LE DON

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LE DON

Message par Héloise le Sam 30 Déc 2017 - 11:10

Dieu et la démocratie n'ont qu'une chose en commun : c'est de ne pas exister ; pour des raisons très différentes, cela va sans dire. A l'écoute des vieux scolastiques, Dieu -parce qu'il est- ne peux naître de rien, ni de personne et ne saurait souffrir le préfixe "ex".
Pour la démocratie, c'est la seconde partie du verbe qui DEFAILLE "exe" bien, mais d'une idée, d'un nombre ou d'une essence et NON D'UN ETRE.
L'âge d'or mythologique était peut-être, pour l'homme, la claire conscience d'être existant de Dieu. Après la coupure originelle, Oedipe esclave, a dû affronter le Sphynx qu'il était pour lui-même ; misérable Sisyphe, remonter inlassablement le rocher de son être sur la pente de la connaissance, retrouver à tâtons les lois et les voies de l'essence et de l'existence.
Dans les mêmes temps que cette ontologie balbutiante, s'organisaient les sociétés, s'ébauchaient les premiers Etats à la recherche de l'ordre et avec le seul fil conducteur de la paternité naturelle. Tout y était dépendance, acceptation, existence. L'homme avait reçu l'autorité paternelle dans la famille et sa dérive monarchique dans l'Etat.
Plus tard, Oedipe crut avoir répondu au sphynx et Sisyphe avoir atteint le sommet de la montagne. L'homme a secrété des essences et il s'est épris de tout ce qu'il A CRU LUI APPARTENIR EN PROPRE ; il a méprisé ce qu'il avait reçu et, pour mieux courrir VERS SON OMEGA, IL A PERDU SON ALPHA. Las de tous les dons, il a fabriqué des Etats avec ses idées, ses désirs et ses rêves : ainsi sont nées les constitutions, les systèmes, les contrats, les Etats rationalisés et les UTOPIES POLITIQUES. Car l'imagination des HOMMES POLITIQUES et des JURISTES est sans limite et sans frein lorsqu'elle abandonne les impératifs reçus de la nature des choses.
ET DEPUIS DEUX SIECLES, TOUTES LES CONSTITUTIONS SONT DES JEUX D'ESSENCE, PLUS OU MOINS EN RUPTURE DE CREATION.
Il paraît URGENT d'expliquer qu'à la suite du raisonnement sur "LE DON" la MONARCHIE apparaît, AUX YEUX DE NOS CONTEMPORAINS, manieurs d'idées et de quintessence, périmée, dépassée, anachronique ; elle n'est pas, cependant, une théorie ou un système, elle est au contraire une donnée comme la course du soleil, l'éclosion des fleurs ou la paternité.
Mais devant la liberté qui nous fait hommes, elle n'a pas la fatalité de la nature : ON PEUT LA REMETTRE EN QUESTION et l'ABOLIR. Le fatum ne consiste pas en ce qu'une donnée soit inévitable ou indestructible, MAIS DANS LE FAIT QU'EN LA MEPRISANT, on tombe FATALEMENT DANS L'ERREUR OU LE MALHEUR.
S'il est permis de parler de l'ETRE D'UNE NATION, chaque fois que l'idéologie donne aux essences une place exclusive CETTE NATION SE TROUVE BLESSEE DANS SON ETRE ; ELLE INCLINE VERS LE MAL.
Certes, il est demandé aux hommes d'expliciter les données de la création, d'en perfectionner les acquis, d'y établir un ordre, d'en multiplier les ressources par le travail de l'intelligence, de la raison et de la science : L'HOMME EST APPELE AU PROGRES.
Mais il est NECESSAIRE qu'une société, qu'un ETAT contienne, SOUS PEINE DE MORT IDEOLOGIQUE, UNE PART D'EXISTENCE, admette le DON RECU et se RECONNAISSE HERITIER ET GARDIEN DE CET HERITAGE, sous la forme de TRADITIONS dont il ne peut disposer à sa guise, car elles ne lui appartiennent pas.
Précisément, parce qu'elle est une donnée, l'existence est naturellement porteuse de TRADITIONS, alors que la ronde des essences peut leur refuser son obédience.
Et à moins que l'on trouve une autre figuration politique de l'existence :

LE ROI APPARAIT AU SEIN DE L'ETAT COMME L'INDISPENSABLE EXISTANT, au milieu des idées, des opinions, des théories, des hypothèses et des rêveries politiques.

