Question de doctrine - IX : A la découverte de Joseph de Maistre

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Question de doctrine - IX : A la découverte de Joseph de Maistre

Message par Chasseur le Lun 7 Oct - 14:34





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Extrait des Considérations sur la France (1796), comte Joseph de Maistre.

Message par Chasseur le Dim 27 Oct - 21:35



I. Des révolutions

Ce qu’il y a de plus admirable dans l’ordre universel des choses, c’est l’action des êtres libres sous la main divine. Librement esclaves, ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement: ils font réellement ce qu’ils veulent, mais sans pouvoir déranger les plans généraux.

Si l’on imagine une montre, dont tous les ressorts varieraient continuellement de force, de poids, de dimension, de forme et de position, et qui montrerait cependant l’heure invariablement, on se formera quelque idée de l’action des êtres libres relativement aux plans du créateur.

Enfin, plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la révolution, plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la révolution; c’est la révolution qui emploie les hommes. On dit fort bien, quand on dit qu’elle va toute seule. Cette phrase signifie que jamais la Divinité ne s’était montrée d’une manière si claire dans aucun événement humain. Si elle emploie les instruments les plus vils, c’est qu’elle punit pour régénérer.

II. Conjectures sur les voies de la providence dans la Révolution française

Le Roi n’a jamais eu d’allié; et c’est un fait assez évident, pour qu’il n’y ait aucune imprudence à l’énoncer, que la coalition en voulait à l’intégrité de la France. Or, comment résister à la coalition? Par quel moyen surnaturel briser l’effort de l’Europe conjurée? Le génie infernal de Robespierre pouvait seul opérer ce prodige. Le gouvernement révolutionnaire endurcissait l’âme des Français, en la trempant dans le sang; il exaspérait l’esprit des soldats, et doublait leurs forces par un désespoir féroce et un mépris de la vie, qui tenaient de la rage. L’horreur des échafauds, poussant le citoyen aux frontières, alimentait la force extérieure, à mesure qu’elle anéantissait jusqu’à la moindre résistance dans l’intérieur. Toutes les vies, toutes les richesses, tous les pouvoirs étaient dans les mains du pouvoir révolutionnaire; et ce monstre de puissance, ivre de sang et de succès, phénomène épouvantable qu’on n’avait jamais vu, et que sans doute on ne reverra jamais, était tout à la fois un châtiment épouvantable pour les Français, et le seul moyen de sauver la France.

Tous les monstres que la révolution a enfantés n’ont travaillé, suivant les apparences, que pour la royauté. Par eux l’éclat des victoires a forcé l’admiration de l’univers, et environné le nom français d’une gloire dont les crimes de la révolution n’ont pu le dépouiller entièrement; par eux le Roi remontera sur le trône avec tout son éclat et toute sa puissance, peut-être même avec un surcroît de puissance.

On ne saurait nier que le sacerdoce, en France, n’eût besoin d’être régénéré; et quoique je sois fort loin d’adopter les déclamations vulgaires sur le clergé, il ne me paraît pas moins incontestable que les richesses, le luxe et la pente générale des esprits vers le relâchement, avaient fait décliner ce grand corps…

Les biens du clergé étant dissipés, aucun motif méprisable ne peut de longtemps lui donner de nouveaux membres; en sorte que toutes les circonstances concourent à relever ce corps. Il y a lieu de croire, d’ailleurs, que la contemplation de l’oeuvre dont il paraît chargé, lui donnera ce degré d’exaltation qui élève l’homme au-dessus de lui-même, et le met en état de produire de grandes choses.

L’horrible effusion du sang humain, occasionnée par cette grande commotion, est un moyen terrible; cependant c’est un moyen autant qu’une punition, et il peut donner lieu à des réflexions intéressantes.

III. De la destruction violente de l’espèce humaine

L’histoire prouve malheureusement que la guerre est l’état habituel du genre humain dans un certain sens, c’est-à-dire que le sang humain doit couler sans interruption sur le globe, ici ou là; et que la paix, pour chaque nation, n’est qu’un répit.

Lorsque l’âme humaine a perdu son ressort par la mollesse, l’incrédulité et les vices gangréneux qui suivent l’excès de la civilisation, elle ne peut être retrempée que dans le sang. Ce qu’on voit assez clairement, c’est que le genre humain peut être considéré comme un arbre qu’une main invisible taille sans relâche, et qui gagne souvent à cette opération. À la vérité, si l’on touche le tronc, ou si l’on coupe en tête de saule, l’arbre peut périr: mais qui connaît les limites pour l’arbre humain? Ce que nous savons, c’est que l’extrême carnage s’allie souvent avec l’extrême population.

