LE TRONE ET L'AUTEL

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LE TRONE ET L'AUTEL

Message par Héloise le Jeu 28 Déc 2017 - 17:23


Si l'on veut retrouver les précaires paradis perdus au fil de l'histoire, il faut rétablir les équilibres de l'être humain aux deux versants.
IL FAUT REVENIR A LA PHILOSOPHIE TRADITIONNELLE pour abolir le manichéisme moderne qui sépare pour mieux ASSUJETTIR l'individu au Léviathan, le spirituel au matérialisme, la sagesse au rationalisme et les autels aux Etats idéologiques.
LE REEL étant le critère de la sagesse, on commencera par démêler tout ce qu'il y a d'irréel dans le rationalisme et tout ce qu'il y a de réel dans l'imaginaire, dans la poésie et dans le sacré.
De 1893 à 1926 tout à changé ! l'ascension de la science politique vers les valeurs spirituelles aiguillait le mouvement vers la recherche d'un "humanisme intégral" ; celui-ci tendait à rendre une dimension spirituelle à l'homme social et l'homme reconstitué se devait de revendiquer un pouvoir politique qui ne soit plus seulement immanent et laïc ; c'était réunir à nouveau les deux pentes de l'homme sous l'égide des DEUX POUVOIRS RECONCILIES.
Ainsi s'ébauchait la très NOBLE AMBITION DE REFAIRE UNE CHRETIENTE.
Pendant ces mêmes années, soit par prudence ecclésiastique, soit par réalisme pessimiste, soit par la pression des éléments modernistes, la position de l'Eglise n'avait pas changé : le catholique restait libre de ses options politiques quelles qu'elles soient, même lorsque, progressistes, elles frôlaient le marxisme et le citoyen restait libre de ses options religieuses quelles qu'elles soient, même lorsque, laïques, elles frôlaient l'athéisme pratique.
Le conflit était inévitable et l'on sait le choix qui l'a emporté, au Vatican, en 1926. L'homme est resté divisé contre lui-même, avec la dichotomie de ses aspirations.
Pour prévenir tout reproche d'utopie, il n'en faut pas moins saluer, avec quelque nostalgie, LA GLOIRE DES ROIS CAPETIENS qui ont réalisé, dans leur personne et DANS LEUR POLITIQUE REALISTE, l'union des deux pentes de la vérité : le VERSANT SCIENTIFIQUE, EMPIRIQUE, que Maurras a si bien mis en évidence et le VERSANT SACRE qu'attestent l'histoire et les traditions.
La raison distingue et la synthèse métaphysique réunit en même temps les deux versants de l'être et les deux pouvoirs qui régissent la société, en une seule harmonie : la ligne de crête est aigüe, mais c'est le même sommet d'une seule et toujours BENEFIQUE VERITE.
C'est de ce même sommet qu'il est alors facile de comprendre ces dernières années, les rapports du TRONE démocratique et de l'AUTEL, tourné vers le peuple et attiré, subjugué par le Démos universel, fut-il populaire. Le fait marquant est le Concile de VATICAN II. De propos délibéré et prémédité, ce Concile s'est voulu apostolique. Le but était noble et pouvait enflammer les imaginations. Le but de l'apostolat s'élève au plus haut des cieux ; il est essentiellement religieux. Mais les moyens restent humains ; et plus on en espère de renouveau, plus il faudra mobiliser la persuasion et même le spectacle.
ENTRE LES DEUX POUVOIRS : LE TRONE ET L'AUTEL
Sur le plan structurel, la différence est très étroite entre l'APOSTOLAT et LA PUBLICITE, avec ses procédés, ses techniques, son insistance, voire ses pressions et même ses exagérations et quelques mensonges.
