire d'excommunication. On allait même jusqu'à confondre dans une même réprobation les usuriers et les fornicateurs. On déclarait les usuriers << infâmes >>, on signifia même que c'était une hérésie. Les noms des usuriers étaient affichés aux portes des églises.

L'intention de l'Eglise était de protéger les pauvres qui se trouvaient contraints d'avoir recours au prêt. L'Eglise prêtait de l'argent aux malheureux mais sans intérêts, et même à fonds perdus car l'espoir de recevoir en échange était fort minime. En prohibant l'usure par motif religieux, l'Eglise a rendu le plus grand service à la société agricole du Haut Moyen Âge. Elle lui a épargné la paie des dettes alimentaires qui a tant éprouvé l'antiquité. Il existe un texte du Ve siècle qui dit que << Quiconque achète une chose pour la revendre en réalisant un bénéfice, ressemble au marchand qui a été chassé du Temple. >>

L'Eglise pensait que, pour un produit, il existait un juste prix, basé sur le travail qui avait été nécessaire. Elle condamnait la spéculation pure, l'argent gagné sans travail ni risques. L'Eglise a freiné, tant qu'elle a pu, le développement de la primauté de l'argent.
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Re: L'Église et la dignité du travail au Moyen-Âge

Message par Chevalier du Temple le Ven 9 Fév 2018 - 2:36

Au Moyen Âge, la vie générale offrait deux différences essentielles avec notre temps : celle de la foi et celle du travail. Celle d'une double joie que nous avons oerdue.

La joie du travail a été perdue par le développement de l'industrie qui a créé la production en série et la substitution de la machine à l'homme et par la diffusion du principe égalitaire contraire à la nature et propagateur d'envie. De nos jours, elle n'est plus réservée qu'à l'artiste, à l'inventeur, à l'ouvrier original, à certains métiers privilégiés, tandis qu'au moyen âge il n'y avait que l'artisanat et la culture pareillement favorisés parce qu'ils sèment et moissonnent. Le laboureur était en harmonie avec les saisons : il y avait chez lui du joueur, car il n'était sûr de sa récolte que lorsqu'elle était engrangée. Il n'était pas soumis à une réglementation, à des assurances, à des horaires, à des retraites qui ravalent l'existence humaine en la fonctionnarisant. L'artisan était maître de son ouvrage et, s'il avait réussi une paire de chaussures, étant cordonnier de son état, il avait le plaisir de voir son client passer devant sa boutique en frappant du talon le pavé avec les pieds à l'aise.

Quant ce travail, par surcroît, est au service de Dieu, de quel élan le travailleur n'est-il pas alors capable ? Il faut lire les récits des chroniqueurs du moyen âge qui décrivent la construction d'une cathédrale. Par exemple Aymon de Saint-Pierre-sur Dives écrit que << Des hommes et des femmes de haut rang courbant la nuque pour s'atteler, comme des animaux, à des chariots chargés de provisions : vin, huile et blé, nécessaires à la subsistance, chargés aussi de matériaux, pierre, chaux et bois nécssaires au chantier ; pendant ces lourds transports un silence, un ordre absolu ; aux haltes les confessions et les prières etc...>> tandis que la cathédrale montait vers le ciel, portée pour ainsi dire par les tailleurs de pierre, les maçons, les culpteurs appliqués à l'ascension sous la direction de l'architecte inconnu. Cet abandon à la puissance divine contenait tant d'espérance que l'être humain en était soulevé. Il connaissait une joie intérieure qui n'est plus ressentie aujourd'hui que par un petit nombre de croyants.
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