Or, en suivant toujours la même comparaison, on peut observer que le jardinier habile dirige moins la taille à la végétation absolue, qu’à la fructification de l’arbre: ce sont des fruits, et non du bois et des feuilles, qu’il demande à la plante. Or les véritables fruits de la nature humaine, les arts, les sciences, les grandes entreprises, les hautes conceptions, les vertus mâles, tiennent surtout à l’état de guerre. On sait que les nations ne parviennent jamais au plus haut point de grandeur dont elles sont susceptibles, qu’après de longues et sanglantes guerres. En un mot, on dirait que le sang est l’engrais de cette plante qu’on appelle génie.

Les spectateurs des grandes calamités humaines sont conduits surtout à ces tristes méditations; mais gardons-nous de perdre courage: il n’y a point de châtiment qui ne purifie; il n’y a point de désordre que l’AMOUR ÉTERNEL ne tourne contre le principe du mal. Il est doux, au milieu du renversement général, de pressentir les plans de la Divinité.

IV. La République française peut-elle durer ?

La commission chargée en dernier lieu de présenter un mode pour le renouvellement du tiers, porte le nombre des Français à trente millions. Accordons ce nombre, et supposons que la France garde ses conquêtes. Chaque année, aux termes de la constitution, deux cent cinquante personnes sortant du corps législatif seront remplacées par deux cent cinquante autres. Il s’ensuit que si les quinze millions de mâles que suppose cette population étaient immortels, habiles à la représentation et nommés par ordre, invariablement, chaque Français viendrait exercer à son tour la souveraineté nationale tous les soixante mille ans.

Mais comme on ne laisse pas que de mourir de temps en temps dans un tel intervalle; que d’ailleurs on peut répéter les élections sur les mêmes têtes, et qu’une foule d’individus, de par la nature et le bon sens, seront toujours inhabiles à la représentation nationale, l’imagination est effrayée du nombre prodigieux de souverains condamnés à mourir sans avoir régné.

*

Le mal n’a rien de commun avec l’existence; il ne peut créer, puisque sa force est purement négative: Le mal est le schisme de l’être; il n’est pas vrai.

Or, ce qui distingue la révolution française, et ce qui en fait un événement unique dans l’histoire, c’est qu’elle est mauvaise radicalement; aucun élément de bien n’y soulage l’oeil de l’observateur; c’est le plus haut degré de corruption connu; c’est la pure impureté.

*

Si l’on rapproche de ce tableau celui que nous offre la France, comment croire à la durée d’une liberté qui commence par la gangrène? Ou, pour parler plus exactement, comment croire que cette liberté puisse naître (car elle n’existe point encore), et que du sein de la corruption la plus dégoûtante, puisse sortir cette forme de gouvernement qui se passe de vertus moins que toutes les autres? Lorsqu’on entend ces prétendus républicains parler de liberté et de vertu, on croit voir une courtisane fanée, jouant les airs d’une vierge avec une pudeur de carmin.

Et maintenant encore, voyez comment le crime sert de base à tout; cet échafaudage républicain, ce mot de citoyen qu’ils ont substitué aux formes antiques de la politesse, ils le tiennent des plus vils des humains: ce fut dans une de leurs orgies législatrices que des brigands inventèrent ce nouveau titre.

Est-ce donc de cette fange sanglante que doit sortir un gouvernement durable? Qu’on ne nous objecte point les moeurs féroces et licencieuses des peuples barbares qui sont cependant devenus ce que nous voyons: l’ignorance barbare a présidé, sans doute, à nombre d’établissements politiques; mais la barbarie savante, l’atrocité systématique, la corruption calculée, et surtout l’irréligion, n’ont jamais rien produit. La verdeur mène à la maturité; la pourriture ne mène à rien.