Le Vatican peut inspirer et conseiller de haut, mais il dispose, avec son clergé, d'un réseau de publicité tel qu'aucune multinationale ne pouvait en rêver. Tous les clercs furent mobilisés comme agents de publicité et ne trouve-t-on pas toujours des agents pour déborder le projet initial ?
Car cette nébuleuse est diverse : le dénominateur commun est un syllogisme simpliste : l'APOSTOLAT DOIT ETRE UN PROGRES ; et de même que le libéralisme se propage derrière l'idée de liberté, de même le progressisme avance à l'ombre de la notion de progrès ; DONC, l'APOSTOLAT DOIT ETRE PROGRESSISTE.
La constellation cléricale compte beaucoup d'astres et dont la seule loi de gravitation est l'autorité romaine ; si celle-ci se relache un peu pour ouvrir aux étoiles les espaces infinis, cet univers entre en expansion, parfois en explosions. C'est ainsi qu'au service du Concile, nous avons assisté à toute une gradation, et une dégradation, d'attitudes mi-sincères, mi-publicitaires.
Très peu ont affiché des opinions ouvertements marxistes. Beaucoup, souvent inconscients, ont choisi l'alibi de la générosité pour se couvrir de vêtements et de mots ambigus, car LA PUBLICITE EST TOUJOURS DEMAGOGIQUE. Et nous avons tout connu dans cette direction, depuis l'abandon du latin jusqu'au bouleversement de la liturgie et des moeurs.
Nous avons connu tout un monde divers, depuis le petit vicaire qui entonne "Hip, Hip, Hourra !" au lieu de l'Alleluia, jusqu'à l'évêque qui abandonne son siège épiscopal pour se trouver assis entre deux chaises.
Tous d'ailleurs se défendent d'être marxistes ; mais ils souffrent tous de la forme aïguë de cette maladie métaphysique déjà signalée et sur laquelle il paraît inutile d'insister : c'est l'homme divisé né du nominalisme d'Occam : d'un côté la foi et l'amour et de l'autre la liberté de tout faire et de tout bouleverser pour reconstruire une religion attrayante et nouvelle.
De généreuses tendances oecuméniques se trouvaient étrangement confortées en écoutant l'écho de vieilles formules, un peu manipulées : "Arm et fac quod vis" ; "Pecca fortiter, crede fortius".
Par contre, l'attitude vis-à-vis des traditionnalistes n'était pas sans rappeler la réaction totalitaire de Hobbes.
Mais devant ce grand spectacle, beaucoup de fidèles n'ont plus compris, et QUAND ON COMMENCE A NE PLUS COMPRENDRE, ON S'ELOIGNE SUR LA POINTE DES PIEDS.
LA DERNIERE PERIPETIE EST SCOLAIRE et trop actuelle pour qu'on y insiste, mais déjà grosse de MALENTENDUS.
On peut défendre avec acharnement LA LIBERTE DE L'ENSEIGNEMENT et n'être pas toujours d'accord avec certains défenseurs de l'école catholique qui demandent aux évêques de monter en première ligne ; ON NE PEUT A LA FOIS PROCLAMER QUE LE PROBLEME SCOLAIRE EST D'ABORD POLITIQUE -ce qui est vrai- ET DEMANDER EN MEME TEMPS LE PATRONAGE DES EVEQUES qui ne veulent pas ou ne peuvent pas en faire.
LES EVEQUES ne doivent être en tête, NI DANS LES MANIFESTATIONS, NI DANS LES DECLARATIONS, NI DANS LES NEGOCIATIONS;
L'appel aux évêques cache très mal LA DEMISSION DES PARENTS.
BREF, sauf marchandages de coulisses, un Etat laïc, séparé de l'Eglise, ne devrait pas connaître officiellement les évêques en tant que chefs religieux, mais simplement en tant que MANDATES PAR LES PARENTS.
CONCLUSION : par contre, UN ROI CAPETIEN, HERITIER DE TOUTES LES TRADITIONS NATIONALES ET CHRETIENNES, POURRAIT LES ENTENDRE ET S'ENTENDRE AVEC EUX.
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