Rapport choc : Pourquoi faut-il cesser de recevoir des migrants ?

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Rapport choc : Pourquoi faut-il cesser de recevoir des migrants ?

Message par Chasseur le Mar 8 Sep - 18:43

Rapport choc : Pourquoi faut-il cesser de recevoir des migrants ?

Conclusion

Il y a peu de place pour le doute quant à l’immense inquiétude que suscite le nœud entre crime et terrorisme dans le Sahara. Il y a de plus en plus de preuve que des groupes armés, y compris des groupes extremistes ceux recourant à la violence, tirent pleinement profit des activités économiques criminelles avec une grande impunité. Avec le statu quo actuel, le scenario le plus probable est que les forces d’AQMI et d’Al Mourabitoun restent à leur niveau pendant que celles de Daesh augmentent, ce qui signifie que les attaques dans le Sahel vont se poursuivre contre des cibles de fortes valeurs, y compris des attaques suicides et visant des cibles occidentales (ambassades, hotels, night clubs) ainsi que des symboles de puissance des Etats. Plus longtemps un groupe criminel reste inattaqué par les forces légitimes, plus  ses réseaux sont établis, plus grande est son influence lors de discussions dans un process politique, sous réserve qu’ils en fassent le choix.

D’un point de vue politique, les réponses apportées aux conflits, à l’instabilité et au terrorisme doivent être réinterprétées sur ces bases. Les décisions par défaut qui consistent à renforcer les frontières risquent de n’avoir que peu d’impact compte tenu des grands territoires et de l’utilisation des voies maritimes ainsi que de la dispersion des groupes sur les différents territoires. En outre, l’enchevêtrement d’intérêts politiques, terroristes et criminels porte de grandes implications sur les stratégies de retour à la paix. En effet, il est d’autant plus difficile d’intégrer les groupes criminels dans un processus de paix qu’ils bénéficient des divers trafics et rackets qui disparaitraient en temps de paix. Ils manquent donc de motivations à rejoindre un Etat structuré sauf à légaliser des économies criminelles sous couvert d’un processus démocratique et diplomatique, mais fournissant peu de retour réel de stabilité et de développement pour les populations.

De toutes ces activités criminelles, la plus urgente à traiter est celle du trafic de migrants à travers la Méditerranée car l’augmentation des flux finance en retour les groupes radicaux impliqués dans les trafics au Sinaï et en Egypte, liés à la Lybie, la Syrie, l’Irak, y compris Daesh. Une plus grande implication des réseaux de crimes organisés dans les trafics est possible sur les voies venant et allant vers la Jordanie, ainsi que sur celles qui transitent vers la Lybie ou l’Egypte. L’augmentation du nombre de réfugiés syriens, en particulier résultant d’attaques de Daesh près de Damas (comme nous avons observé autour des camps de réfugiés)  est susceptible d’alimenter les trafics de migrants et la traite d’êtres humains. Cela augmente nettement a capacité des groupes armés à se retrancher plus profondément en Libye et à capter des sources de revenus en dehors de l’Irak et la Syrie.

S’attaquer aux flux migratoires est un véritable enjeu et les interventions au large des côtes libyennes ont peu de chance de faire réduire les flux de migrants compte tenu de l’étendue de la zone de repêchage. Au contraire, elles peuvent augmenter les départs, étant donné le peu d’attention que les trafiquants portent au sort des migrants qu’ils mettent sur les bateaux une fois les plages libyennes quittées. Ainsi toute intervention pour secourir les bateaux de réfugiés doit s’accompagner d’une analyse ciblée  sur comment réduire les bénéfices de trafics et comment faire en sorte que les sauvetages ne fassent qu’alimenter le modèle économique de Daesh, ce qui va bien au-delà de l’ère libyenne.


Recommandations

Il est vital de réduire la motivation des migrants et des réfugiés à passer en Lybie par les maillons du crime organisé. Non seulement pour réduire les risques physiques des migrants eux-mêmes mais aussi pour porter atteinte à la plus grande opportunité financière de Daesh  en Afrique du Nord. La meilleure façon de faire est :

Améliorer les aides d’urgence aux réfugiés au Liban, en Syrie et en Jordanie en augmentant significativement l’aide portée et la protection aux camps de réfugiés,
Faire des campagnes de promotion auprès des refugiés pour les informer des risques d’abus, d’esclavage et même de mort inhérents  au recours de réseaux de passeurs,
Cibler plus efficacement les réseaux de passeurs et les points de passage (ndt : points d’étranglement dans le texte), comme les côtés libanaises, le Sinaï, l’Egypte et le Soudan, détourner et faciliter les flux migratoires par des voies terrestres. Le Sinaï devrait être l’objet d’une attention particulière, ainsi que les flux en provenance du Yemen vers cette voie,
Améliorer significativement les renseignements et les analyses sur les routes, les points de passage et les organisations structurées de trafic migratoire, au plus près des pays d’origine,
Sur le long terme, réduire l’exode des réfugiés fuyant les zones de conflit est la seule solution. Cependant, les mesures ci-dessus sont des actions de court terme qui peuvent être prises et empêcher l’afflux de ressources financières vers les groupes radicaux, mais aussi empêcher la déstabilisation complète du Liban ou de la Jordanie et par voie de conséquence le financement de groupes armés dans le Sinaï en Egypte et en Lybie.

Lire le rapport : http://www.mouvementpourlaremigration.fr/blog/2015/08/31/rapport-choc-pourquoi-faut-il-cesser-de-recevoir-des-migrants/
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