V. De la révolution française considérée dans son caractère anti-religieux

Soyez donc bien attentifs, vous tous que l’histoire n’a point assez instruits. Vous disiez que le sceptre soutenait la tiare; eh bien! il n’y a plus de sceptre dans la grande arène, il est brisé, et les morceaux sont jetés dans la boue. Vous ne saviez pas jusqu’à quel point l’influence d’un sacerdoce riche et puissant pouvait soutenir les dogmes qu’il prêchait; je ne crois pas qu’il y ait une puissance de faire croire; mais passons. Il n’y a plus de prêtres; on les a chassés, égorgés, avilis; on les a dépouillés: et ceux qui ont échappé à la guillotine, aux bûchers, aux poignards, aux fusillades, aux noyades, à la déportation, reçoivent aujourd’hui l’aumône qu’ils donnaient jadis. Vous craigniez la force de la coutume, l’ascendant de l’autorité, les illusions de l’imagination: il n’y a plus rien de tout cela; il n’y a plus de coutume; il n’y a plus de maître: l’esprit de chaque homme est à lui. La philosophie ayant rongé le ciment qui unissait les hommes, il n’y a plus d’agrégations morales. L’autorité civile, favorisant de toutes ses forces le renversement du système ancien, donne aux ennemis du christianisme tout l’appui qu’elle lui accordait jadis: l’esprit humain prend toutes les formes imaginables pour combattre l’ancienne religion nationale. Ces efforts sont applaudis et payés, et les efforts contraires sont des crimes. Vous n’avez plus rien à craindre de l’enchantement des yeux, qui sont toujours les premiers trompés; un appareil pompeux, de vaines cérémonies, n’en imposent plus à des hommes devant lesquels on se joue de tout depuis sept ans. Les temples sont fermés, ou ne s’ouvrent qu’aux délibérations bruyantes et aux bacchanales d’un peuple effréné. Les autels sont renversés; ou a promené dans les rues des animaux immondes sous les vêtements des pontifes; les coupes sacrées ont servi à d’abominables orgies; et sur ces autels que la foi antique environne de chérubins éblouis, on a fait monter des prostituées nues. Le philosophisme n’a donc plus de plaintes à faire; toutes les chances humaines sont en sa faveur; on fait tout pour lui et tout contre sa rivale. S’il est vainqueur, il ne dira pas comme César: Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu; mais enfin il aura vaincu: il peut battre des mains et s’asseoir fièrement sur une croix renversée. Mais si le christianisme sort de cette épreuve terrible plus pur et plus vigoureux; si Hercule chrétien, fort de sa seule force, soulève le fils de la terre, et l’étouffe dans ses bras – patuit Deus. Français! faites place au Roi très chrétien, portez-le vous-même sur son trône antique; relevez son oriflamme, et que son or, voyageant encore d’un pôle à l’autre, porte de toutes parts la devise triomphale

LE CHRIST COMMANDE, IL REGNE, IL EST VAINQUEUR !

VI. De l’influence divine dans les constitutions politiques

La constitution de 1795, tout comme ses aînées, est faite pour l’homme. Or, il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc.; je sais même, grâces à Montesquieu, qu’on peut être Persan: mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie; s’il existe, c’est bien à mon insu.

Une constitution qui est faite pour toutes les nations, n’est faite pour aucune: c’est une pure abstraction, une oeuvre scolastique faite pour exercer l’esprit d’après une hypothèse idéale, et qu’il faut adresser à l’homme, dans les espaces imaginaires où il habite.

VII. Signes de nullité dans le gouvernement français

Le peuple ne voit dans un député que la sept cent cinquantième partie du pouvoir de faire beaucoup de mal. Le député respecté ne l’est point parce qu’il est député, mais parce qu’il est respectable.

C’est peut-être une illusion de ma part; mais ce salaire qu’un néologisme vaniteux appelle indemnité, me semble un préjugé contre la représentation française. L’Anglais, libre par la loi et indépendant par sa fortune, qui vient à Londres représenter la nation à ses frais, a quelque chose d’imposant. Mais ces législateurs français qui lèvent cinq ou six millions tournois sur la nation pour lui faire des lois; ces facteurs de décrets, qui exercent la souveraineté nationale, moyennant huit myriagrammes de froment par jour, et qui vivent de leur puissance législatrice; ces hommes-là, en vérité, font bien peu d’impression sur l’esprit; et lorsqu’on vient à se demander ce qu’ils valent, l’imagination ne peut s’empêcher de les évaluer en froment.

En Angleterre, ces deux lettres magiques M.P. (Member of Parlement), accolées au nom le moins connu, l’exaltent subitement et lui donnent des droits à une alliance distinguée. En France, un homme qui briguerait une place de député pour déterminer en sa faveur un mariage disproportionné, ferait probablement un assez mauvais calcul. C’est que tout représentant, tout instrument quelconque d’une souveraineté fausse, ne peut exciter que la curiosité ou la terreur.

X. Des prétendus dangers d’une contre-révolution

Français, c’est au bruit des chants infernaux, des blasphèmes de l’athéisme, des cris de mort et des longs gémissements de l’innocence égorgée; c’est à la lueur des incendies, sur les débris du trône et des autels, arrosés par le sang du meilleur des Rois et par celui d’une foule innombrable d’autres victimes; c’est au mépris des moeurs et de la foi publique, c’est au milieu de tous les forfaits, que vos séducteurs et vos tyrans ont fondé ce qu’ils appellent votre liberté.

Le règne de Robespierre a tellement écrasé ce peuple, a tellement frappé son imagination, qu’il tient pour supportable et presque pour heureux tout état de choses où l’on n’égorge pas sans interruption.

Ne voyez-vous pas que vos institutions républicaines n’ont point de racines, et qu’elles ne sont que posées sur votre sol, au lieu que les précédentes y étaient plantées. Il a fallu la hache pour renverser celles-ci; les autres céderont à un souffle et ne laisseront point de traces.