SANS ABOLIR l'art politique mais au contraire en le permettant, IL EST LA DONNEE "sine qua non" du "primum vivere" (deinde politicare), LE SANG DE L'ETAT RECU DES AVANT SA NAISSANCE, le vieux germen bourgeonnant en soma, la terre qui, chaque printemps, permet les arbres et les fleurs.

LE ROI EST INSEPARABLE DE LA PATRIE, car il est le fruit de la terre reçue des PERES, COMME UN DON.
Parce qu'elle est porteuse d'EXISTENCE, LA MONARCHIE HEREDITAIRE s'enfonce dans la vie des nations comme un axe qui les soutient.
Elle "exe" du droit divin pour certains, du droit historique pour tous.
Elle SEULE permet au feuillage de recueillir les souffles des saisons, de s entir les changements du temps et les COURANTS DE L'HISTOIRE et même de chanter au vent des essences.
Mais si l'on COUPE LE TRONC, les essences "COMME LES VERTUS CHRETIENNES" deviennent folles avant de mourir !

(comme on a l'impression, que dis-je ! la certitude d'être en pleine expression de cette folie !!! ALORS NE MOURONS PAS ! REAGISSONS !) VIVE LE ROI ! V I T E.... LE ROI !
Le premier don dans le temps est celui de la vie.
L'enfance est l'âge où le petit homme est le plus "existant" : il dépend de tous, il reçoit tout, il accepte tout, dans la plus parfaite soumission à son destin : nourriture, soins, langage et même amour, tout lui est donné par grâce.
Plus tard, l'adolescent -et ensuite l'adulte- évoluera vers la suffisance : il aura l'impression ou l'illusion de subsister par lui-même, de devenir autonome, d'avoir des idées propres, des projets personnels, de construire sa vie, de procéder par concepts et par essences et de réaliser ses rêves.
Et tout cela est excellent, car c'est son rôle d'homme, même si parfois il oublie un peu SES ORIGINES.
Et si l'âge poursuit sa courbe, la vieillesse, si elle se garde de l'ambition, si elle peut trouver LA SAGESSE avec la conscience de la vanité de beaucoup de choses, doit permettre de retrouver une plus claire notion du temps qui fuit, emportant l'artifice des essences, et de mieux mesurer la VALEUR DE L'EXISTENCE. "Si vous ne redevenez semblables à ces enfants....".
Parmi les dons octroyés à notre civilisation, l'un des plus précieux est celui de la NOTION DE PUISSANCE ET D'ACTE transmis par Aristote.
Or, la plupart des dons ne le sont qu'en puissance ; il revient à l'homme, devant la nature, de les développer, de les épanouir, de les actualiser. La formulation la plus élégante nous est laissée par Nietzsche après Pindare : "DEVIENS CE QUE TU ES".
DEVIENS CE QUE TU ES"
Il va de soi que le "deviens" résume le travail de chacun pour actualiser l'être reçu, c'est l'effort sur le don de l'existence, et c'est toute la NOBLESSE DE L'HOMME ; encore faut-il que l'orgueil ne se targue pas de n'avoir RIEN RECU et d'avoir tout fait par lui-même ; car le "DEVIENS" peut réclamer l'exclusivité aux dépens du "TU ES". Et c'est une très vieille histoire puisque tous les dons faits à l'homme étaient en puissance au jardin d'Eden, mais aussi l'orgueil de l'autonomie morale du premier homme.
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