*

Le retour à l’ordre ne peut être douloureux, parce qu’il sera naturel, et parce qu’il sera favorisé par une force secrète, dont l’action est toute créatrice. On verra précisément le contraire de tout ce qu’on a vu. Au lieu de ces commotions violentes, de ces déchirements douloureux, de ces oscillations perpétuelles et désespérantes, une certaine stabilité, un repos indéfinissable, un bien-aise universel, annonceront la la présence de la souveraineté. Il n’y aura point de secousses, point de violences, point de supplices même, excepté ceux que la véritable nation approuvera: le crime même et les usurpations seront traités avec une sévérité mesurée, avec une justice calme qui n’appartient qu’au pouvoir légitime: le Roi touchera les plaies de l’État d’une main timide et paternelle. Enfin, c’est ici la grande vérité dont les Français ne sauraient trop se pénétrer: le rétablissement de la monarchie, qu’on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution.

Extrait des Considérations sur la France (1796),
du comte Joseph de Maistre.


Dernière édition par Vincent le Mer 8 Jan - 21:57, édité 1 fois
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Dossier sur Joseph de Maistre

Message par Chasseur le Mer 27 Nov - 21:33

http://agora.qc.ca/dossiers/Joseph_de_Maistre
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Une excellente page sur Joseph de Maistre

Message par Chasseur le Lun 17 Fév - 23:13

http://www.christ-roi.net/index.php/Joseph_de_Maistre
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Joseph de Maistre contre le protestantisme

Message par Chasseur le Mar 23 Juin - 21:50

Joseph de Maistre contre le protestantisme



Dans Sur le protestantisme, Joseph de Maistre critique très violemment l’esprit de la Réforme, responsable selon lui de l’affaissement de la monarchie et, par conséquent, de l’avènement de la Révolution française. Pour l’auteur contre-révolutionnaire, la religion protestante, animée par un esprit de révolte, est un danger terrible pour l’autorité ainsi que pour la foi.



Dans une lettre du 16 janvier 1815 adressée au comte de Bray, Joseph de Maistre qualifie le protestantisme de « rienisme ». À ses yeux, cette nouvelle religion n’en est pas une. C’est un principe destructeur qui – de la Réforme jusqu’à la Révolution française – va mettre à bas les piliers de la monarchie, à savoir la foi et l’autorité. En effet, le protestantisme apparaît comme un pur produit de la modernité puisqu’il privilégie, à travers la pratique du libre examen, « la raison individuelle contre la raison générale ». L’enseignement de la foi ne passe donc plus par l’autorité religieuse – le prêtre, seul légitime pour transmettre le message du Christ – mais par un accès direct aux textes. Dès lors, chacun a le droit d’interpréter la Bible comme il l’entend. Or, pour le Savoyard, ce qui fait la force du catholicisme c’est « l’infaillibilité de l’enseignement d’où résulte le respect aveugle pour l’autorité, l’abnégation de tout raisonnement individuel, et par conséquent l’universalité de croyance ».
Pour Maistre, la vraie foi implique l’obéissance. Le protestantisme – et c’est le sens même du mot – proteste contre toutes les formes d’autorités mais aussi, selon le mot de Pierre Bayle, « contre toutes les vérités ». Pour l’auteur des Considérations sur la France, le protestantisme sabote les conditions de possibilité de la foi en faisant dépendre celle-ci de la seule libre conscience. Le protestant, parce qu’il se permet d’ « examiner » par lui-même les textes sacrés devient l’« ennemi essentiel de toute croyance ». La pratique du libre examen met également les protestants dans une disposition psychologique problématique. « Elle déchaîne l’orgueil contre l’autorité, et met la discussion à la place de l’obéissance », écrit Maistre.
Mais le protestantisme ne pose pas seulement problème du point de vue de la religion. Les principes qui le fondent excèdent très largement le domaine de la foi et ont des conséquences sur la vie politique. Car, « il est né rebelle, et l’insurrection est son état habituel », souligne Maistre. Le protestantisme est donc « une hérésie civile autant qu’une hérésie religieuse ». Pour le Savoyard, on ne peut séparer le catholicisme de la souveraineté. L’autorité du roi procède de l’autorité divine. Le roi est le représentant de Dieu sur terre. C’est de là qu’il tient la légitimité de son gouvernement. Interroger la foi, c’est donc inévitablement interroger la souveraineté du monarque. Pour Maistre, la Réforme contient en elle-même les causes de la Révolution française. C’est donc la preuve évidente que des bouleversements religieux peuvent entraîner des bouleversements politiques. L’esprit du protestantisme est un esprit de révolte. Il « naquit les armes à la main », écrit Maistre.

Lire la suite : http://philitt.fr/2015/06/09/joseph-de-maistre-contre-le-protestantisme/
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